Suite au préavis de grève déposé par le syndicat national des pilotes de ligne (SNPL) et finalement levé le 2 mai dernier, Jean-Pierre Blazy appelle à abroger la loi Diard, qui impose aux grévistes du secteur aérien de se déclarer individuellement dans les 48 heures précédant un conflit. Une « entrave » au droit de grève estime le député maire de Gonesse.

 Le vendredi 2 mai, le SNPL a levé son préavis de grève, quelques heures avant le début du mouvement social qui aurait duré un mois. Son président, Yves Deshayes, avait en effet indiqué fin avril que le syndicat allait initier un mouvement social afin de faire entendre les revendications des pilotes de ligne sur quatre points. Parmi eux, l’aménagement de la loi Diard qui impose aux grévistes de se déclarer individuellement dans les 48 heures précédant un conflit.

« Cette obligation porte une atteinte manifeste au droit de grève qui a pourtant valeur constitutionnelle en défavorisant le dialogue social et en constituant un moyen de pression de la part des employeurs à l’endroit des salariés et permet également aux compagnies aériennes de faire appel à des navigants étrangers en cas de grève dans l’Hexagone », estime Jean-Piere Blazy.

« La question même du maintien des dispositions de la loi Diard doit être posée »

Après avoir reçu les pilotes de ligne, Frédéric Cuvillier, secrétaire d’Etat aux transports, avait assuré « qu’il n’a jamais été  question que la loi Diard  soit utilisée pour contourner le droit de grève » et avait indiqué qu’il invitait les compagnies aériennes à le rencontrer afin que les « engagements de bonne conduite soient pris pour que la loi ne soit pas contournée ».

De son côté, le député de Gonesse estime que la question même du maintien des dispositions de la loi Diard doit être posée. « C’est pourquoi j’ai déposé une proposition de loi visant à abroger les articles du code des transports modifiés par loi Diard du 19 mars 2012 qui, selon moi, sont une atteinte disproportionnée au droit fondamental que constitue la liberté de faire grève […] afin d’assurer une meilleure information des passagers », précise Jean-Pierre Blazy. S’il ne remet pas en cause la nécessité d’une bonne information des voyageurs, l’élu juge que les employés  « doivent pouvoir exprimer leurs revendications sans avoir à craindre pour leur situation professionnelle »