« Nous souhaitons proposer un projet plus dynamique avec davantage de concertation », explique Muriel Scolan, 59 ans. Impliquée dans la vie municipale depuis 1989, l’actuelle 2e adjointe au maire de Deuil-la-Barre affirme que les 13 élus ont quitté l’UMP Jean-Claude Noyer faute d’avoir pu le convaincre de changer « ses méthodes ».

 « Quand M. Noyer a annoncé qu’il se représentait, nous avons créé un groupe de travail et écrit un projet pour le mandat suivant. Nous lui avons présenté, en lui expliquant que nous voulions travailler différemment avec davantage de concertation avec la population. Il n’a malheureusement pas apprécié la démarche, nous expliquant qu’il était le seul conducteur dans la voiture, rapporte Muriel Scolan. A l’époque nous n’étions que quatre. Petit à petit, d’autres élus nous ont rejoint et la question de présenter une liste a fini par se poser. Nous travaillons aujourd’hui au projet dans un esprit très serein ». Quatre élus au départ, treize à l’arrivée qui se désolidarisent du maire sortant, une hémoragie ! Treize élus, c’est la moitié des membres de la majorité de Jean-Claude Noyer. Et selon Muriel Scolan, d’autres élus auraient fait le choix de ne pas repartir avec le maire sortant.

Si ces treize élus – dont cinq adjoints (1) – ont d’abord rejeté « les méthodes » du maire sortant, qu’ils résument par un manque de concertation, ils ont fini par s’interroger sur la voie choisie par Jean-Claude Noyer. « La sociologie de Deuil-la-Barre change beaucoup, on pense que l’on peut faire différemment », soutient Muriel Scolan (photo) qui devrait conduire la liste. La 2e adjointe au maire doit développer la démarche de son équipe dans une lettre qui sera adressée la semaine prochaine aux habitants.
 
Muriel Scolan : « Si l’on part à treize élus de la majorité,
ce n’est pas un caprice. Nous avons une autre vision »
 
 Dans leur courrier, les treize élus devraient présenter les « grands défis » qu’ils ont identifiés pour leur ville. Et d’abord « une politique de développement durable pour garder à Deuil-la-Barre cet esprit vert qui fait que les gens viennent y vivre ». Il serait aussi question de « culture, éducation, de sécurité et prévention, de fiscalité maîtrisée ». Et une ambition : « réactualiser les services pour les rendre plus proches des habitants au quotidien ». Autant de sujets que les 13 élus devraient également développer à l’occasion d’une conférence de presse prévue la semaine prochaine.
 
La liste Scolan fait le pari que sa démarche n’apparaîtra pas comme un choc d’ambitions à droite face à un maire âgé de 73 ans réinvesti en octobre par l’UMP.  « Si l’on part à treize élus de la majorité, ce n’est pas un caprice . Nous avons une autre vision de Deuil la Barre. Il y a une attente sur la ville de personnes de bonne volonté, de droite ou de gauche, qui veulent une liste alternative, pas politicienne et qui veut monter un projet avec les habitants. »
 
Un soutien de l’UDI ?
 
Muriel Scolan n’est pas inscrite dans un parti politique. Sa liste pourrait cependant recevoir le soutien de l’UDI. C’est en tout cas le souhait de son président départemental. « J’ai émis un avis favorable. Ce sont des gens que je connais bien, des maires adjoints issus de l’ancienne équipe, je les estime sérieux. Ce n’est que mon avis personnel, déclare Michel Montaldo. C’est l’UDI nationale qui tranchera ». Réponse le 9 décembre des instances nationales du parti de Jean-Louis Borloo. D’ici là, les treize élus auront fait connaître leurs ambitions pour Deuil-la-Barre et commencé leur campagne.

(1) Les cinq adjoints qui se désolidarisent de JC Noyer : Muriel Scolan, Daniel Mary, Michel Beau, Dominique Petitpas, François Sigwald

 
Jean-Claude Noyer : « J’ai une légitimité ! »

Le maire UMP de Deuil-la-Barre s’attendait à être concurrencé en interne. « Je le sentais. Ils ont passé le pas ». Il affirme avoir encore des projets pour Deuil-la-Barre

 « J’ai une légitimité. J’ai reçu une investiture (celle de l’UMP), j’ai des gens qui me suivent et qui sont enthousiastes », lance Jean-Claude Noyer quand on lui demande s’il redoute la candidature de sa 2e adjointe. Quand on lui fait remarquer que Muriel Scolan est suivie par douze élus de sa majorité, il reconnaît que c’est « beaucoup » avant d’ajouter « il y a toujours des gens qui ont le complexe d’Iznogoud », être calife à la place du calife.

Quant aux critiques sur le dynamisme et le manque de concertation, Jean-Claude Noyer répond que « le dynamisme, je pense l’avoir prouvé par mon bilan. Pour la concertation, j’ai tenu des réunions publiques où les gens s’expriment. La concertation avec les habitants, elle est permanente. Je sors de mon bureau prendre une cigarette et j’échange avec les gens ». 
 
« A 73 ans, je n’ai pas le sentiment d’être un homme fini, je pense être aussi dynamique et optimiste, renchérit Jean-Claude Noyer, avant d’ajouter amusé : les exemples sont nombreux de gens venus aux affaires au-delà de cet âge, je pense à Clémenceau même si je ne me compare pas à lui ». 

Surtout, le maire UMP de Deuil-la-Barre affirme avoir encore des ambitions pour sa ville. « J’exposerai mes projets et il y en a beaucoup. La ville est loin d’être achevée, on pourra encore la moderniser. Des quartiers ont besoin d’être relookés, il est important de comprendre une population plus jeunes dont il faut bien accueillir les enfants, il faut aussi dynamiser emploi et commerces. » Jean-Claude Noyer n’en dira pas plus. Il entend commencer sa campagne mi janvier, avec une liste rajeunie. Et de conclure : « Par gros temps il vaut mieux avoir un vieux loup de mer comme capitaine que des gens qui n’ont pas d’expérience ».