Ce week-end, la municipalité de Goussainville a fait annuler in extremis un séminaire « roqya » qui devait être animée par Menad Benchellali, condamné à dix ans de prison en 2006 pour « association de malfaiteurs en relation avec une entreprise terroriste ». De quoi agacer Luc Broussy, candidat PS-EELV aux municipales et Christophe Credeville, tête de liste de Goussainville Bleu Marine.

 En pleine campagne des municipales, l’affaire a fait grand bruit à Goussainville. L’occasion était trop belle pour ne pas en profiter. Un séminaire « roqya », consistant  soigner en récitant les versets du Coran, animé par Menad Benchellali, aurait du se dérouler dimanche à la MJC communale. Problème, les locaux avaient officiellement été loués pour un baptême. Ainsi, Luc Broussy, tête de liste PS-EELV, tir à boulet rouge sur le maire, Alain Louis. « Des règles drastiques de réservation de salle ont été récemment mises en place à Goussainville puisque les candidats aux élections ont été informés que toute réservation devait être préalablement visée par le Cabinet du maire », précise le candidat, avant d’ajouter : « Goussainville est ainsi devenue une ville où réserver une salle municipale est devenue chose plus aisée pour un islamiste radical condamné pour terrorisme que pour le conseiller général et député-suppléant socialiste ! » Une communication ayant été mise en place par l’organisateur, Luc Broussy s’étonne également que le maire n’est pas pris connaissance plus tôt de l’évènement. « Il y a eu là un dysfonctionnement inquiétant sur lequel le Groupe Socialiste et    Vert du Conseil Municipal demande des éclaircissements. »

« Cette affaire n’est pas isolée », Christophe Credeville

Egalement candidat aux municipales, Christophe Credeville, égratigne dans un communique ses deux concurrents. « Cette affaire n’est pas isolée », estime ainsi la tête de liste de « Goussainville Bleu Marine ». Et d’ajouter : « Elle révèle un mode de fonctionnement propre à la mairie sous le règne d’Alain Louis-Luc Broussy, qui consiste à encourager le clientélisme communautaire, à fermer les yeux sur l’intégrisme religieux qui menace notre pacte républicain, à tolérer les atteintes à l’ordre public et à nos valeurs. La décision de construire une grande mosquée, sur un terrain cédé par la mairie à une association douteuse et à des prix défiant toute concurrence, en est un autre symbole ».

Des déclarations qui ont fait réagir Luc Broussy, qui dénonce « un infâme torchon qui met volontairement dans le même sac la conférence de cet islamiste radical et la construction de la     Mosquée ».