La semaine dernière, une femme âgée de 68 ans était condamnée par le Tribunal de Pontoise  à 800 € d’amende avec sursis et 1 € symbolique de dommages et intérêts pour avoir insulté le maire UMP de Sannois, Yanick Paternotte. Christophe Dulouard, élu d’opposition PS dénonce « l’acharnement juridique du maire ».

 Nous sommes le 4 décembre 2011. Une vieille femme, Françoise, vend les pulls qu’elle a tricoté dans la galerie commerçante de l’enseigne Monoprix de Sannois. Yanick Paternotte, de passage, lui demande alors de partir, en vertu de l’arrêté anti mendicité en vigueur dans la commune. Mais l’intéressée ne l’entend pas de cette oreille et lui lance un : « Je t’emmerde, salaud ». Lors de son audience, elle expliquera qu’elle ne connaissait pas l’identité de son interlocuteur. 

Pour cette insulte, elle risquait une lourde sanction, Yanick Paternotte étant protégé par son rôle d’élu. Elle s’en tire avec 800 € d’amende avec sursis et 1 € symbolique de dommages et intérêts. Inadmissible pour Christophe Dulouard, élu d’opposition PS à Sannois : « Je suis troublé par tant d’acharnement juridique du maire de Sannois à l’encontre d’une personne âgée de 68 ans qui, au lieu de se contenter de demander de l’aide, met une compétence – tricoter des pulls – au service de sa seule survie ». 

Dénonçant « l’absence de compassion envers une situation d’extrême précarité connue » et « la confusion faite et entretenue avec la mendicité », il juge qu’il y avait d’autres moyens d’agir. « Certes les propos tenus ainsi provoqués sont condamnables dans l’absolu, mais au regard des faits et de la situation, porter plainte et aller au bout de cette procédure nous apparait comme un abus de position de dominante, moralement méprisable », fustige Christophe Dulouard. 
 
D’autres voix se font entendre pour protester conter cette condamnation. Nathalie Elimas, du MoDem,  y voit ainsi une démarche « disproportionnée ». Si elle ne cautione pas les insultes proférées, elle estime cependant que « le maire de Sannois aurait pu retirer sa plainte après avoir chassé et menacé cette
femme de condamnation ».