UNE FRESQUE IV
Michaël Gaumnitz, graphiste-cinéaste
>Arts plastiques

>exposition à partir du 1er octobre
vernissage : Mardi 1er octobre – 18h30
L’-Théâtre des Arts, place des Arts / Cergy centre

Peinture et œuvres audiovisuelles sous la forme de programmes courts et de séries d’animation empreintes d’humour, documentaires d’art ou de société, les investigations de Michael Gaumnitz allient gravité et jubilation, rigueur et sensualité. Toujours en quête, l’artiste arpente le temps avec inventivité. Des silences de l’Histoire aux cycles de la nature, son geste est à l’écoute et compose avec la luxuriance des matières et la dynamique des couleurs. Une fresque IV est un nouvel espace où poursuivre ces exercices d’admiration.

 

Michaël Gaumnitz a fait ses débuts de vidéo-peintre à l’INA, et commencé à chercher le juste équilibre de l’image et de la voix en illustrant le courrier des téléspectateurs de la Sept (l’ancêtre d’Arte). « Mais j’ai surtout appris le dosage avec mon tout premier métier : cuisinier ! » Au fil de ses rencontres, la cuisine l’a (ra)mené à la peinture, qui l’a entraîné vers l’art vidéo, qui l’a conduit au documentaire, avec l’expérience cathartique que fut L’Exil à Sedan. Il y retrace une enquête quasi psychanalytique sur son père, rescapé des camps nazis, qui a déversé sur ses enfants sa rage d’être allemand. « Je suis venu au monde avec ce film. L’Exil à Sedan m’a ouvert les yeux sur l’Histoire, sur ma famille, et m’a permis d’accepter qui je suis. »

1946, automne allemand porte une réflexion similaire sur la transmission de la culpabilité. Michaël Gaumnitz pensait faire un film centré sur une question taraudante : « Comment aurais-je grandi si mes parents n’avaient pas quitté l’Allemagne pour la France en 1947 ? » Le projet tombe à l’eau. Un ami lui envoie alors le récit de Stig Dagerman, empreint d’indignation devant l’absurdité de la punition infligée par les Alliés à tous les Allemands, victimes et bourreaux confondus. « C’était ce que je voulais faire sur Dresde, mais élargi à toute l’Allemagne, et beaucoup plus fort. Seul un jeune homme de 23 ans, étranger, pouvait avoir ce regard de compassion et de révolte. Dans ce livre, il y a un cri. » Dont Michaël Gaumnitz a cherché à restituer l’intensité, tout en s’interrogeant sur sa propre position. Les enfants rosselliniens (ceux d’Allemagne année zéro) qui traversent le film, ce pourrait être lui s’il était resté. « Ce film ne pouvait être fait que par un étranger. Je suis cet étranger, mais en même temps, ces ruines, je les ai vécues, elles sont toujours en moi. »
Sophie Bourdais Télérama n°3118, extraits

Son intérêt particulier pour la forme dans le mouvement est une façon de garder la trace, la mémoire des multiples étapes du travail. Quant à ses convictions en matière d’image : « Je pense que le documentaire est l’art cinématographique du futur. La narration est essentielle pour réaliser un film. Dans un documentaire, l’histoire débute, évolue, se transforme et se termine. Un peu à la manière d’un rond qui deviendrait un carré qui finirait ovale. Et non d’un crime qu’il faudrait résoudre… Les films, comme mes créations graphiques, relèvent de la narration plastique. » C’est autour de ses mythologies personnelles, exercices d’admiration sous la forme de portraits-hommages que Michael Gaumnitz a entrepris cette Fresque IV.

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informations pratiques
entrée libre, sur réservation pour le vernissage
Réservations au 01 34 20 14 14 – www.lapostrophe.net – reservation@lapostrophe.net