Alors que Frédéric Cuvillier, ministre des transports, a validé l’option centre nord du projet de liaison « Roissy-Picardie » et ainsi donné son feu vert à la poursuite des études du projet, le Conseil général du Val d’Oise s’insurge. Il rappelle également que les élus de l’Est du Val d’Oise réclament un barreau entre les lignes B et D, qui profiterait aux Valdoisiens et Picards. 

« L’arbitrage du ministre des transports concernant la liaison Roissy-Picardie est inacceptable pour le Conseil général du Val d’Oise ». Le département n’a pas tardé à réagir suite à la prise de position de Frédéric Cuvillier, qui a validé l’option centre nord du projet de liaison « Roissy-Picardie », une ligne à grande vitesse (LGV) qui relierai rapidement les Picards aux emplois de Roissy. Problème, le projet est loin de faire l’unanimité dans le Val d’Oise. Les élus de l’est du département se battent même depuis plusieurs années, dénonçant les nombreux inconvénients pour les populations valdoisiennes.
 
Première crainte, que faciliter l’accès à l’aéroport à des habitants d’un autre département ne fragilise encore un peu plus ceux résidant dans le Val d’Oise, parfois même à moins de dix kilomètres de Roissy. « Avant de faciliter l’accès aux emplois de Roissy aux Picards (ce qui n’est pas illégitime)  ne serait-il pas plus logique et opportun que les communes du Nord de la Plaine de France aient une liaison ferroviaire vers Roissy ou le Parc international des expositions de Villepinte ? », s’interroge le Conseil général, qui rappelle que « trois des cinq villes les plus pauvres de France sont situées dans cette zone où le chômage des jeunes peut dépasser les 30% ».

Un barreau férrovaire profitant aux Valdoisiens et Picards 
 
Et le problème n’est pas seulement économique, selon le département : « Faut-il rappeler au ministre des transports que, alors que la plateforme aéroportuaire compte 100 000 emplois, seulement 12% sont occupés par des Valdoisiens qui, faute de jouir des retombées économiques, subissent chaque jour plus de nuisances ? » Et de citer la « pollution sonore ». Selon le Conseil général, la liaison ferroviaire « Roissy-Picardie » pose également un problème environnemental : « Faut-il rappeler au ministre que le tracé pour lequel il a opté pose des questions environnementales puisqu’il coupe la plaine agricole et passe sur un vallon boisé ? Visiblement oui, puisque mardi dernier le Contrat de Développement Territorial (CDT) Cœur Economique Roissy Terre de France a été signé ».
 
Inadmissible pour le département, alors que les élus de l’est du Val d’Oise militent depuis plusieurs années pour la réalisation « du barreau de Gonesse visant à relier les RER B et D ». Une liaison qui aurait l’avantage, selon eux, de permettre aux Valdoisiens et Picards de se rendre à Roissy sans passer par Paris tout désengorgeant les rames à partir de Gonesse. 

L’occasion pour le département de tacler Frédéric Cuvillier « Faut-il également rappeler au ministre que les CDT sont la déclinaison locale des objectifs de mise en œuvre du Grand Paris en matière d’urbanisme, de transports, de déplacements, de lutte contre l’exclusion sociale, de développement économique, sportif et culturel, de protection des espaces agricoles et forestiers et des paysages ? » 
 
Enfin, Arnaud Bazin, président du Conseil général, explique qu’il regrette la « concertation du ministre  qui consiste en un appel téléphonique, 3 jours après l’annonce officielle ». « Une désinvolture inacceptable », pour l’élu.