François Hollande vient de dévoiler la nouvelle carte des régions, qui voient leur nombre passer de 22 à 14. Une réforme qui prévoit également le transfert progressif de certaines compétences vers celles-ci, avant une disparition des départements à l’horizon 2020. Tour des réactions des élus du Val d’Oise.

« Il faut des compétences identifiées et un mode de scrutin lisible pour les départements », Didier Arnal, président du groupe d’opposition VOUS au Conseil général du Val d’Oise

« Deux ans ont été perdus. Tout cela aurait pu être annoncé plus tôt. Sur la question des régions, il nous manque cependant les critères. Les enjeux sont importants pour les départements, nous avons besoin d’eux. Il faut supprimer le débat sur le redécoupage des cantons en créant des élections par liste. Cela permettrait de respecter les critères de parité et de représentativité. Il faut des compétences identifiées et un mode de scrutin lisible pour les départements. J’espère que le débat parlementaire va permettre de faire évoluer les choses. La bataille commence ».

« Un département en Ile de France reste un cas particulier », Philippe Sueur, Vice-président du Conseil général du Val d’Oise, maire d’Enghien-les-Bains

« En Ile-de-France, l’échelle départementale a un pertinence. Le Val d’Oise c’est 1,2 millions d’habitants mais quand vous avez des départements en province de 190000 habitants, là ça ne veut plus rien dire. Par ailleurs, deux départements en Alsace (Haut-Rhin et Bas Rhin) ou en Normandie (Seine Maritime et Eure) ça n’a plus de sens. Un département avec une polyvalence de compétence n’est plus pertinent. Mais l’ile de France reste un cas particulier avec ses 12 millions d’habitants. On peut considérer que le problème sera réglé pour la première couronne avec Paris Métropole qui absorbera les départements des Hauts de Seine, Seine Saint Denis et Val de Marne. Mais quel avenir pour la périphérie et les quatre départements de la grande couronne ? Il ne faut pas que nous devenions le terminus de la région Ile de France ! Peut être faut il réfléchir à un redécoupage en périphérie. Pourquoi le Val d’Oise n’auraient pas un intérêt à se rapprocher avec l’Oise. Ce que je crains dans cette réforme c’est que par précipitation nous ne voyons que l’institutionnel et pas le volet économique, le risque c’est de ne faire que de la politique dans cette histoire ».

« On deviendrait des assistants sociaux bis », Michel Montaldo, conseiller général et responsable de l’UDI 95

« Pourquoi attendre 2020 pour supprimer les départements ? Quitte à les dépecer [par le transfert de certaines compétences], il aurait été préférable de les supprimer d’emblée. En ne conservant que des compétences comme le social on deviendrait des assistants sociaux bis. C’est absurde. On est en train de patauger. Il y a un manque de courage politique. J’étais partisan d’une réforme, il fallait accélérer. Il faut renforcer les intercommunalités ».

« La démocratie n’est pas un coût », Jean-Michel Ruiz, responsable du PCF 95

« François Hollande conserve sa méthode après les élections européennes. C’est une mauvaise réforme qui prévoit de diviser presque par deux les représentants et supprimer les départements. Il faut dire la vérité, le but est à terme de supprimer les communes. Le PS présente la suppression d’élus du peuple comme un progrès et une économie. C’est faux. Il s’agit du crédo de l’extrême droite. Les élus de proximité vont disparaître. On éloigne le peuple du pouvoir. Ce sont les populations qui vont subir les conséquences. Il faut un referendum. La démocratie n’est pas un coût ».

« Pas sûr que cette réforme amène des économies », Jean-Pierre Enjalbert, maire DLR de Saint-Prix

« C’est une mauvaise décision car les grandes régions vont minimiser le pouvoir de l’Etat. Cela va engendrer une perte de proximité avec les citoyens, surtout avec la disparition des conseillers généraux. Pas sûr que cette réforme amène des économies. Les citoyens risquent d’être déçus s’il ne constatent pas d’économies réelles sur leur feuille d’impôts ».

« Nous voulons renforcer le département », Alexandre Simonnot, responsable départemental du FN 95

« Nous sommes favorables au modèle commune – département – Etat Nation.  Si nous devions supprimer quelque chose, ce serait la région. Nous sommes attaché au département et nous voulons le renforcer. Nous pourrions lui confier la gestion des lycées et confier les transports à l’Etat. De plus cette réforme va être coûteuse avec les changements administratifs. Il n’y aura pas d’économies. Pour une réforme comme celle-ci, il faut un referendum ».

« Il n’y a pas de raison que ça ne fonctionne pas », Jean-Noël Carpentier, député MUP du Val d’Oise

« Cette réforme est nécessaire, à condition d’améliorer la qualité et la proximité des structures démocratiques et des services publics. Il n’y a pas de raison que ça ne fonctionne pas. Il faut réaffirmer les compétences des communes ».

« Une réforme partielle, artificielle et floue », Nathalie Elimas, porte-parole du MoDem

« Nous mettons en garde le gouvernement contre cette tentative de réforme partielle et artificielle qui ne peut répondre aux enjeux de nos territoires. Après l’annonce de la réforme territoriale et la création de 14 super-régions nous mettons en garde le gouvernent contre cette volonté d’imposer une réforme :

– partielle:  on traite d’un nouveau découpage  régional mais on reporte à 2020 la véritable question, celle de la fusion des départements et des régions.

– artificielle : La question de la réforme constitutionnelle pourtant nécessaire est totalement occultée.

– Floue: On annonce un plan d’économies qui n’aboutira pas car celles ci ne passeront que le non-renouvellement de nombreux postes de fonctionnaires. Quel est la volonté du gouvernement sur cette question?

Une réforme morcelée, bricolée qui ne répond pas aux nécessaires enjeux de modernisation de nos territoires. Une réforme vouée à l’échec que François Hollande ne parviendra pas à mener à son terme. C’est d’une refonte profonde de nos institutions, cohérente dans son ensemble et rationnelle dont notre pays à besoin ».

« L’important est le maintien des services publics et leur qualité », Cédric Sabouret, Conseiller général PS

« Je suis favorable à cette réforme qui permet de gagner en lisibilité, de savoir qui fait quoi. Peu importe le transfert de certaines compétences. Ce qui est important pour la population, c’est de savoir si les services publics seront toujours rendus et leur qualité. S’il y a une dégradation de ces services, alors la réforme aura été ratée. L’autre avantage de la réforme est de mettre fin à la double instruction des dossiers, ce qui constitue également un gain de temps. Beaucoup sont contre. Ils défendent leur pré carré et ne pensent pas à l’intérêt général ».

« Une vision ambitieuse pour notre pays et son avenir », Jean-Paul Huchon, président du Conseil régional d’Ile-de-France

« Je salue la décision de François Hollande concernant la modernisation de la carte territoriale de notre pays. Ces choix cohérents traduisent les propositions qu’il avait adressées aux français début 2014 à l’occasion de ses vœux à la presse.

Le président de la République et le gouvernement portent avec cette réforme territoriale une vision ambitieuse pour notre pays et son avenir. Il s’agit d’adapter les services publics aux besoins de nos concitoyens . Il s’agit de clarifier l’organisation de nos territoires en faisant des régions françaises des régions fortes, compétitives, à l’échelle européenne. Il s’agit de leur donner les moyens d’agir en les dotant de moyens financiers. C’est un gage de confiance de l’Etat envers les collectivités, les territoires et les citoyens. La réforme proposée est de taille et il ne faut pas s’y tromper : le report de la date des élections régionales doit permettre au pays de préparer cette modernisation dans les meilleures conditions.

Région Capitale concentrant 31% du PIB et 20% de la population française, l’Ile-de-France saura prendre toute sa part de cette réforme. J’ai proposé le rapprochement de la Région et des départements d’Ile-de-France au sein d’une collectivité unique, allant ainsi au bout du mouvement de décentralisation initiée par l’émergence de la métropole du Grand Paris. Le schéma proposé ce jour par le Président de la République répond au souci de régions plus fortes, plus attractives et mieux armées pour faire face aux exigences d’un service public de qualité. J’entends poursuivre la concertation et le travail sur ce projet avec les conseils généraux et l’ensemble des élus franciliens.

Au-delà de la simplification et des économies engendrées, c’est bien du quotidien et de l’avenir des français dont il s’agit : l’organisation de leurs transports, de leurs emplois, de l’éducation de leurs enfants, de leurs entreprises, de l’aménagement de leurs territoires. Ces défis, le Président de la République et le gouvernement les relèvent aujourd’hui, avec une réforme dont on parle depuis des années et que personne n’a eu le courage de mener. Désormais, il y aura les conservateurs et les modernistes ».

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