Alors que Jean-Marc Ayrault dévoilera le 6 mars prochain son arbitrage sur le métro automatique du Grand Paris, 50 élus de droite, originaires des départements d’Ile-de-France, ont cosigné une lettre à destination du Premier ministre. Dans ce courrier, que s’est procuré lejdd.fr, la présidente du groupe UMP au Conseil régional d’Ile-de-France, Valérie Pécresse, rappelle la nécessité d’un lancement rapide des travaux et propose des « mesures innovantes ». 

 Arnaud Bazin, Jérôme Chartier, Francis Delattre, Axel Poniatowski, Hugues Portelli, Philippe Houillon, François Scellier. Sept élus de droite du Val d’Oise signataires de la lettre adressée à Matignon par Valérie Pécresse. « Nous souhaitons la réalisation de l’intégralité du schéma de transports tel qu’il résulte de l’accord Etat-région Ile-de-France signé le 26 janvier 2011 et dans les délais initialement prévus », rappellent-ils d’entrée. Problème, il manque toujours plusieurs milliards d’euros pour boucler le budget de construction du super métro. Et pour ces élus, pas question de faire payer davantage les habitants et les sociétés : « la pression fiscale des particuliers et des entreprises doit être exclue », insistent-ils. Et d’ajouter : « Des financements nouveaux doivent être mobilisés».

Cette lettre est aussi l’occasion de présenter plusieurs propositions. Les signataires préconisent ainsi « un allongement significatif de la durée d’amortissement des prêts souscrits » et « la mobilisation d’emprunt au meilleur coût auprès de la Banque européenne d’investissement (BEI) ou en faisant appel à l’épargne réglementée ». Un choix qui se justifie selon eux par une infrastructure qui profiterait à plusieurs générations. Les élus proposent également que « sans déroger au principe de non affectation des recettes aux dépenses, l’Etat attribue au financement du Grand Paris un montant équivalent à celui perçu au titre de la hausse de la TVA sur les transports en Ile-de-France », taxe qui passera de 7 à 10 % au 1er janvier 2014. « Il s’agirait d’une simple mesure de justice vis-à-vis des usagers franciliens qui ont déjà vu les tarifs des transports augmenter à cinq reprises depuis mars 2010 », jugent-ils.

« Eviter le recours à l’impôt et substituer un actif par un autre actif »

Autre suggestion, la cession d’une partie des participations détenues par l’Etat dans des sociétés. « Selon les chiffres de l’Agence des participations de l’Etat (APE), le portefeuille des participations de l’Etat dans les seules entreprises cotées s’élevait, au cours de clôture du 31 janvier 2013, à près de 55 milliards d’euros », précisent les élus de droite. Un système doublement vertueux selon eux : « Ce mécanisme aurait le double avantage, pour les contribuables, d’éviter le recours à l’impôt et pour l’Etat, de substituer un actif par un autre actif, à savoir une infrastructure de transports moderne génératrice d’emplois et créatrice de richesses économiques ».

Enfin, la lettre propose un dernier axe, l’aide de la Région Ile-de-France, « première bénéficiaire » du projet. « Ces crédits pourraient être obtenus grâce à la mobilisation de l’intégralité des ressources attribuées par l’Etat à la région pour le financement des transports, à la réalisation d’économies sur les subventions aux organismes associés de la collectivité et au déménagement du siège régional
et de ses services en zone périphérique », estiment les signataires.

« Un projet d’intérêt national à dimension internationale »

Valérie Pécresse termine sa lettre en insistant sur l’impact du dossier. « C’est un projet d’intérêt national à dimension internationale. En effet, ce ne sont pas seulement les élus franciliens mais l’ensemble des élus français, toutes tendances politiques confondues, qui estiment qu’il s’agit d’un projet majeur pour la France ». Un dossier qui pourrait résoudre « les difficultés de transports et de logement rencontrées par 20 % des Français » et « faire de la Région-Capitale un pôle d’attractivité de niveau mondial dont bénéficiera l’ensemble du pays », ajoute l’élue.