Lors des municipales de 2014, le maire PS sortant d’Auvers-sur-Oise devra faire face à Claire Houbert, conseillère municipale d’opposition et désormais Isabelle Mézières qu’il a côtoyé dans sa majorité. Elle se présente aujourd’hui contre lui avec le soutien de l’UMP 95.

Un seul fauteuil pour trois prétendants. A Auvers-sur-Oise, deux femmes partiront à la conquête de la mairie, aux mains du socialiste Jean-Pierre Béquet depuis 1989. La première sera une bonne connaissance de l’élu : Isabelle Mézières, 47 ans, faisait partie de la majorité municipale depuis 2008, avant sa démission il y a deux ans. Tête de liste de « Tous unis pour Auvers », la candidate bénéficiera du soutien officiel de l’UMP 95 qu’elle a demandé. Un choix assumé. « Les polémiques, je m’en fiche », explique Isabelle Mézières, qui mènera une liste « UDI, UMP, Centriste, Sociale démocrate et non inscrits ». Non encartée, elle s’est laissée convaincre par les personnalités de droite de sa liste de demander l’aide de l’UMP. « Toutes les bonnes volontés sont les bienvenues ».

Avec cette candidature, Isabelle Mézières entend retrouver une « liberté de parole». « Jean-Pierre Béquet a politisé Auvers », estime l’ancienne conseillère en charge de la culture, qui avait démissionné estimant ne plus se reconnaitre dans la majorité. « Aujourd’hui on tente de porter la parole des Auversois ». Son cheval de bataille, l’urbanisme. « Le projet actuel est absolument incompréhensible », juge la candidate, qui pointe du doigt la construction de logements « sans études préalables ». Et d’ajouter : « Il va falloir dénoncer ce qu’il n’a pas dit aux habitants ». Autre combat, le redécoupage des cantons auquel s’oppose fermement Isabelle Mézières. « On ne veut pas devenir une banlieue de Saint-Ouen-l’aumône ».

« On est en campagne depuis longtemps », Claire Houbert

L’autre concurrente à la mairie n’est pas non plus une nouvelle venue. Claire Houbert mènera en 2014 la liste « Auvers Demain ». Un rassemblement qui se veut indépendant de tout parti politique. La candidate n’a réclamé aucun soutien aux partis du Val d’Oise. Pas question, cependant, de critiquer l’autre prétendante au siège de maire. « Mon seul adversaire, c’est le maire », assure-t-elle. Elle a renforcé son opposition ces dernières années. « On est en campagne depuis longtemps avec des gens de tous bords ».

Déjà très investie sur les questions d’urbanisme de la commune, notamment en participant aux discussions autour du Plan Local d’Urbanisme (PLU) d’Auvers-sur-Oise, Claire Houbert appelle à travailler dans « un esprit calme ». Si elle a déjà manifesté son opposition au projet de construction d’un lotissement dans le quartier du Valhermeil, la candidate a bien conscience des difficultés rencontrées par la commune, loin de respecter le taux de logements sociaux imposé par la loi SRU. Un texte qu’elle entend respecter si elle est élue, même si celà lui semble « techniquement compliqué », de construire tout en préservant le paysage de la commune. Une équation compliquée que Claire Houbert appelle à résoudre en concertation. « Auvers Demain », qui poursuit son opération de porte à porte depuis de longs mois, mènera également campagne autour des services de proximité, un thème important pour la population à en croire sa tête de liste.

« Le jour où je n’aurai plus la flamme, j’arrêterai », Jean-Pierre Béquet

Candidat à un cinquième mandat, Jean-Pierre Béquet entend bien donner un nouveau souffle à sa politique. « Ma liste sera rénovée à environ 50%. Il y aura beaucoup de nouveaux et notamment des jeunes ». De quoi faire taire ses détracteurs qui lui reproche de s’essouffler : « J’y vais à 150%. Le jour où je n’aurai plus la flamme, j’arrêterai». Pas encore officiellement en campagne, le maire sortant dévoilera son programme au début de l’année 2014. Il promet déjà « des idées nouvelles » et déclare ne pas vouloir s’inscrire dans une simple « continuité ».

En attendant, il tire à boulet rouge sur Isabelle Mézières, revenant sur le soutien de l’UMP à sa candidature. « Je comprends mieux sa démission », explique-t-il, critiquant les « convictions instables » de l’ancienne élue. Et de conclure : « Elle semblait ne pas aimer travailler collectivement ».