Cette exposition propose la redécouverte d’un aspect peu connu de la production picturale de Jules Dupré, essentiellement admiré pour ses paysages bucoliques.

Jules Dupré, qui a étudié la peinture hollandaise du XVIIe siècle, admire tout particulièrement les marines et les vues de ports de Jan Van Goyen (1596-1656). Le musée Louis-Senlecq possède une copie d’une huile sur bois de Van Goyen, Marine par temps orageux, que le jeune peintre a sans doute remarquée au musée des Beaux-arts de Rouen. Toutefois, si quelques œuvres ont été peintes dès 1830, c’est surtout à partir de 1865, date à laquelle le peintre acquiert une maison à Cayeux-sur-Mer dans la baie de Somme que, devant la Manche, Jules Dupré renoue avec les émotions de ses débuts. Entre 1860 et 1880, l’inspiration maritime va devenir prédominante. Plus de 150 tableaux relevant de ce thème figurent dans le catalogue raisonné de l’artiste.

La mer comme autoportrait ?
Ces marines mélancoliques où Jules Dupré cherche à saisir le mouvement précisément insaisissable des vagues et des nuages sont traversées par la même inquiétude métaphysique que les vues de sous-bois qui l’ont rendu célèbre. Le traitement de cette série d’œuvres tardives dans la carrière du peintre est empreint de la touche romantique qui caractérise ses débuts au Salon avec « Environs de Southampton » (1835), le chef-d’œuvre de sa période anglaise acquis en 2011 par le musée d’Art et d’Histoire Louis-Senlecq. Ses toiles composent des séries qui étudient d’infimes variations autour du même thème. Mettant  en scène des bateaux qui évoquent la destinée humaine, accordant peu de place au rivage au profit de l’immensité de la haute mer, Jules Dupré inscrit son approche du genre dans la tradition romantique qui voyait dans le spectacle de l’océan le lieu de la découverte du moi profond
.
Admirateur de la série des Vagues de Gustave Courbet (1819-1877), dont il était l’ami et qu’il a reçu plusieurs fois à L’isle-adam, Jules Dupré partage son goût pour la radicalité du cadrage et l’absence presque systématique de figures qui se limitent à donner l’échelle minuscule et dérisoire de l’homme dans ce cadre grandiose. Toutefois, les tableaux de Dupré s’affirment par leur dimension dramatique : en effet, il n’y a pas d’horizon conciliateur dans ce « territoire du vide » où se reflète l’âme tourmentée du peintre.

Du 24 novembre 2013 au 13 avril 2014,
Le musée Louis-Senlecq de L’Isle-Adam détient la troisième collection française d’œuvres de Jules Dupré.

Orage en Mer-Jules Dupré-© Photographie Henri Delage

Musée d’Art et d’Histoire Louis-Senlecq
31, Grande-rue à L’Isle-Adam
01 34 08 02 72

musee@ville-isle-adam.fr

www.musee.ville-isle-adam.fr