L’AURORE
Friedrich W. Murnau – Alain Moget
>ciné concert – création 2013-2014

jeudi 30 janvier – 19h30
vendredi 31 janvier – 14h30 & 20h30
L’-Théâtre des Arts, place des Arts / Cergy-centre

>dans le cadre de Périphérique festival des Arts mêlés 10è
>en partenariat avec RGB 99.2 FM

>interview d’Alain Moget sur RGB 99.2 FM

« Donner une lecture musicale inédite et somptueuse à L’Aurore. » Tel était le projet d’Alain Moget lorsqu’il a composé la musique destinée à accompagner le célèbre film de Murnau. « Le plus beau film du monde » selon Truffaut tient à ce mélange singulier de « tragédie, de burlesque et d’infinie tendresse ». Un savant tissage d’émotions intenses sur lequel prend appui la musique appliquée au cinéma muet d’Alain Moget. Sa partition, instrumentale et vocale associe violoncelle, flute et piano à deux voix féminines. La virtuose alchimie de ce double jeu de la musique avec l’image agit comme un souvenir.

LE FILM, UNE ÉPOQUE
Un jeune fermier américain tombe amoureux d’une citadine séductrice venue passer des vacances à la campagne au bord d’un lac. Délaissant sa famille et la vie paysanne, il se laisse convaincre de noyer son épouse mais recule au dernier moment, au milieu du lac, effrayé lui-même de son projet. Suit un périple mouvementé dans la ville au cours duquel il tente de regagner son amour et sa confiance…

L’Aurore est le premier film de Murnau tourné aux USA. Fort de la réputation et du succès de ses films allemands (Nosferatu, Faust, Le Dernier des hommes), il bénéficie d’un budget considérable et du privilège de choisir lui-même son équipe. Dans ce film, le cinéaste maîtrise tous les registres de l’émotion en les inscrivant dans l’unité d’une fable cinématographique par laquelle il montre les relations humaines dans leur intime complexité. Il nous fait passer du rire aux larmes avec le sentiment de nous conduire au plus près de l’universel et met au service de son projet artistique des techniques cinématographiques innovantes, comme une caméra très mobile et d’incomparables plans-séquences d’une virtuose efficacité. L’Aurore remportera trois Oscar®, dont celui du Meilleur film 1927.

POINT DE VUE SUR LA MUSIQUE APPLIQUÉE AU CINÉMA MUET
La musique, quand elle s’applique au cinéma muet, contribue à restituer leur chair à ces ombres de lumière. J’aime le cinéma muet et j’aime aussi la radio. Dans une sorte de contraire absolu qui les réunit, l’un et l’autre donnent plus intensément sa présence au corps, en raison même du manque qui les fonde : l’absence de son, chez l’un, l’absence d’image, chez l’autre, placent paradoxalement ce corps au centre de la perception, un corps qui se construit alors dans l’imaginaire et donne chair à notre émotion. Et dans ce même mouvement, dans l’intime aller et venue entre celui qui regarde l’œuvre et l’œuvre qui le regarde, notre émotion rend leur substance à ces corps, une substance et du sens. C’est à la réussite de ce phénomène que la musique entend contribuer, en proposant une lecture qui est le fruit d’un regard et d’un point de vue, dans une approche dramaturgique qui articule, pour reprendre la pensée de Pasolini sur cette relation singulière, l’horizontalité d’un processus linéaire (alliant des rythmes et des tempos) à la verticalité d’un travail sur la profondeur de l’image, profondeur dont la musique renforce l’illusion et la valeur poétique en agissant sur le sens et l’émotion. (…) C’est bien ce travail à double sens, ce double jeu de la musique avec l’image qu’il s’agit de mettre en œuvre, dans une alchimie où se nouent alors les liens, pour un moment indissociables, de l’image et de la musique. Et cette musique, c’est la musique d’un regard.
Alain Moget

C’est de son expérience de l’écriture musicale pour le théâtre qu’Alain Moget a tiré les modalités originales d’application de la musique au cinéma muet qu’il met en œuvre depuis 1985. Il avait alors accompagné Les Misérables (Henri Fescourt, 1925), puis Les Vampires (Louis Feuillade, 1915-1916) pour le Cinquantenaire de la Cinémathèque française (1986) au Théâtre national de Chaillot, ciné concerts repris dans différentes scènes nationales (Le Havre, Orléans, Poitiers, Malakoff…). Son compagnonnage de plus de vingt-cinq ans avec la Cinémathèque française, comme avec de nombreuses institutions artistiques et culturelles, lui a permis d’aborder, en tant que compositeur et pianiste, un large éventail de réalisateurs aux univers très différents. Ce parcours fait de lui une des références dans le champ de la musique appliquée au cinéma muet.

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Distribution
piano, composition, direction musicale Alain Moget • chant Natacha Moget • chant, percussions Mylène Padoan • violoncelle Thibaud Verbe • flûte Aline Cheminade • conseillère artistique Mylène Padoan • avec projection du film L’Aurore, Sunrise : The Song of Two Humans de Friedrich Wilhelm Murnau, scénario de Carl Mayer d’après la nouvelle d’Hermann Sudermann Le Voyage à Tilsitt

informations pratiques
Tarif plein 13 € – tarif réduit 10 € – groupe scolaire 9 € – tarifs abonnés 4 € à 9 €
Réservations au 01 34 20 14 14 – www.lapostrophe.net – reservation@lapostrophe.net