« M. Ruralité » ne décolère pas. Face au projet de redécoupage de la carte des cantons du Val d’Oise, le conseiller général du canton de Vigny Guy Paris a proposé aux élus vexinois une contre-proposition : la création d’un canton « 100% vexin ».

« Le découpage actuel tel qu’il nous est proposé est hallucinant et aberrant : il n’y a aucune cohérence dans tout cela ! » Guy Paris monte au front. Le conseiller général du canton de Vigny ne veut pas du projet de redécoupage des cantons du Val d’Oise. Au cœur de sa colère : la division du territoire du Vexin en trois cantons, chacun rattachés à des communes « urbaines » de l’agglomération de Cergy-Pontoise, comme Vauréal, Courdimanche, Pontoise ou Saint-Ouen-l’Aumône.


 

Alors, l’élu vexinois a présenté une contre-proposition aux différents élus du territoire. « J’additionne les trois communautés de communes créées sur le Vexin, et j’obtiens un territoire cohérent, homogène et qui répond à la loi (NDLR: voir encadré). » Ainsi, en additionnant les communautés de communes du Vexin Val de Seine, du Vexin Centre et de la Vallée du Sausseron, le conseiller général obtient son canton « 100% Vexin », qu’il nommerait « canton de Magny-en-Vexin.»

 

 

73 communes et 40 % du territoire réunis en un seul canton

Principal reproche à cette proposition, notamment formulé par le préfet du Val d’Oise, Jean-Luc Névache : la trop forte concentration de communes dans un seul gigantesque canton représentant 40% de la surface du département. Pour le représentant de l’Etat, cela induirait une sous-représentation du Vexin, avec seulement deux élus sur 42 au conseil départemental.

Un argument que balaie Guy Paris : « On veut nous faire croire qu’en découpant le Vexin en trois, nous aurons 6 élus. Mais on ne peut pas dire qu’ils travailleront tous dans l’intérêt du Vexin ! Avec le principe d’un seul canton, on sera vraiment sûr d’avoir deux élus issus de ce territoire rural, qui défendront vraiment nos intérêts ! »

« La fracture entre monde rural et urbain va s’élargir »

Pour Guy Paris, le projet présenté par le ministère de l’Intérieur est bien plus dangereux autour de la représentation du Vexin. « Avec ce projet, au fil des années, la ville va se développer, alors que le Vexin est limité à une augmentation de 0,75% d’habitants par an seulement, craint-il. La fracture va s’élargir, et petit à petit, je suis convaincu que les appareils politiques ne proposeront plus que deux élus issus des zones urbaines. »

Le conseiller général est déterminé à défendre ce projet, et a reçu un large soutien des élus du Vexin, ce qui ne le surprend pas. « Nous avons l’habitude de travailler ensemble, même sur de larges distances, explique-t-il. Il y a une unité, une vraie force dans le Vexin. »

La nouvelle loi sur les élections cantonales

La nouvelle loi s’appliquera pour les élections de 2015, rebaptisés « élections départementales. »

– Les électeurs éliront deux conseillers « départementaux » de sexe différent pour chaque canton, contre un à l’heure actuelle.

– Le nombre de cantons est modifié : il est divisé par deux, et arrondi à l’unité impaire supérieure si ce nombre n’est pas entier impair. Il y aura donc 21 cantons dans le Val d’Oise.

– Les cantons doivent obéir principalement à une règle démographique, en respectant l’équité. Pour le Val d’Oise, le total de la population divisé par 21 donne des cantons à 55 770 habitants en moyenne. Le conseil constitutionnel permet 20% de tolérance : les cantons valdoisiens doivent donc comprendre entre 44 616 et 66 923 habitants. La proposition de Guy Paris rentre donc dans ces critères, avec 49 346 habitants.

Retrouvez le reportage de VOtv réalisé à l’occasion de la présentation du contre-projet de Guy Paris aux élus du Vexin, le 3 octobre :

Les élus du Vexin contre le redécoupage par vonews95