Fabrice Rizzoli, candidat officiel du parti socialiste, lancera sa campagne samedi à 11 h sur le marché de Deuil-la-Barre sans le soutien du candidat PS en 2008, Daniel Boulain, et des conseillers municipaux socialistes. La primaire PS a laissé des traces. 
 
Le 11 octobre dernier, les militants PS de Deuil-la-Barre ont été invités à voter pour celui qui les représenterait aux élections municipales de mars prochain. Ce jour-là, ils devaient départager Daniel Boulain, le candidat PS de 2008, et Fabrice Rizzoli (photo) le secrétaire de la section PS de la ville. Ce dernier l’a finalement remporté par 16 voix contre 11. 
 
Après l’annonce du résultat, si Fabrice Rizzoli a fait connaître son intention de travailler main dans la main avec Daniel Boulain, ce dernier a déposé un recours pour « irrégularités » auprès de la fédération socialiste du Val d’Oise. Il a ensuite remonté le dossier à la rue de Solférino, le siège parisien du PS. En vain. Le contentieux a duré jusqu’au 7 décembre, date à laquelle Fabrice Rizzoli a officiellement été désigné par le PS. 

Daniel Boulain : "Travailler pendant 6 ans avec une personne en qui je n’ai pas confiance me pose problème"
 
« Je n’irai pas sur la liste de Fabrice Rizzoli, tranche aujourd’hui Daniel Boulain (photo). Travailler pendant 6 ans avec une personne en qui je n’ai pas confiance me pose problème. C’est une décision personnelle. Pour ce qui est des autres membres de ma liste, nous ferons prochainement un communiqué de presse pour préciser l’attitude de chacun.” 
 
Le candidat investi par le PS veut encore croire à une réconciliation. « J’ai tout fait pour rassembler Daniel Boulain et les deux autres élus PS. Aujourd’hui, ils ont décidé de ne pas travailler avec moi. J’essaye de rassembler depuis deux mois. Une liste, ça se dépose en février », se rassure Fabrice Rizzoli.
 
Le candidat PS est visiblement ennuyé par cet épisode qui survient à quelques jours de son lancement de campagne, samedi midi sur le marché de Deuil-la-Barre. « J’ai une équipe et pas de problèmes, assure le candidat PS. On se réunit tous les mercredis, on bosse depuis un an. On avait une réunion publique en début de semaine sur la politique de la ville. Tous les dimanches soir, je suis en porte à porte ».
 
Si Fabrice Rizzoli veut croire encore à une issue heureuse avec l’équipe Boulain, ce dernier a visiblement d’autres projets. « Je suis en retrait pour l’instant, mais je reste ouvert à toute éventualité qui pourrait se présenter », lâche l’intéressé. Quelle éventualité ? Un rapprochement est-il envisageable avec une autre liste à gauche, celle d’Eric Peschot de l’association Bouge la Ville ? « Cela m’engagerait à une démission du PS. Pour l’instant, je ne l’envisage pas. Je laisse les portes ouvertes aux gens de gauche qui auraient envie de travailler à un projet pour la ville », conclut énigmatique Daniel Boulain qui promet d’être plus précis avant la fin de l’année.
 
Si l’ex candidat PS de 2008 n’est pas bavard, c’est que des discussions ont commencé avec Eric Peschot. Ce dernier confirme échanger sur les municipales avec les conseillers municipaux PS de Deuil-la-Barre, dont Daniel Boulain, mais pas uniquement. « Nous avons commencé nos ateliers citoyens depuis fin novembre, ils se poursuivent. Nous sommes en discussion dans une logique de rassemblement avec tout le monde. Nous avons discuté avec Europe Ecologie Les Verts. Nous participons aux ateliers de l’association qui soutient M. Rizzoli et nous discutons aussi avec l’ensemble des élus de gauche au conseil municipal. Notre logique est de dire que la ville de Deuil la Barre a besoin d’un véritablement changement et il doit passer par un rassemblement avec un véritable projet », explique Eric Peschot qui avait obtenu 11,80% des suffrages en 2008. Lors des dernières municipales, le socialiste Daniel Boulain totalisait 36,07%. Le maire UMP Jean-Claude Noyer avait été réélu au 1er tour avec 52,12 % des suffrages exprimés.
 
Fabrice Rizzoli : "la gauche est majoritaire depuis 2010 sur tous les scrutins"
 
A la lecture des résultats de 2008 et des élections qui ont suivi, la gauche deuilloise veut croire en ses chances. « La gauche est majoritaire depuis 2010 sur tous les scrutins. Il y a un terreau fertile », estime  Fabrice Rizzoli, qui était candidat suppléant aux législatives de 2012. Daniel Boulain fait la même analyse, et il évoque une majorité en difficulté sur plusieurs dossiers, dont la rénovation urbaine, les finances, le passage à niveau de Deuil-Montmagny. Eric Péschot constate pour sa part « une situation locale particulière avec deux listes de la majorité municipale et peut être une troisième liste à droite (lire notre précédent article). »
 
Eric Peschot : "Il faut aller au-delà des logiques personnelles et des questions d’ambition"
 
Et Eric Peschot de conclure : « Il faut aller au-delà des logiques personnelles et des questions d’ambition, même si elles sont parfois légitimes. » Surprise de Fabrice Rizzoli : « Aux dernières nouvelles, ils (Bouge la Ville et Eric Peschot) font une liste de 1er tour, s’étonne le candidat PS avant d’ajouter : Je suis dans une logique de rassemblement. En terre de droite, la gauche ne peut pas se permettre d’être divisée »
 
"Rassemblement", le mot revient régulièrement dans la bouche des différents protagonistes à gauche. S’ils jugent que Deuil-la-Barre pourrait basculer, ils peinent pour l’instant à s’entendre.