Si le maire sortant réussit la fusion avec le Front de Gauche de Bruno Devoize pour le second tour, sept élus communistes décident de se retirer de sa liste.

 Nouvelles divisions dans la majorité municipale à Taverny. Laurent Alcini (à droite sur la photo) et six autres élus communistes claquent la porte de la liste de Maurice Boscavert quelques jours avant le second tour des élections municipales. En cause : l’arrivée de la liste dissidente du Front de Gauche de Bruno Devoize qui fusionne avec celle du maire sortant. Le retour de Bruno Devoize (un ancien adjoint) sur la liste Boscavert ne passe pas pour les communistes tabernaciens qui avait fait le choix de faire liste commune dès le premier tour. Les militants PCF avaient en effet voté à 73% pour intégrer la liste du maire sortant. Pendant ce temps, Bruno Devoize avait monté, sous les couleurs du Front de Gauche, une liste dissidente, très critique sur Maurice Boscavert.

A Taverny, "c’est la lutte des places !"

Que s’est-il passé, mardi soir, le jour du dépôt des listes en Préfecture pour le second tour ? Selon Laurent Alcini, la liste de Bruno Devoize "s’est vendue en 3/4 d’heure pour quelques postes d’adjoints". Et de préciser : " jusqu’à 15h30, je pouvais encore sauver ma place d’adjoint avec celle d’un délégué, mais j’ai refusé. J’ai dit non à ces discussions de marchands de tapis. J’estime beaucoup Maurice Boscavert, mais je ne voulais pas continuer avec des personnes qui ont mené une campagne très dure contre le maire sortant."

"La politique de la terre brûlée" de Maurice Boscavert

Quelques semaines avant le premier tour, Patrick Couffin, un membre de la liste de Bruno Devoize,  avait en effet violemment critiqué "le mode de gouvernance" du maire sortant. Dans un communiqué acerbe, Patrick Couffin avait dénoncé la "politique de la terre brûlée" de Maurice Boscavert, "qui part en campagne pour la dernière fois non pas pour gagner mais pour perdre" (voir notre article). Un texte que ne renie pas l’intéressé, mais "la situation a changé" explique Patrick Couffin. "Depuis ce communiqué, nous avons réalisé plus de 13% des voix au premier tour et nous avons obtenu 30% des sièges et 3 postes d’adjoints depuis la fusion. Cela n’enlève en rien les critiques, mais nous avons signé un accord avec Maurice Boscavert pour que les choses changent : notamment sur le mode de gouvernance, les ressources humaines, la communication… nous serons intransigeants".

"Laurent Alcini s’est perdu" selon Patrick Couffin

Le tête de liste, Bruno Devoize, est plus mesuré sur le changement de cap de Maurice Boscavert. "Sur la gestion du personnel et les délégations, ce n’est pas encore complètement calé, mais nous serons très ferme sur la suite : soit on travaille ensemble, soit on partira. Nous avons les moyens, avec nos élus, de bloquer le système". Quant à la question de savoir si les électeurs du second tour comprendront se retour sur la liste Boscavert après en avoir dénoncé les dérives ? Bruno Devoize reconnaît qu’il perdra une partie de son électorat mais assume sa stratégie : "Laurent Alcini et ses camarades se sont trompés en faisant alliance dès le premier tour avec Maurice Boscavert".  "Laurent Alcini s’est perdu, précise Patrick Couffin, il est à contre-temps : on les rejoint et il s’en va".

Boscavert "devant le fait accompli"

Du côte de l’équipe du candidat Boscavert, on affirme avoir été mis "devant le fait accompli". "C’est une surprise pour nous". L’entourage du maire explique que les règles de la fusion ont été respectées. "Avec 1/3 des voix, la liste Front de Gauche a obtenu 1/3 des places sur notre liste". Au lendemain du premier tour, Maurice Boscavert était arrivé derrière la candidate UMP, Florence Portelli, obtenant 31,63%, soit 20 points de moins qu’en 2008. Un retard qui le condamnait à une alliance de second tour. Quant au départ des communistes de Laurent Alcini, Maurice Boscavert l’explique par les tensions entre "communistes historiques et membres du Parti de Gauche". Le maire sortant souhaite d’ailleurs "que d’une manière ou d’une autre Laurent Alcini reste dans le paysage politique tabernacien". Pour le second tour, Maurice Boscavert "y croit toujours". Le maire compte sur "son bon bilan, une réserve de voix à gauche et d’abstentionnistes pour faire la différence". Un résultat qui devrait se jouer à "une centaine de voix" dit-on à Taverny.