Chargé par le gouvernement d’enquêter sur le vieillissement de la population, le conseiller général PS de Goussainville, Luc Broussy, remettra ses conclusions et propositions à Matignon lundi 11 mars prochain. Il dévoile à VOnews les grandes lignes de son rapport.

 « Il ne s’agit pas d’un document sur la dépendance mais sur la façon dont la société doit s’adapter », précise Luc Broussy qui a été missionné en septembre dernier par la ministre chargée des personnes âgées et de l’autonomie, Michèle Delaunay. Un rapport « en plusieurs volets ».

Premier volet, le logement des seniors. De plus en plus, les français désirent vieillir chez eux. Il est essentiel d’ « adapter l’aménagement des habitations alors que 30% de la population aura plus de 50 ans d’ici 10 à 15 ans », estime Luc Broussy qui préconise « une concertation entre l’état et les bailleurs » pour « adapter le logement ». Par exemple, « remplacer les baignoires par des douches » ou rendre systématique la présence de « rampes d’escaliers ».
 
L’élu suggère une amélioration des conditions de vie à l’intérieur des logements, mais également à l’extérieur. Il insiste sur la nécessité de lutter contre l’isolement des personnes âgées. Il propose de faciliter l’implantation de commerces de proximité. Son idée : la création d’un label « commerçant solidaire ». Pour rompre l’isolement, le rapport préconise la création de nouveaux lieux, sortes de MJC, dans lesquels les seniors pourraient se rendre et rencontrer du monde, sans y vivre.

Adapter la ville à une population fragile

Pour Luc Broussy, les villes devront également s’adapter au vieillissement de leur population. « Il faut intégrer le vieillissement à l’urbanisme dès l’origine des projets ». Des mesures qui s’appliqueraient autant à l’accessibilité des lieux publics qu’à l’adaptation du mobilier urbain, à commencer par « les feux tricolores ». Les grands seniors sont les premières victimes des accidents avec des piétons.

Sur la question de la mobilité, Luc Broussy précise que les personnes âgées sont toujours attachées à leur voiture. « Je comprends leur soucis de vouloir conduire ». Le rapport avance des solutions : « véhicules adaptés », « cours », « permis évolutif, délivrant le droit de circuler uniquement sur certains types d’axes routiers » ou encore, à l’instar du Japon, « un badge permettant aux autres automobilistes de savoir qu’une personne âgée est au volant ». 

350 000 emplois potentiels

Autre aspect abordé dans le rapport, l’économie du vieillissement. « L’aide aux personnes âgées représentera 350 000 emplois d’ici 2020 », a calculé Luc Broussy. Des emplois peu valorisés aujourd’hui qu’il faudrait rendre plus attractifs. Comment ? Par exemple en augmentant les salaires pour à la pénurie notamment d’infirmière.

Autre volet important du rapport, la politique familiale.  Elle devra impérativement évoluer selon Luc Broussy. « Les familles regroupent désormais 4 générations, il faut en tenir compte ». L’élu suggère donc d’alléger la charge des familles, notamment les plus précaires. Le rapport propose d’ « augmenter l’allocation logement pour les personnes retraitées » mais surtout de « supprimer l’obligation alimentaire des personnes hébergées en maison de retraite » qui oblige actuellement toute famille, même pauvre, à payer. 

Créer des Maisons Départementales de l’Autonomie

Dernier volet du rapport Broussy, les difficultés administratives rencontrées par les retraités. « Beaucoup ne savent pas où s’adresser pour les questions de financement et de dépendance ». Sa proposition, remplacer les Maisons départementales des personnes handicapées par des « Maisons départementales de l’autonomie » dans lesquelles pourraient plus facilement se renseigner les seniors. 

Le rapport sera remis lundi midi au Premier ministre.