Exclusion d’adjoints, départs du Parti Socialiste, accusation de pressions, menace de plainte pour diffamation… le Parti Socialiste à Goussainville n’en finit plus de se déchirer à quelques mois des élections municipales. 

C’est un épisode de plus dans la vie mouvementée de la famille socialiste de Goussainville. Quelques heures avant le conseil municipal exceptionnel organisé mardi soir, qui a débouché sur le retrait des fonctions de cinq adjoints socialistes et écologistes, une élue PS a jeté un nouveau pavé dans la mare. Sonia Yembou, conseillère municipale annonce qu’elle claque la porte du Parti Socialiste en raison de pression qu’elle aurait subi de la part de Luc Broussy.

Dans une longue lettre ouverte, elle porte de lourdes accusations contre le patron du PS local et candidat investi par son parti aux municipales. Elle montre aussi du doigt l’ex adjointe PS Cécile Madura. « Luc Broussy et Cécile Madura m’ont menacée et se sont introduits dans ma sphère privée. Ils ont osé franchir la limite de ma vie privée et de ma vie professionnelle ». Et de préciser : « C’est surtout, et c’est le plus grave, Cécile Madura, qui s’est permise d’aller voir mon employeur (le député maire PS d’Asnières) pour faire circuler des propos diffamatoires à mon sujet et lui suggérer des actions de rétorsion contre ma personne ! Mais de quel droit ? », interroge Sonia Yembou dans sa lettre, avant de réitérer ses propos contre Luc Broussy devant la caméra de VOtv mardi soir :


Luc Broussy dénonce le courrier de Sonia Yembou « du délire absolu »

Luc Broussy promet de contre attaquer par voie judicaire. « Cécile Madura et moi-même avons confié à Maître Adélaïde Piazzi, avocate à Gonesse, le soin de porter plainte pour diffamation et injures publiques », explique le chef de file socialiste, évoquant un courrier relevant « du délire absolu ». Il dément formellement les propos de Sonia Yembou. Selon lui, la nouvelle maire adjointe ne donne pas les vraies raisons de son départ du Parti Socialiste : « Sonia Yembou prend prétexte de ces supposées pressions pour justifier sa démission du PS. Il n’en est évidemment rien ». Et d’expliquer : « Hier soir, Sonia Yembou a été élue maire-adjointe en remplacement des maires-adjoints PS destitués. Elle savait donc que ce geste conduirait d’office à son exclusion du PS. Elle a choisi de précéder son exclusion en démissionnant sous un prétexte dont nous démontrerons devant la justice qu’il est fallacieux et diffamatoire ».


Cécile Madura : « A aucun moment je n’ai fait pression sur son employeur »

Egalement sous le feu des accusations, Cécile Madura monte au créneau : « C’est honteux. C’est de la paranoïa de sa part. Elle voulait justifier son départ car de toute manière la fédération l’aurait exclue étant donné qu’elle a fait le choix de suivre Alain Louis. » Madura reconnaît avoir récemment croisé « par hasard » le député maire PS d’Asnière pour qui travaille Sonia Yembou, tout en soulignant : « A aucun moment je n’ai fait pression sur son employeur. Je l’ai rencontré par hasard alors que je déjeunais avec Monsieur Blazy [député maire PS de Gonesse] à l’Assemblée Nationale. Nous avons parlé de la situation un peu étrange de Goussainville. A un moment donné, je lui ai effectivement dis "tiens tu as une employée élue à Goussainville. Elle n’a pas encore pris position" Mais c’est tout ! »

Mardi soir, Sonia Yembou est devenue adjointe au maire. Luc Broussy et tous les élus qui le soutiennent, eux, ne sont plus adjoints. Un conseil muncipal sous haute tension où notre journaliste présente n’a pas été autorisée à filmer. La police municipale avait été réquisitionnée pour rappeler à l’ordre les reporters locaux. Le PS, et au-delà la gauche divisée en deux camps, n’en finit pas de régler ses comptes. La candidate UMP Elisabeth Hermanville, elle, s’amuse à compter les points… et attend son heure.


A suivre … le reportage de VOtv sur le Conseil


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