Les moudjahidines iraniens se sont réunis vendredi 27 juin au parc des expositions de Villepinte pour dénoncer le régime du nouveau président Hassan Rohani dont « la modération n’est qu’un mirage ».

 C’est désormais une tradition. Chaque année, les moudjahidines du peuple d’Iran (OMPI), des opposants au régime installés depuis 30 ans à Auvers-sur-Oise, donnent rendez-vous à leurs sympathisants au parc des expositions de Villepinte. L’occasion de dénoncer le régime iranien du nouveau président Hassan Rohani, récemment élu à la tête de l’Iran et présenté comme « modéré ». Dans le public, des milliers de participants sont venus de plus de 69 pays et sur scène, 600 personnalités du monde entier, comme Rudolph Giuliani, l’ancien maire de New-York ou José Luis Zapatero, l’ancien premier ministre espagnol. Côté valdoisien, Jean-Pierre Muller, maire socialiste de Magny-en-Vexin, Jean-Pierre Béquet, conseiller général et ancien maire d’Auvers-sur-Oise, ainsi que Claude Robert, maire de Bouffémont et Bruno Macé, maire de Villiers-Adam étaient également présents.

Téhéran « principal perdant de la crise en Irak »

 Au cours du rassemblement plusieurs messages politiques ont été délivrés par Maryam Radjavi, la présidente de la Résistance iranienne. Après une année de pouvoir du nouveau président Rohani à la tête le l’Iran, les moudjahidines affirment que « la crise de régime s’aggrave à Téhéran » et que la « modération » affichée « n’est qu’un mirage ». Alors que le moyen-orient est en pleine recomposition avec le conflit syrien et l’avancée djihadiste de l’Etat islamique en Irak et au Levant (EIIL) vers Bagdad, Maryam Radjavi a tenu a rappeler la responsabilité du régime iranien dans la déstabilisation de la région. Elle accuse la collusion entre le régime de Téhéran et l’actuel premier ministre irakien Nouri al Maliki. Selon Maryam Radjavi, « la situation actuelle en Irak est due à la monopolisation du pouvoir par Maliki et à la répression qu’il mène. Il n’y a qu’une solution : la destitution de Maliki, évincer le régime iranien d’Irak et former un gouvernement démocratique et d’union nationale. Seul le régime iranien soutient ouvertement le maintien au pouvoir de Maliki ». Pour les moudjahidines, Téhéran serait le principal perdant de la crise irakienne. Un dossier irakien très sensible pour les moudjahidines qui comptent encore 3.000 de leurs membres dans le camp de Liberty en Irak. Un camp régulièrement attaqué par les forces irakiennes. Maryam Radjavi a renouvelé sa demande aux Etats-unis de transférer les habitants de Liberty dans un pays européen. Demande restée pour le moment lettre morte.

« Impasse » sur le nucléaire

Concernant l’accord sur le nucléaire en cours, les opposants iraniens affirment que le régime « ne cherche qu’à gagner du temps, tout en gardant ouvert l’accès à la bombe atomique ». Pour Maryam Radjavi, « tout accord éventuel avec le régime iranien doit inclure les inspections inopinées des sites déclarés ou non, l’arrêt de tous les sites et projets atomiques, comme Arak, Natanz et Fordou ». Les moudjahidines exigent enfin de « tenir le régime iranien pour responsable de ses violations des droits humains en Iran, des génocides en Syrie et en Irak parallèlement aux négociations nucléaires ».