Manganèse vous permettra cette année encore de rencontrer des artistes professionnels en sculpture, gravure, photo, peinture et installation. Avec un hommage particulier à François Clouard, qui a travaillé tout au long de sa trop courte vie sur le thème du voyage en Inde où il séjourna régulièrement pour s’inspirer et se nourrir des mythologies et des réalités de cette civilisation…

L’œuvre polymorphe de François Clouard ne s’est interdit aucun médium créatif : photographie, peinture, dessins, sculpture, installation, land art mais aussi carnets de voyage. Nous lui rendons ici un premier hommage en vous montrant une de ces installations emblématiques : « Les sources du Gange ».
Photographie

Xavier Blondeau
Dans la série « Présence obscure » Xavier Blondeau recherche à mettre en lumière la relation tissée entre l’individu et son urbanité. Émergeant de la noirceur, des lumières apaisantes architectent la cité. Cet ultime rempart pour lutter contre la rémanence semble conçu pour que nous ressentions l’évanescence comme une poétique du moment choisi.

Christine-Marie Nobre
Découvrir l’intériorité des choses et des êtres. Voici la quête de Christine Nobre. Une quête qui nous plonge dans une étrange plasticité du vivant. Cet artiste joue sur ce voyage intérieur, que ce soit avec ses vidéos ou ses tirages numériques. Si elle est en quête d’une esthétique du microcosme, c’est pour mieux nous interroger sur notre propre place au sein de son univers.

Jean Villain Grand prix Manganèse
L’idée de cette série plutôt humoristique vient de la vision d’une collection de 250 gravures, dessinées en 1860. C’est aussi à partir de ces photos que Jean Villain a prises dans la rue depuis
15 ans qu’il crée ces nouvelles histoires en y juxtaposant des personnages de théâtre. Il s’applique avec une grande rigueur à la composition de ces sujets et à la qualité du montage car au-delà de l’humour de la situation, il reste l’exigence de produire une œuvre photographique.

Dominique Louis Heraud
Réfractaire à s’inscrire dans un monde formaté, Dominique Louis Héraud cherche par des souffles et des rythmes rebelles à exprimer puis vaincre les peurs foisonnantes, les conflits premiers qui nous assaillent. Il nous invite, dans ces Bacchanales gravées, à retrouver le chemin vers les merveilles que la nature nous offre encore.

Gravure
Nicole Valentin

Nous avons pu admirer les oeuvres sculptées de Nicole Valentin lors d’une précédente édition de Manganèse. Pour ce 14ème salon cette artiste nous présente une série de gravures qui conjuguent avec bonheur les techniques de l’aquatinte de l’eau forte et de la pointe sèche. Nous découvrons un univers à la fois vibratoire et sériel où Nicole Valentin fouille l’espace, recherchant avec application à nous faire découvrir la faille lumineuse ou rocheuse qui fera naître en nous, en contrepoint, l’amour immodéré des noirs profonds.

Plasticiens

Guillaume Bourquin
Le travail de Guillaume Bourquin ne se résume pas à un flot tumultueux rythmé de textes tirés du patrimoine de l’humanité. Dans ses toiles s’engage un travail beaucoup plus profond et nécessaire. Dans le même état d’esprit qui habitait des calligraphes comme Ibn Moqla, en esthétisant le texte celui-ci redevient objet, les mots, les phrases, les chapitres, les alinéas, les points de suspension prennent alors un sens nouveau dans l’espace.

Jean-François Chenais

Le propos esthétique de Jean-François Chenais s’affirme un peu plus chaque année ; sa peinture aussi. Dès le premier regard, nous sommes emportés par la complexité des strates, mêlant une humanité comme émiettée à l’aspect minéral et tellurique des fonds proposées. Dans cet esprit de fusion, les gris et les noirs nous confondent, allant jusqu’au recouvrement ; dans un geste premier.

Dappoigny
Dans une écriture plastique rabelaisienne, Dappoigny nous délivre un travail très personnel. Cette peinture s’appuie en effet sur des mythes qui hantent le monde l’art et de l’écriture depuis plusieurs siècles : Rabelais bien sûr, Jean-Jacques Rousseau et Goethe avec une série de 4 toiles sur le maître. Mais avant tout, ici, nous avons à faire face en tant que regardant à de la peinture et dans sa plus noble facture !

Arthur Denonain
Le travail de ce jeune artiste se joue entre composition et décomposition. Il est basé sur une base de portraits réalisés à la pierre noire. Leur déstructuration à l’aide de l’informatique nous interroge sur ce qu’il reste dans nos mémoires du flux visuel et audiovisuel qui nous inonde. Elle nous plonge dans un nouveau type d’écriture où se mêle le classicisme du dessin et l’extrême modernité du médium créatif.

Herve Duval
De la nuit épaisse et texturée s’extraient peu à peu pour animer la toile en surface, les silhouettes immanentes et silencieuses d’Hervé Duval. Mais c’est aussi une immersion picturale puissante pour le spectateur, dans un univers vibratoire, osant les mictions huilés impossibles, les enchevêtrements colorés les plus vifs mais aussi les plus harmonieux.

Christophe Faso

Œuvre de chair et de sang, œuvre graphique de la blessure ou les couleurs des fonds préparent l’enchâssement des êtres, le travail expressionniste de Christophe Faso se développe autour de la problématique émergente de la déchirure de la condition humaine. Son écriture différente est à la fois volontairement dérangeante et différente. Elle offre au spectateur une figuration critique sur des thématiques simples à la fois sensibles et virulentes.

Elisabeth Gore
Cette artiste travaille de manière sérielle et c’est dans l’épuisement de chaque thème que sa quête prend vie. Nous avons pu remarquer à quel point la maturation, elle aussi, lui avait fait effectuer un passage d’un état à un autre. Dans une économie de tons très maîtrisée, elle nous propose une variation plastique autour de ses « mutations ».

Dominique Lardeux
Dans ses combinaisons, Dominique Lardeux rend hommage à Georges Pérec et à l’Ouvroir de Littérature Potentielle. Ces combinaisons sont régies par des contraintes de variation de la couleur d’une œuvre à l’autre, d’ordonnancement selon des tonalités réglées, et selon cinq lignes. Dès lors les lignes se croisent et s’entrecroisent donnant une véritable alchimie vibratoire des couleurs et une réelle dynamique de circulation.

Anne Lopez
Avec Anne Lopez, nous entrons dans la quête impossible du contrôle du temps. Un temps hybride, énergique et sensuel, un temps noble ou ignoble qui se joue du corps onirique de nos rêves. Elle se joue aussi des techniques et des supports dans des stratégies de détournement réveillant en nous le champ de l’émotionnel latent. Il s’agit là d’un processus créatif qui se joue de l’ambigu et des tensions qu’il suscite.

Jean-Michel Miralles
Dans « les éprouvés » l’artiste nous laisse découvrir dans une lumière caravagesque l’âme même de la condition humaine. Dans une écriture où l’empâtement et les rehauts de lumière cernent des personnages figés aux visages absents, nous avons la possibilité, tel un miroir, d’y projeter notre propre visage. Depuis les champs superbes de l’abstraction de ses débuts à ces dernières œuvres empreintes de nouvelle figuration, nous pouvons parler d’une véritable trajectoire.
RolandTruc
Rolandtruc aiguise notre esprit critique en regardant des situations vécues au quotidien. Il représente des actions en juxtaposant des images, en jouant sur des discontinuités spatiales ou temporelles et souhaite ainsi, en mobilisant notre raison, nous engager dans l’action. La peinture pour changer le monde ? N’est-ce pas une trop grande utopie ?

Martine Salzmann
De « Terre, vues du sol » Martine Salzmann revisite la peinture par une mise en abîme du spectateur. Une peinture comme une longue marche philosophique entamée en forêt où le penseur grâce à la peinture élaborée de cette artiste succomberait au ravissement du chaos à la recherche des indices pourvoyeurs d’harmonies subtiles et sensibles.

Thierry Auregan
Avec Thierry Auregan, on touche à la vacuité de l’espace. A la recherche du signe ces œuvres sont à découvrir comme une intercession entre l’inertie de la matière et l’incandescence élégante et spirituelle de la lumière. Elle se joue de l’ombre nous embarquant vers ce point d’articulation entre stratification de la mémoire et spiritualité de la transparence.

Michel Delhaye
La création de Michel Delhaye émerge de ces frondaisons improbables, de ce tumulte ludique et acidulé, de l’enchevêtrement de ce nouveau monde fait de superpositions et de transparences. Les formes se découpent, s’épousent et se séparent, s’entrechoquent dans une frénésie dispersive et généreuses.

Pascal Catry

Souvent le travail d’un artiste réside entre développer une démarche de construction-déconstruction de son travail et l’économie des moyens qu’il emploie pour le créer. Avec Pascal Catry, la démarche s’inverse. Son regard esthétise ses choix dans la matière première même, offrant au zinc une poétique de l’usure du temps. Ses choix en prennent une force décuplée et les sujets naissent magnifiés dans des harmonies grises, rouge anglais, ocre jaune et noire.

Sculpteurs

Thierry Dehais
Que ce soit avec l’acier ou avec le bronze Thierry Dehais étire ses formes, froisse le métal, l’entame avec bonheur par des déchirures savantes. Dans une élégance retenue l’artiste propose à notre regard dans ses formes élancées des pliages, des éclatements, des compressions qui font rejaillir la puissance énergétique de la forme.

Michel Guillaume Kirs
ch
Michel Guillaume Kirsch dans son œuvre d’épure et de contemplation, nous joue une partition à deux temps : l’alternance entre l’ascèse de l’acier et les successions de strates bruissantes de l’ardoise. Nous sommes incités à transcender les matières sans les altérer pour ressortir de ce voyage intérieur renforcé devant cette alchimie improbable. La fragilité de l’ardoise, la dureté de l’acier se conjuguent et s’épousent dans l’épure des lignes souples ou brisées.

Claire Valverde-Galbrun
Claire Valverde-Galbrun nous propose chaque année une aventure. Celle du métal forgé dans des phases de constructions et de déconstructions. Cette artiste arrive à nous rendre ce médium délicat et sensible. Le fer est travaillé avec intelligence comme une dentelle fragile. Les angles dévoilent le secret de la matière habitée, la patine du temps, les intériorités, le cœur de la matière.

Sylviane Blondeau
Sylviane Blondeau nous propose des dessins sur le corps ancré dans une recherche de la spontanéité et du saisissement de l’instantanéité. En partant d’un postulat classique, celui des apprentis artistes qui à travers le nu et l’étude du croquis appréhende le monde et l’intègre, cette artiste va au-delà en fouillant les corps et le mouvement qui s’en empare.

Edgar Manuel Marcos
Dans son projet actuel « Habemus Ego », Edgar Manuel Marcos nous replace dans ce monde à travers une vision fragmentée de l’image. De la multiplication et de la superposition des plans l’artiste recherche par une approche du sensible de la lumière et du trait à éveiller en nous une perception décuplée de notre enveloppe corporelle. Sa liberté se trouve dans son arrachement à la perspective et à la composition classique en flirtant subtilement avec les champs de l’abstraction.

Installateurs
Xavier Delucq

Le travail posé par Xavier Delucq dans cette nouvelle installation consiste à pousser à l’extrême les concepts qui touchent à l’alimentation d’aujourd’hui. Il nous met en garde sur les dangers à transformer nos aliments et sur la perte de plaisir qui en résulte. Cette installation est à déguster sans modération.

Manoli Gonzalez
L’univers de Manoli Gonzalez s’inspire de la genèse du monde végétal, minéral et des traces laissées par les passages du vivant. La porcelaine est son médium créatif préféré. Sa limpidité, sa transparence permettent à l’artiste une mise en espace où domine la lumière qui lui rende possible un passage vers une esthétique transcendée.

Eligriv Tempfoli
Tout n’est pas si rose dans le clapier de la carotte Magic clame Eligriv Tempfoli mais c’est déjà pour nous prévenir de notre quiétude soumise face à l’égocentrisme, la passivité, la foi, le pouvoir, tous les voiles de nos ignorances. Cette superficialité nous empêcherait-elle, depuis notre container d’entendre le bruissement et les clameurs du dehors !

Salon d’Art Contemporain « Manganèse » du 24 février au 10 mars

Vernissage le mardi 26 février à 19 h 30
spectacle le « chant de l’automate » par Pierre Bocabarteille
chansons | histoires courtes | orgues de barbarie

visites commentées samedis 2 et 9 mars à 15 h en présence des artistes

Complexe Marcel Paul à Vauréal – avenue Gavroche
Renseignements au 01 34 43 15 15
Entrée libre
horaires d’ exposition
lundi, mardi, jeudi et vendredi 17 h > 20 h
mercredi 13 h 30 > 20 h
samedi 14 h > 20 h
1er et 2ème dimanche 14 h > 18 h 30
3ème dimanche 14 h > 17 h