Dimanche 3 août, Enghien-les-Bains commémore des héroïnes méconnues de la Première Guerre mondiale : les infirmières.

En 1914, Enghien-les-Bains comptait 6302 habitants (le double aujourd’hui). Cette petite station  thermale située à seulement 11 kilomètres de Paris disposait déjà d’équipements touristiques importants.  Dans la perspective d’un conflit très meurtrier, le ministère de la Guerre avait prévu dès 1912 la réquisition du casino municipal pour y installer un hôpital militaire. A cet effet, la Société des Eaux et Thermes (SET) était entrée en contact avec les responsables de différentes organisations caritatives : la Société de secours aux blessés militaires (SSBM, branche française de la Croix Rouge Internationale) présidée localement par le Dr Louis Hélary, maire d’Enghien, l’Association des dames françaises (ADF), et l’Union des femmes de France (UFF). Notons que ces trois associations fusionneront le 7 août 1940 pour devenir la Croix Rouge Française.

Dans les premiers mois du conflit, l’afflux de blessés nécessita la création de cinq hôpitaux militaires à Enghien-les-Bains.

L’hôpital 45 est géré par la SSBM, dans les locaux du Casino municipal. Sa capacité est de quatre cents lits. Une annexe est ouverte dans la salle des fêtes du Kursall (ancienne villa de Villemessant).

L’hôpital 128 et confié à l’Union des femmes de France. Il occupe L’Institution moderne (aujourd’hui Cours Notre Dame Providence), au 7-9 boulevard Sadi-Carnot.
L’hôpital 293 géré par l’Association des dames Françaises a nécessité la réquisition de l’Institution Masson, à l’angle des rues de Malleville et de l’Abbé-Hénocque (côté droit face à l’Église).

L’hôpital auxiliaire de Villemin n° 39 est installé dans les locaux de la Société d’exploitation des eaux et thermes, à la salle des fêtes, rue du Casino (aujourd’hui rue de La Libération).
Enfin, L’hôpital militaire auxiliaire bénévole n°17 bis, installé dans l’Hôtel des Bains de la station thermale, est réservé aux officiers en traitement au thermal.

Au total, 42 hôpitaux militaires seront créés dans le nord de l’Ile-de-France, sur le territoire de l’actuel Val-d’Oise. Avec ses cinq établissements, Enghien-les-Bains présentera la plus forte densité d’établissements de soins. Les autres hôpitaux militaires les plus connus  sont la Maison consulaire de Saint-Leu-la-Forêt, ouverte dès le 8 août 1914 (25 lits), et le Scottish Women’s Hospital installé à l’abbaye de Royaumont, géré par un personnel britannique exclusivement féminin (600 lits).

A Enghien-les-Bains, quelque sept cents soldats malades ou gravement blessés sont traités chaque jour pour un taux de guérison de 85 %.