Les maires PS réélus au 1er tour se comptent sur les doigts d’une main. A l’UMP, ils sont nombreux et totalisent des scores élevés. Retour sur les surprises et enseignements de ce dimanche d’élections.

Si le PS a fortement souffert sur le plan national, certains élus socialistes sont à la peine dans le Val d’Oise. Le plus en danger, c’est certainement François Balageas à Eaubonne qui perd 6 points par rapport au scrutin de 2008 avec 35,27% des voix. L’UMP Grégoire Dublineau, fort de ses 40,38%, pourra sans doute compter sur les voix de l’UDI Jean-Noël Sanchez pour espérer passer la barre des 50% au second tour. 

Autre déconvenue pour les socialistes : le faible score de l’ancien ministre de la défense Alain Richard à Saint-Ouen-L’Aumône (46,85% au lieu des 60,26% de 2008). Idem pour la sénatrice Dominique Gillot qui passe de 55,98% en 2008 à 30,65% cette année. En cause, la candidature de son ancienne adjointe, l’écologiste Pierrette Borgne qui totalise 14,04% des voix. 

A Taverny, le divers gauche sortant, Maurice Boscavert, associé au socialiste Rachid Temal, se voit imposer un second tour avec 31,63%. En 2008, le maire de Taverny avait été confortablement élu dès le premier tour (53,06%). Là encore, c’est un ancien adjoint, le Front de Gauche, Bruno Devoize (13,44%), qui sème le trouble au premier tour. La candidate UMP n’est pas assurée pour autant de l’emporter. Florence Portelli, bien qu’arrivée en tête, sera handicapée par la présence au second tour du Front national.

La dernière surprise vient d’Auvers-sur-Oise, où le maire socialiste Jean-Pierre Béquet perd 10 points par rapport à 2008. Avec 34,44%, le maire sortant arrive second derrière la liste divers droite d’Isabelle Mézières (40,51%), son ancienne adjointe. La clé du scrutin, et l’avenir de Jean-Pierre Béquet, se trouve entre les mains de Claire Houbert, qui a annoncé ne pas vouloir se maintenir malgré ses 17,95%. Les tractations ont déjà commencé à Auvers-sur-Oise.

Les paris perdus des socialistes

Il savait qu’il prenait un risque en quittant Sarcelles pour la ville voisine de Saint-Brice-sous-Forêt. L’ancien président PS du Conseil général Didier Arnal ne se doutait pas qu’il allait échouer aussi sévèrement dans sa tentative de conquête de la mairie. Le maire UMP Alain Lorand, pourtant âgé de 76 ans, a été plébiscité par les électeurs. Le maire sortant est réélu avec 68,79% des voix. Un coup dur pour Didier Arnal qui comptait sur la victoire pour se relancer dans un an dans la course aux élections départementale : le redécoupage de ses amis socialistes l’a privé de son canton à Sarcelles.
Autre revers pour un conseiller général socialiste, à Goussainville. Le candidat PS Luc Broussy arrive en troisième position avec 19,86% des voix. Il se présentait comme le candidat légitime car désigné par les militants PS. Le maire sortant, qui n’a pas voulu participer au vote des primaires PS, Alain Louis (31,21%) le devance. La candidate UMP Elisabeth Hermanville (31,94%) est en tête mais le FN sera présent au deuxième tour. 

Les rares socialistes et écolos élus au 1er tour

“Sarcelles sera l’une des rares villes de plus de 50000 habitants où le maire sera élu dès le premier tour”, déclarait dimanche devant ses supporters François Pupponi. Le maire PS sortant a reçu les félicitations de Dominique Strauss-Kahn. L’ancien patron du FMI, qui vote toujours dans la ville qu’il a dirigé, a passé un coup de fil à son dauphin réélu confortablement avec 63,13% % des suffrages. Le candidat UMP est loin derrière avec 20,72%. 
Rares sont les maires sortants soutenus par le PS qui échappent au deuxième tour. Les socialistes Jean-Pierre Muller, Elvira Jaouen et Jean-Pierre Blazy sont réélus respectivement à Magny-en-Vexin,  Courdimanche et Gonesse. L’écologiste Sylvie Couchot, soutenu par le PS, est reconduite à Vauréal. C’est la seule maire Europe Ecologie Les Verts du Val d’Oise. Un autre écologiste, non écarté, sort son épingle du jeu : Jean-Christophe Poulet totalise 59,98 % à Bessancourt.

Pas de vote sanction pour les communistes 

Le patron du PCF-95, Jean-Michel Ruiz, avait le sourire dimanche en fin de soirée. Les électeurs n’ont pas associé son parti à la politique gouvernementale. Pas de vote sanction, les communistes ont sauvé leur trois mairies dès le premier tour. Michel Vallade, maire de Pierrelaye, réussit à 70 ans son pari : élu depuis 1977, il accède à son septième mandat en totalisant 59,10% des suffrages. Victoire par contre d’un cheveu pour Pierre Barros à Fosses. Sept petites voix lui épargnent le deuxième tour. A Bezons, le patron du PCF se félicitait de la victoire de Dominique Lesparre dans “une campagne difficile” avec un adversaire qui ne l’a pas épargné. Le sortant l’emporte par 53,23% contre 40,10 % à son adversaire UMP-UDI Olivier Régis. “Le bilan de Dominique Lesparre a parlé pour lui”, estime Jean-Michel Ruiz, mettant notamment en avant l’arrivée du tramway.  Le patron du PCF note “le très bon score” des listes du Front de gauche.

Les recordmen du 1er tour sont surtout à droite

Parmi les maires les mieux réélus du Val d’Oise, la palme revient sans doute au divers droite Jean-Pierre Enjalbert, réélu haut la main à Saint-Prix avec 84,71%. Plébiscite également pour Eric Proffit Brulfert, le maire divers gauche de Menucourt avec 84,69% pourtant opposé à une autre liste de gauche. Yannick Boedec, le maire UMP de Cormeilles-en-Parisis réalise une belle progression passant de 50,1% au second tour de 2008 à 78% des voix en 2014 pour son second mandat. Même réussite pour le maire de Saint-leu-la-Forêt (54,69%). Ce cru 2014 permet aussi à des maires de conforter leur bastion à Domont (78,86%), Enghien-les-Bains (66,39%), Soisy (62,36% ).
Plus insolite, certains élus réalisent même des scores "soviétiques"… faute d’adversaire. C’est le cas de Robert de Kerveguen, le fils de l’ancien maire de Vigny, avec 100% des voix. A l’Isle-Adam l’UMP Axel Poniatowski, seul en lice, réalise également le score maximal : 100%, à l’instar du maire de Roissy, Michel Toulouse. 

Le FN joue les arbitres dans quatre villes

Le FN jouera les arbitres au second tour dans 4 des 8 villes où il se présentait dans le Val d’Oise. Le Front national se maintiendra à Franconville avec Jean Luc Mayenobe (16,5%), mais aussi à Taverny où son secrétaire départemental, Alexandre Simonnot, réalise 16,34% des voix. A Goussainville et Eragny, la présence du FN pourrait fortement gêner les candidats UMP et faire réélire les maires sortants de gauche. Les candidats frontistes appliqueront la consigne national de leur parti de tous se maintenir au second tour. 


Ces adjoints vedettes

On ne les attendait pas, ils sont la surprise de ce premier tour, ce sont ces adjoints qui ont fait de l’ombre à leur maire. Le résultat le plus marquant est celui de la candidate UDI de Deuil-la-Barre. Muriel Scolan, adjointe au maire UMP Jean-Claude Noyer, a éclipsé son aîné. Elle totalise 43,69% contre 27,17% à Jean-Claude Noyer. Le socialiste Fabrice Rizzoli est loin derrière avec 18,89 %. Reste une inconnue à cette heure : la décision que prendra Jean-Claude Noyer.

Autre maire adjoint poussé sur le devant de la scène par les électeurs : Bernard Jamet à Sannois. Avec 39,89 % des suffrages, il fait de l’ombre au maire sortant Yanick Paternotte (34,51 %). Le socialiste Christophe Dulouard, avec 25,6%, n’a pas su convaincre les électeurs qu’il représentait l’alternative.