Réalisé par deux enseignants de Sarcelles, le reportage « Sarcelles, un autre visage » part à la rencontre de ses habitants. Objectif, casser en 38 minutes l’image négative qui colle à la ville. Interview de Jean-Yvon Lafinestre et Yann Couëdel, à l’origine du projet. 

VOnews : Pourquoi ce documentaire sur Sarcelles ? 
 
Yann Couëdel : Nous avions envie de donner une image positive de la ville, lui rendre ce qu’elle nous avait apporté. Les gens avaient été choqués par un reportage diffusé sur M6 il y a quelques années qui ne véhiculait qu’une image négative et des clichés. A cette époque, la diffusion avait suscité de vives réactions. Nous voulions exprimer ce qu’est pour eux Sarcelles.
Jean-Yvon Lafinestre : Nous souhaitions indiquer que Sarcelles est une ville comme une autre, pas forcement une commune où il y  a des coups de feux à chaque coin de rue.
 
VOnews : Finalement, pour vous le « vrai Sarcelles » c’est quoi ? 
 
Yann Couëdel : C’est l’écueil dans laquelle nous aurions pu tomber en appelant notre reportage « Sarcelles le vrai ». Cela aurait été prétentieux. Nous présentons beaucoup d’aspects de la villes mais celle-ci n’a pas qu’un unique visage. Bien sur qu’il y a des aspects négatifs. Mais les médias ne montrent pas toujours la vérité. La plupart des gens que nous avons rencontré sont heureux à Sarcelles. Nous apportons juste une autre vision. 
Jean-Yvon Lafinestre : Je laisse la réponse à d’autres. Moi, je peux vous dire ce qu’est le Sarcelles que je côtoie. Nous n’avons pas la prétention d’avoir tout filmé car nous nous étions fixé trois mois pour la réalisation de notre vidéo. Bien sur, il y a des soucis à Sarcelles, comme dans toutes les autres villes, mais nous voulions montrer que les gens travaillent, que ce ne sont pas des fainéant. C’est pour cette raison que nous avons montré les commerçants. 
  
VOnews : Comment avez-vous trouvé vos interlocuteurs ? 
 
Jean-Yvon Lafinestre : Je connaissais quelques personnes mais j’ai aussi rencontré des gens. Ce fut facile car je suis impliqué à Sarcelles (ndlr :Jean-Yvon Lafinestre y enseigne depuis une vingtaine d’années). Comme rien n’était programmé, les réponses étaient spontanées. 
Yann Couëdel : Les rencontres étaient fortuites. On demandait à nos interlocuteurs s’ils voulaient parler. Au début, ils étaient réservés mais ils finissaient souvent par témoigner. Il y a quand même eu quelques interviews que l’on a été obligé de caler, par exemple avec les élus de la mairie ou Basilio, le conducteur de bus. Nous avons également suivi l’actualité de la commune, notamment pour l’Arena Swim Academy.
 
VOnews : Avez-vous rencontré des difficultés particulières ? 
 
Jean-Yvon Lafinestre : Nous avons eu des soucis de micro, surtout en extérieur. Avec le bruit des avions ou des voitures, nous demandions aux gens de parler plus fort. En revanche, il a fait beau à chaque fois. 
Yann Couëdel : Pour la prise de son, il a fallu acheter un micro cravate. Nous avons tous les deux mis de notre poche. Pour le montage, nous avions déjà réalisé des courts-métrages afin de nous familiariser avec le logiciel. 
 
VOnews : Combien de temps vous a pris la réalisation du reportage ?

Yann Couëdel : Trois mois, à partir de fin décembre. C’est pour cette raison que le reportage commence par un plan des sapins de noël des Flanades. Nous montions nos images au fur et à mesure du tournage.

 
 
Découvrez le reportage « Sarcelles, un autre visage »