Après qu’une journaliste en reportage pour VOtv a été emmenée au poste de police d’Argenteuil samedi pour vérification d’identité, le Syndicat de défense des policiers municipaux (SDPM) et la Ligue des droits de l’homme du Val d’Oise (LDH 95) rappellent que "la liberté de la presse doit être respectée".

 En reportage samedi matin à Argenteuil pour couvrir un rassemblement organisé par le PCF devant deux banques, une journaliste pigiste de la télévision du Val d’Oise a été priée par la police municipale de remballer son matériel avant d’être emmenée au poste par la police nationale pour une vérification d’identité. Au préalabre, une policère municipale avait déjà contrôlé son identité en dehors de tout cadre légal. [voir notre article].

Le Syndicat de défense des policiers municipaux (SDPM) condamne fermement l’incident. « A titre général, et sans présager des conclusions de l’enquête, le SDPM rappelle qu’il se bat chaque jour pour la professionnalisation du métier, sa crédibilité et sa respectabilité. La Police Municipale est une Police Républicaine, et bien qu’aux ordres d’un maire, en aucun cas celle-ci ne doit être utilisée comme un instrument politique. »

« La liberté de la presse doit être respectée »

« Sur les faits, le SDPM ne peut croire un seul instant que la Police Municipale ait pu intervenir et décider d’elle-même d’empêcher une journaliste d’exercer son métier », explique le syndicat. Et d’ajouter : « La liberté de la presse doit être respectée. Un journaliste doit pouvoir exercer son métier librement et en toute objectivité, pour informer le public, d’autant plus lorsqu’il s’agit de conflits d’ordres politiques ».

« Les représentants de la police nationale ont aggravé l’affaire»

Même constat pour la Ligue des droits de l’homme : « Alors qu’elle était pleinement dans son droit, cette journaliste a été empêchée de faire son métier »

Si la LDH 95 dénonce le comportement de la police municipale, elle condamne également celui de la police nationale qui a procédé à la vérification d’identité au poste. « Il est inquiétant que les représentants de la police nationale, appelés sur place, n’aient pas rappelé les règles élémentaires du droit à leurs collègues municipaux ; au contraire, ils ont aggravé l’affaire en conduisant la personne au commissariat portant ainsi délibérément atteinte à sa liberté d’aller et venir ».

« Une dérive de la mentalité policière »

Un incident qui est, selon la Ligue des Des droits de l’homme, « le signe d’une dérive de la mentalité policière qui est convaincue qu’elle dispose de tous les pouvoirs et de l’impunité de ses actes ». Et d’ajouter : « C’est aussi l’indice d’une carence de formation des fonctionnaires de police ».

Depuis les faits, le député maire PS d’Argenteuil Philippe Doucet a fait livrer des fleurs à la journaliste. "Il va de soit que nous cherchons à connaître, au sein des services, quelle succession d’erreurs a abouti à ce regrettable épisode".