Evoquant la parution d’une lettre « Lettre du Maire » en juin dernier, dans laquelle les groupes d’opposition n’auraient pas été invités à s’exprimer, Françoise Nordmann présidente de Beauchamp Renouveau annonce avoir saisi le tribunal administratif pour « non respect du droit à l’expression » de Francine Occis, maire de la commune. Un choix « assumé » par l’édile, qui assure qu’il s’agit d’un document « technique » et non « politique ».

En diffusant un document intitulé « Lettre du maire », en juin dernier, Francine Occis, maire de Beauchamp, s’est attirée les foudres de Françoise Nordmann. Une publication réalisée « sans en avertir les groupes d’opposition et sans leur laisser d’espace d’expression », dénonce la présidente du groupe Beauchamp Renouveau, évoquant « une violation de l’article L2121-27-1du CGCT ». Celle-ci fustige en outre « des attaques mensongères » à son encontre.

De son côté, Francine Occis « assume » sa décision de faire paraître une lettre aux habitants. « Nous sommes obligés d’augmenter les impôts de 3 points. C’est trop grave pour ne pas informer la population et ne pas donner les raisons » justifie-t-elle. Une lettre « très technique » donnant des informations « sur les finances de la ville », assure l’élue. Une publication qui ne serait surtout pas soumise à l’obligation de laisser une tribune à l’opposition selon elle : « Je ne fais pas de politique et j’explique pourquoi on en est là. Cela tombe en dehors du champ du droit ». L’édile précise enfin que la lettre distribuée était un texte au format A4 et rappelle que l’espace dédié aux groupes d’opposition est lié à l’importance de la publication. « Proportionnellement ils pourraient prétendre à une ligne ».

« La précédente majorité laissait toute la tribune libre pour les groupes d’opposition », Francoise Nordmann

 L’opposition devra par ailleurs compter sur une diminution du nombre de parutions du journal municipal. « Lors des commissions communication, il a été décidé, pour diminuer ce poste de dépense, de diviser par deux le nombre de parutions du "Beauchamp Infos". Ce souci d’économie serait louable s’il n’était entaché de plusieurs constats opposables, voire dénonciables », assure Françoise Nordmann. L’élue prétend ainsi que l’espace dédié à l’expression des groupes d’opposition aurait diminué.

« La précédente majorité laissait toute la tribune libre pour les groupes d’opposition, considérant que la totalité du reste de la revue était suffisante pour s’exprimer. Mais l’actuelle majorité s’est non seulement attribuée un espace supplémentaire dans cette tribune libre, mais elle s’est également appropriée la première colonne », précise la présidente de Beauchamp Renouveau. Une pratique qui ne rend pas pour autant la mairie hors la loi. « Si ce dernier point n’est pas illégal, cela manque pour le moins d’esprit d’équité, car toute diminution des capacités de communication des groupes d’opposition, quels qu’ils soient, altère la transparence pourtant prônée par Mme Occis pendant sa campagne », se désole Françoise Nordmann.

Et de conclure : « Elle peut ainsi diminuer et la fréquence et l’espace réservés aux groupes d’opposition, tout en augmentant sa propre surface et sa fréquence. On notera par conséquent que l’argument de diminuer la fréquence de la revue municipale "Beauchamp Infos", pour raison économique, semble fallacieux, dans la mesure où un autre document nouveau est diffusé ».

« Je n’ai rien imposé », Francine Occis

 Une version contestée par le maire de Beauchamp. « Le choix de diminuer le nombre de publications n’a pas été fait que pour des raisons financières », assure Francine Occis, qui précise que « les habitants ne lisaient pas le magazine municipal ». D’où un nouveau rythme de parution une fois tous les deux mois. L’édile affirme que la décision a été prise « à l’unanimité » en commission communication, où siègent des élus de l’opposition. « Il s’agit d’une réflexion de la commission. Je n’ai rien imposé. », tranche l’édile.

L’élue dément également avoir diminué l’espace d’expression dédié aux deux groupes d’opposition présents dans la commune. « Avant, il y avait un tiers de page pour chaque groupe d’opposition. Désormais il n’y a que deux groupes ». Ainsi, chacun conserverait la même proportion, la municipalité occupant le dernier tiers de l’espace. L’opposition aurait cependant demandé à avoir le double d’espace, soit une demi page, lors de certaines occasions telles que le vote du budget ou la rentrée scolaire. Inconcevable pour Francine Occis : « Il faudrait ajouter deux pages ». Informée par Françoise Nordmann de l’action engagée devant le tribunal administratif, celle-ci assure pour l’heure ne pas avoir reçu de courrier de la justice.