Omar Bekare, directeur de campagne de Laura Bérot (PS) lors des élections municipales de Soisy-sous-Montmorency et membre d’Anticor, affirme avoir saisi la Commission nationale des comptes de campagne et des financements politiques (CNCCFP) pour dénoncer « de possibles dépenses non déclarées dans le compte de campagne du candidat Luc Strehaiano ». Le maire UMP, rejette pour sa part toute irrégularité.

 

Près de six mois après les élections municipales à Soisy-sous-Montmorency, Omar Bekare pointe des irrégularités possibles lors de la campagne du maire. Selon, lui, « ce sont 39 962,97 euros et seize Strehaiano/Berotdépenses électorales qui n’auraient potentiellement pas été comptabilisés dans son compte de campagne ». Ce dernier a ainsi décidé d’adresser un courrier « volumineux » à la CNCCFP, évoquant de « graves irrégularités constatées au cours de la campagne des municipales à Soisy-sous-Montmorency ».

Parmi les nombreux faits reprochés au maire sortant, « une réunion secrète avec des associations autour du projet d’Espace Culturel » en décembre 2013, avec des moyens municipaux, « une campagne d’affichage promotionnelle illégale » du 3 septembre au 4 novembre 2013, à moins de six mois du scrutin ou encore une intervention jugée non « neutre », le 22 novembre 2013, lors de la cérémonie d’accueil des nouveaux habitants.

« Un pupitre à 8 439 euros »

Un évènement durant lequel le maire avait par ailleurs utilisé un pupitre au montant exorbitant selon le jeune opposant. « Acheté en 2013 par la mairie de Soisy pour un montant de 8 439,57 euros (accessoires compris), ce très luxueux pupitre, qu’il est rare de retrouver dans d’autres municipalités comparables à Soisy, suit désormais le maire dans presque toutes ses réunions publiques. Il risque fort de devoir également le suivre dans le retracement de son compte de campagne », tacle Omar Bekare.

Enfin, il dénonce des « bulletins municipaux non conformes au Code électoral ». Et de pointer en particulier quatre numéros « de mars à novembre 2013 de la lettre du Maire « Soisy Infos » et du numéro de décembre 2013 du Soisy Magazine ».

« Cela n’entame pas ma sérénité », Luc Strehaiano

Informé par la CNCCFP de l’action entreprise, Luc Strehaiano nie toute irrégularité. « Nous avons répondu point par point à la commission. Ma réponse fait vingt-trois pages », précise l’édile, qui a tout de même décidé de prendre un avocat… à ses frais. « C’est moi qui dois prouver mon innocence et engager un avocat, alors que la démarche n’a couté qu’un courrier », se désole-t-il.

Et de dénoncer un « acharnement » de Laura Bérot, membre de l’opposition municipale, dont Omar Bekare était le directeur de campagne. « Elle a tenté de m’attaquer devant les tribunaux qui lui ont donné tort. Elle recommence », se désole Luc Strehaiano pour qui son adversaire est une « mauvaise perdante ». Pas de quoi, cependant, inquiéter l’élu. « Cela n’entame pas ma sérénité », assure-t-il, évoquant des « dénonciations calomnieuses ».

Des suites judiciaires ?

Selon le maire, tous les membres de la liste menée par la socialiste en mars dernier ne seraient par ailleurs pas d’accord avec le procédé. « Il y a même des colistiers qui m’ont contacté pour m’en assurer. Tous ne sont pas solidaires », assure l’édile. Luc Strehaiano qui évoque des mises en garde de son opposante pendant la campagne, alors qu’elle dénonçait déjà certaines pratiques dans la campagne du maire sortant : « Huit jours avant le scrutin, j’ai apporté la preuve de ses mensonges. Elle m’a promis les foudres de la justice ».

De quoi porter l’affaire devant les tribunaux ? Une hypothèse que ne rejette pas le président de la CAVAM. « Je me réserve le droit de donner des suites judiciaires », précise l’élu, qui affirme qu’il demanderait alors « une condamnation symbolique ».