Du jamais vu ! Les affiches publicitaires des compagnies privées de chemin de fer du Nord et de l’Ouest dévoilées pour la 1ère fois au public. Deauville, Cabourg, Honfleur, Le Touquet, Dinard, le Havre… les « belles côtières » étaient vantées pour leurs bains de mer et l’air iodé.

Voici une belle idée de sortie, à deux pas de Paris, pour vivre en images et en photos l’épopée du tourisme balnéaire à toute vapeur !
 
Agrémentée de photos, cette exposition originale couvre la période de 1889 à 1950 et  retrace les étapes de l’essor balnéaire, depuis les bains de mer des « gens de la Haute » pour leur santé jusqu’à l’époque des premiers loisirs familiaux en 1er, 2è et 3è classe.
« 20 trains par jour dans les deux sens ! » « Train de plaisir à marche rapide ! » « Cabourg à 5h11 minutes » les slogans d’un autre temps amusent, font sourire, la nostalgie n’est pas loin… Faire rêver et informer,  tel est le propos de Terminus la Mer !

L’âge d’or des stations balnéaires
Au début du XVIIIe siècle, le littoral est surtout un territoire consacré à la pêche, il est source de dangers, tempêtes, naufrages, pilleurs… et non de plaisirs. Progressivement une mutation va s’opérer et différentes catégories de la société vont se côtoyer, l’architecture des villes côtières va se moderniser. Les bienfaits de la mer pour la santé, constituent le premier motif du déplacement mais rapidement la mode est lancée, c’est l’âge d’or de la villégiature. En 1730, l’Angleterre se pose en précurseur avec le docteur Russel qui construit le premier établissement de Bains à Brighton. Cette idée est rapidement reprise par les médecins français dès 1769.

Au XIXe siècle, la révolution industrielle, la dégradation sanitaire des villes, la pollution de l’air, l’augmentation des cas de tuberculose vont conduire à la création de sanatoriums situés en bord de mer. Les bienfaits de la mer, l’air iodé vont rapidement créer un intérêt grandissant dans les couches huppées de la société parisienne, mais d’autres facteurs vont concourir à la création des stations balnéaires et à leur engouement.

Tout d’abord les compagnies de chemin de fer, pour rentabiliser leurs lignes, vont créer des destinations de toutes pièces, relayées par des campagnes d’affichage attractives. La mode des bains de mer, les bienfaits de l’air iodé, la fréquentation de la haute aristocratie et des têtes couronnées, suffisent à lancer la tendance. Deauville, est à l’initiative du Duc de Morny, ministre de l’intérieur de Napoléon III. En 1820, Dieppe, voit sa notoriété naître, grâce à la Duchesse de Berry. La bourgeoisie, les hommes d’affaires, les artistes contribuent également à rendre célèbres, les stations du littoral. Cabourg sera lancée par l’avocat et homme d’affaires, Durand – Morimbau, relayée plus tard par Marcel Proust. Trouville est rendue célèbre grâce aux artistes comme Dumas, Corot, Monet. Enfin, l’assainissement urbain voulu par l’empereur Napoléon III, renforce la création de ces stations. On relève un schéma général qui se décompose de la manière suivante : une gare, un casino et un grand hôtel, des lotissements avec accès direct à la mer et une optimisation de la rentabilité financière.

Les Affiches publicitaires, reflets de la société
De 1889 aux environs de 1950, les affiches illustrées du chemin de fer français vont vanter les mérites des stations balnéaires et favoriser la villégiature. Faire rêver et informer, l’affiche publicitaire explose, au cœur de cette nouvelle société des loisirs qui émerge à la fin du XIXesiècle.
En effet, l’éclosion des multiples sociétés de chemin de fer, leur nécessaire rentabilité, l’essor industriel, le perfectionnement des techniques de production, fournissent à l’affiche moderne « ses lettres de noblesse ». Ces différentes compagnies (chemins de fer de l’Ouest en 1855, du Nord en 1852, de l’État en 1878, puis la SNCF à partir de 1938) structurent les destinations, créent la mode auprès du grand public, répondent aux besoins d’évasion du citadin, le tourisme est né ! Les stations balnéaires vont fleurir sur le littoral français au gré des aristocrates, de la nouvelle bourgeoisie, des hommes d’affaires, des artistes. Créées à l’origine pour résoudre des problèmes de santé liés à l’urbanisation des villes et leur pollution, elles vont rapidement se tourner vers le loisir (la côte fleurie), pour les unes, ou vers une villégiature plus familiale pour d’autres (mer du nord).

Informative, l’affiche des différentes compagnies de chemin de fer, évolue rapidement.
De 1889 à la première guerre mondiale, on observe de multiples informations, selon le principe d’une mosaïque ou affiche – tableau dans sa composition : saynètes, costumes de bains, personnages folkloriques, excursions d’une très grande qualité esthétique, l’affiche favorise le désir de découvrir de nouvelles contrées.
De 1918 à 1939 : la concurrence entre les compagnies de chemin de fer, leurs rachats successifs, conduisent les différents réseaux à une surenchère publicitaire pour attirer « le touriste », lui-même en demande de nouveauté et de modernité. L’esthétisme de la belle époque fait place à un  message publicitaire épuré. Le paysage reste présent mais s’anime de touristes citadins, mettant en exergue la pratique d’un sport de loisir. L’affiche illustrée subit également l’influence des nouvelles écoles picturales. Les mouvements sociaux qui vont naître durant l’entre-deux guerres, vont donner à l’affiche, un caractère plus propagandiste, plus moderne, nous sommes à l’aube d’un futur tourisme de masse. A l’issue de la seconde guerre mondiale, la famille sera privilégiée mais l’explosion technologique, en relation avec la reconstruction du pays, la démocratisation du transport routier, vont progressivement modifier le message de ces affiches, au profit d’une information « usager ». Accessible à tous, «Terminus la Mer ! » est un clin d’œil au XIXe siècle. Chaque affiche est une histoire, qui invite à voyager dans le temps.

Exposition « Terminus, la mer ! » au Château d’Auvers-sur-Oise jusqu’au 1er septembre.
A l’Orangerie sud du Château d’Auvers.
www.chateau-auvers.fr


De 14h à 18h, du mardi au dimanche. 4 € et gratuit sur présentation du billet « Voyage au temps des Impressionnistes » du Château d’Auvers.
Réservations :
info@chateau-auvers.fr / 01 34 48 48 48