Pour Edward Bond, nous devrions observer les enfants, car ils nous apprendraient à remplacer la vengeance par la justice, la colère par le respect de l’autre, à prendre la responsabilité de nos erreurs. Comment pouvons-nous apprendre à être responsables de nous-mêmes et de nos actes ? C’est cette question qui hante Les Enfants inlassablement.

A la demande de sa mère, un jeune garçon provoque l’incendie d’une maison dans lequel un enfant meurt. Tandis que la mère nie toute responsabilité dans le drame, il s’enfuit avec des amis pour échapper à la police. Commence alors une errance étrange, entre cauchemar et merveilleux, dans un monde désolé. Une fable initiatique à mille lieux du réalisme ou de la complaisance, interprétée par Giovanni Vitello, Sandrine Bestel et un groupe de 19 jeunes comédiens adolescents.

 « Je crois que tout me mène à cette pièce unique : d’une part, mon parcours dans le théâtre contemporain, mon envie de dire le monde à travers les histoires, de raconter la monstruosité et d’y chercher l’humanité mais aussi mon parcours de pédagogue qui me montre par expérience, que grâce au théâtre, il est possible de rétablir un dialogue, un échange, un partage, non pas seulement entre des cultures aussi entre le monde des adultes et le monde des enfants. Et la pièce se trouve au Cœur de cette problématique. » Bruno Ladet

Avec plus de quarante œuvres à son actif, Edward Bond, né le 18 juillet 1934 dans la banlieue de Londres, compte parmi les dramaturges contemporains les plus importants. Cet autodidacte, issue d’une famille ouvrière d’origine paysanne, enfant à Londres bombardée pendant la guerre écrit sa première pièce à 20 ans lors de son passage dans l’armée qui l’aura particulière marqué. Sur notre société contemporaine, il pose cette analyse : « Comme tous les gens en vie au milieu de ce siècle ou nés depuis, je suis citoyen d’Auschwitz et un citoyen d’Hiroshima. Je suis citoyen du monde humain qui est encore à construire. » Edward Bond, extrait de Théâtre / Public, n°111, 1993

« Je suis un optimiste incurable » dit Bond de lui-même.

Du point de vue artistique, il y a de la place. Cette place et cette liberté, Bond la laisse au metteur en scène mais aussi aux comédiens, et en particulier, aux jeunes comédiens qui jouent les enfants : la liberté d’écrire ou de réécrire le texte avec les mots d’aujourd’hui, avec leurs mots ; de s’inventer des personnages de se saisir du canevas qui est proposé par Bond et de l’enrichir. C’est un travail fascinant, parce qu’il donne une énergie unique à ce qui se produit sur le plateau qui viens de la créativité, de l’inventivité de ces jeunes comédiens.

Avec Sandrine Bestel, Giovanni Vitello et 18 jeunes comédiens cergyssois du collège du Moulin à vent; mise en scène Bruno Ladet, dramaturgie Barbara Moreillon ; scénographie, Stéphane Cavanna; costumes Anjali Patel, marionnette Virginie Castelli, lumière et environnement sonore Thomas Merland.

« Les Enfants » d’Edward Bond
Jeudi 30 mai à 19h30 et vendredi 31 mai à 21h

Au Théâtre 95, allée du théâtre à Cergy
Réservation au 01 30 38 11 99
reservation@theatre95.fr
www.theatre95.fr

Tarif plein 16 € ; tarif réduit 13 € ; Moins de 25 ans, intermittents 8 € ; Moins de 10 ans 5 € ; « Amis du théâtre », demandeurs d’emploi 10 €

Compagnie Nouvelle Éloïse
Direction artistique Bruno Ladet
09 54 57 61 13 ou 06 77 75 68 55
info@nouvelleeloise.com
www.nouvelleeloise.fr