Ce jeudi, les professeurs du lycée Georges Braque d’Argenteuil ont décidé d’entamer un mouvement de grève pour protester contre une baisse des moyens alloués à l’établissement.

 Trop d’élèves et pas assez de moyens. Les enseignants du lycée Georges Braque d’Argenteuil, classé en zone d’éducation prioritaire, sont formels : « Non, la rentrée ne s’est pas bien passée dans l’éducation prioritaire ! » Ils se battent depuis janvier, et l’annonce des dotations horaires pour la rentrée 2013, afin d’obtenir plus d’heures de cours. Car si le nombre d’élève a augmenté, les moyens n’ont pas suivi. « En principe, le nombre d’heures augmente en fonction nombre d’élèves. Mais cette année, il n’a pas évolué proportionnellement », se désolent les professeurs. Conséquences, les classes de seconde atteignent en moyenne plus de trente élèves.

Des effectifs élevés qui posent, selon les grévistes, des problèmes autant « qualitatifs » que « sécuritaires ». Ainsi, à des classes trop petites s’ajouterait l’impossibilité de tenir certains cours. « Les heures régulières ne sont pas assurés », affirment-ils. Et de citer le cas de l’éducation civique, qui doit être enseignée en demi-classes. Une configuration jusqu’ici impossible faute d’heures suffisantes.

Des efforts insuffisants

Les discussions entamées avec l’Education Nationale ont permis au lycée Georges Braque d’obtenir 3h30 de plus lors d’une réunion mercredi. Pourtant, le compte n’y est toujours pas pour les enseignants qui ont décidé, suite à une assemblée générale, de se mettre en grève. « On nous demande de nous investir, mais on doit abandonner des projets. Comment avoir une politique pédagogique s’il y a des changements d’année en année ? » Pour faire face et notamment pour mettre en place des « enseignements d’exploration scientifique », les professeurs doivent donc privilégier des activités au profit d’autres. Et de conclure : « A l’heure de la refondation de l’école, la réussite de nos élèves issus de classes populaires est sacrifiée sur l’autel de l’austérité budgétaire ».