La programmation 2014 du Carreau de Cergy s’ouvre sur un artiste dont l’illustre nom évoque à lui seul toute la poésie, la précision et la profondeur des œuvres qui lui sont associées. « Robert Doisneau. Clin d’œil au quotidien » propose de toucher du doigt l’étendue du travail du photographe à travers 110 photographies originales en noir et blanc et sept clichés reproduits en grand format, dont « Le Baiser de l’Hôtel de Ville ».

« Photographe : petit bonhomme solitaire qui prend l’homme pressé par le bras et lui montre le spectacle gratuit et permanent de la vie quotidienne. »
Robert Doisneau

Autoportrait, Villejuif – 1949
Robert Doisneau

Né à Gentilly en 1912, Robert Doisneau préfère très jeune la rue, ses images, ses bruits et ses odeurs à l’environnement petit-bourgeois dans lequel il grandit. Il découvre en 1931 le milieu artistique chez André Vigneau qui l’encourage à produire ses propres photos. Suit une expérience chez Renault, soldée par un licenciement pour retards répétés, qui le pousse à multiplier ses déambulations dans les rues de Paris et de sa banlieue, et à aiguiser son oeil sur des sujets puisés dans son quotidien. Doisneau devient ainsi, en 1939, photographe indépendant.
C’est dans l’euphorie de l’après-guerre qu’il accumule les clichés qui le rendront célèbre, en-dehors des commandes qu’il accepte pour subvenir aux besoins de sa famille. Témoin de la vie quotidienne, il photographie avant tout le monde de la rue dans lequel il aime baigner, sans pour autant négliger le monde artistique et les célébrités dont les innombrables portraits restent marqués de son sceau.
Quand il décède, en avril 1994, Robert Doisneau laisse derrière lui quelque 450 000 négatifs qui racontent son époque avec un amusement tendre et bienveillant qui ne doit toutefois pas masquer la profondeur de sa réflexion, sa réelle insolence face au pouvoir et à l’autorité, et son irréductible esprit d’indépendance
Photographe humaniste
Aux côtés de Henri Cartier-Bresson, André Kertész, Ergy Landau ou encore Willy Ronis, Robert Doisneau fait partie du courant de la photographie humaniste. À travers l’objectif de leurs appareils photos, c’est l’homme du peuple et le quotidien qui sont représentés de manière tour à tour théâtrale, merveilleuse ou poétique.
Parallèlement à cette volonté de témoigner de la vie quoti¬dienne, de nombreux photographes humanistes affirment leur engagement idéologique ou leur espérance en l’homme, et leur solidarité active envers les plus démunis.

110 photographies originales

Pêcheur d’images

La série « Pêcheur d’images » conduit les visiteurs sur les traces de Robert Doisneau au fil des années, des lieux et des instants de vie saisis par son appareil photo grâce à 70 photographies réalisées entre 1930 et 1990. De photo¬graphe, Robert Doisneau devient un historien-poète en nous rappelant notre passé toujours avec humour, humanité et parfois un brin de nostalgie.

Les Grandes vacances
Une deuxième série de 40 photographies vous plonge dans l’Histoire avec un tournant majeur dans la vie des Français : la création des congés payés et du week-end de deux jours, ayant pour conséquence majeure la découverte joyeuse des temps de loisirs et de vacances. « Les Grandes vacances » sont un véritable témoignage de l’évolution des congés payés des Français depuis 1936 jusqu’à ceux de l’été 1961.

Ces deux séries de photos présentées au Carreau racontent, au fur et à mesure des clichés, 60 ans de joie qu’ont procurées à Doisneau ses incessantes déambulations dans les rues de Paris et de sa banlieue sud.
Des bistrots aux portraits d’artistes, des photos de mode aux instantanés des jeux d’enfants, des grands mouve¬ments sociaux au simple quotidien, l’œuvre de Doisneau nous prend par la main et nous mène vers l’Histoire.
Si Robert Doisneau restera toujours le poète de Paris et de sa banlieue proche, entre le 18 janvier et le 20 avril, c’est un peu plus loin, à Cergy, que seront exposés ses clichés.

« Le Carreau programme en chaque début d’an¬née un photographe de renom. Après Yann Arthus-Bertrand en 2012 et Raymond Depardon en 2013, comment ne pas accueillir le photographe préféré des Français ? Robert Doisneau a marqué le XXe siècle en figeant des scènes de rue qui font jaillir des souvenirs et ressemblent tant à celles de nos albums de famille… Sans basculer totalement dans la nostalgie du temps révolu, c’est avec beau¬coup d’émotion que nous offrons cette exposition aux Cergyssois ».
Alexia Bayet, commissaire du Carreau, espace des arts visuels de la ville de Cergy

Robert Doisneau
Clin d’œil au quotidien
18 janvier – 20 avril

L’Histoire, comptée par Doisneau

Visites guidées – gratuit
■ Individuels : sans RDV, se présenter auprès de l’ac¬cueil, un médiateur vous guidera dans l’exposition selon le temps dont vous disposez.
■ Entreprises : sur réservation, les mardis et jeudis hors vacances scolaires, visites éclair de 30 min sur la pause-déjeuner, à 12h30, 13h et 13h30. Café offert à l’issue de la visite.
■ Scolaires et centres de loisirs : sur réservation, du mardi au vendredi de 9h à 17h. Possibilité d’atelier suite à la visite. Durée 1h30.
■ Autres groupes : sur réservation, du mardi au ven¬dredi. Durée 1h.
Un dossier pédagogique de l’exposition est à disposition sur simple demande.

Autour de l’expo

Pour chacune de ses expositions, Le Carreau met en place une série d’animations gratuites qui per¬mettent d’assouvir la soif de connaissance des visiteurs les plus curieux.

Vernissage ouvert à tous
Vendredi 17 janvier à 18h30

Dans un surprenant mélange de danse hip-hop et d’œuvres photographiques, savourez lors de cette soirée la perfor¬mance des 7 danseurs de la compagnie professionnelle Mac Tutt.

Les secrets de la photo argentique
Lointaine semble l’époque de la photographie argentique pratiquée par Robert Doisneau. Les plus jeunes visiteurs de l’exposition n’ont même jamais connu autre chose que l’appareil numérique et le téléphone portable. Tous les se¬crets de la photographie argentique se dévoilent lors des ateliers « Construire sa boîte à image », consistant à fabriquer l’objet à l’origine de la photographie, le sténopé, et « Photographier et développer soi-même ». Deux bonnes occasions de se replonger avec plaisir dans une époque révolue ou bien de découvrir les plaisirs de ce mécanisme de la photographie.

Découvrir la photo autrement
Les œuvres de Doisneau sont d’une incroyable force d’ins¬piration. Elles seront le terreau de la création de textes de slam et de leur interprétation. Ses photographies ont également un parfum de nostalgie, d’une époque révolue que l’atelier « Petits jeux pour grands moments » propose de redécouvrir à travers la fabrication de toupie, marelle, memory et autres jeux d’un autre temps. Les ateliers des enfants proposent aux 8-12 ans de découvrir le photographe de manière ludique, par le jeu et la création artistique.

La photo au XXIe siècle

Aujourd’hui, la technologie permet de repousser les fron¬tières du réel et d’assouvir toutes les volontés de l’imagina¬tion ! L’atelier « Autour du numérique » permet de découvrir les techniques des appareils photos numériques et des téléphones portables, de la retouche photo et de la création sonore et musicale à partir d’une photo.
Dates, heures et lieux des animations à retrouver sur le site Internet de la ville de Cergy :www.ville-cergy.fr.

Finissage
Samedi 19 avril, 15h30 et 17h00

La compagnie de danse contemporaine Black Bakara, en résidence à Cergy, s’adonne à la photo dansée. Le long d’un fil déroulé d’une photo à l’autre, les 7 danseurs animeront les personnages pris au piège par l’appareil de Doisneau, dans une création originale du chorégraphe Frédéric Costallat.
18h00 : Déclamation par leurs auteurs des textes écrits lors de l’atelier slam, sous la direction de l’artiste Ozarm.

Dimanche 20 avril, 15h00 – 17h00

Projection du film Doisneau Des Villes, Doisneau Des Champs en présence du réalisateur Patrick Cazals, auteur de plus de cinquante documentaires depuis 1976 et fondateur de la maison de production « Les Films du Horla », en 1987. Ce film se veut une balade sans nostal¬gie à Paris et dans le Lot chers au photographe, animée par cette tendresse et cet humour qui font que chaque cliché de Robert Doisneau est une leçon d’humilité et d’humanité. Suivi d’un échange avec le public. Limité à 80 places.

Le Carreau
Espace des arts visuels de la ville de Cergy
3-4, rue aux herbes  
Entrée libre