L’association « Art et fête sur Seine » organise, dans le cadre de la 30ème édition des journées du patrimoine, une exposition retraçant La Frette durant la Révolution.

L’exposition située à l’espace Roger Ikor, se déroule en 12 thèmes autour de l’histoire de la Révolution frettoise…

1. La Frette à la veille de la Révolution
Les Abbés de Saint-Denis sont les seigneurs principaux de la région depuis le IXème siècle. Les habitants de La Frette dépendent de la châtellenie de Cormeilles et vivent sur les territoires de Montigny ou de Cormeilles. Le représentant du pouvoir royal est à Saint-Germain.

2. La création de la commune
La loi du 14 décembre 1789 puis celle du 22 décembre 1789, suivies des décrets de janvier et février 1790, divisent le territoire français en 83 départements, chaque département est divisé en districts eux-mêmes divisés en cantons et municipalités. La Frette se situe alors dans le district de Saint-Germain et le canton d’Argenteuil. Chaque paroisse peut demander à devenir une commune. Les habitants de La Frette le souhaitent mais la paroisse n’est qu’une annexe de Montigny et il n’existe pas de territoire qui leur soit attribué.

3. Les municipalités de la révolution
Seuls les citoyens actifs, Français âgés de plus de 25 ans et payant un impôt supérieur à 3 journées de travail peuvent voter. Ceux qui en paient plus de 10 sont éligibles. La Frette compte 68 citoyens actifs et 52 éligibles. Le vote a lieu le 14 février 1790 sous la présidence du vicaire de La Vieuville.

4. La paroisse risque de disparaître !
Voulant permettre aux citoyens de penser librement, sans être influencés par l’église (considérée comme un acteur majeur de l’ancien régime), les dirigeants révolutionnaires vont tout faire pour limiter son action. Si, dans les premiers temps le vicaire continue de jouer un rôle important dans la commune, son action deviendra de plus en plus difficile par application de lois anti religieuses.

5. Il faut payer les impôts !
Si la taille, la gabelle, la capitation, les taxes indirectes diverses, dimes et redevances seigneuriales ne sont pas la source unique de la révolution, elles y ont grandement participé. Aussi la première tâche de l’Assemblée Constituante a-t-elle été de les supprimer et de tenter de les remplacer par des impôts plus justes : « les contributions foncière et mobiliaire ». La Frette dépendait antérieurement de Cormeilles et il devenait nécessaire pour les Frettois de nommer ceux qui assumeront la charge de leur répartition entre ses membres et de leur perception.

6. Et maintenant l’ordre et la sécurité
La période révolutionnaire est favorable aux troubles et aux agissements délictueux. Leur origine est locale, parfois une conséquence du sentiment nouveau de liberté, mais résulte aussi d’événements extérieurs. Plusieurs moyens sont mis en œuvre pour maintenir l’ordre et contrôler la population.

7. La défense de la patrie
La révolution se devait d’abolir la milice et son tirage au sort, rejetée par l’ensemble de la population qui y est soumise. Mais rapidement, le gouvernement lève des troupes pour se défendre contre les attaques extérieures. Si au début le volontariat est la règle, le temps passant il est de plus en plus difficile de trouver des soldats.
   
8. Le peuple a faim et froid…

La Frette, terre de viticulture, subit durement les aléas climatiques qui se succèdent à partir de 1788. Les hivers 1788-1789 et 1794-1795 sont particulièrement froids, la Seine est totalement gelée sur des kilomètres. Le départ des hommes jeunes, appelés sous les drapeaux, a désorganisé l’agriculture et les réquisitions de matériels et animaux pour l’armée rendent encore plus difficile l’exploitation agricole.

9. Fêtes et serments révolutionnaires
Le pouvoir cherche à entraîner l’adhésion des Français à la révolution et les festivités permettent de motiver la population, de l’éduquer et sont aussi un moyen de la contrôler. Les citoyens doivent, de plus, prêter un serment de fidélité aux institutions du moment.

10. L’école de la révolution
Créée en 1789, la municipalité de La Frette prend en charge l’école du village. En 1790, l’école est déplacée dans un local, « attenant à l’église et placé sur la petite place qui la précède », appartenant à la commune. L’école doit permettre de former de bons citoyens en s’appuyant sur le « catéchisme révolutionnaire » inspiré de la déclaration des droits de l’homme. En 1795, afin d’éviter de devoir envoyer les enfants à l’école à Herblay, les citoyens décident de donner 10 livres par trimestre à l’instituteur. Selon la période l’instituteur a été payé en fonction des progrès des élèves, ou recevra 10 livres tous les trois mois ou encore une somme de 10 livres par an à laquelle s’ajoutent des dons en nature. La situation de l’école n’est pas connue entre 1798 et 1803. C’est pendant la révolution que les « maîtres d’école » sont devenus des « instituteurs ».

11. La vie de tous les jours

La révolution perturbe le comportement des Frettois et leur impose des servitudes qui s’ajoutent à leurs travaux habituels. La mise en place d’une nouvelle organisation communale et l’application des lois et décrets révolutionnaires donne lieu à de nombreuses réunions impliquant souvent la population. Il n’est cependant pas possible de déterminer si tous les Frettois y participent ou seulement les citoyens actifs.

12. Vingt ans après…
La fin de la révolution et la prise du pouvoir par Bonaparte puis de ses successeurs ne s’accompagnent pas d’un retour à la situation antérieure car beaucoup des institutions révolutionnaires restent en place. La vie des Frettois s’en trouve durablement modifiée.

La Frette pendant la Révolution
14-15 septembre, et 21 et 22 septembre
Journées du patrimoine

Entrée libre
Espace Roger Ikor- 55, quai de seine à la frette sur seine
www.ville-la-frette95.fr – Tél : 01 39 31 50 00