Les socialistes du Val d’Oise ont réuni leurs troupes mercredi soir à Sarcelles. Ils redoutent une désaffection de leurs sympathisants et d’abord dans les quartiers où les habitants boudent les urnes. La Secrétaire d’Etat à la Ville, Myriam El Khomri, est venue dire à Sarcelles que l’Etat agissait ici comme ailleurs en faveur des quartiers.

 

« Jamais un gouvernement n’avait autant fait pour nos quartiers, expose François Pupponi, le député maire de Sarcelles et Président de l’ANRU (Agence nationale de rénovation urbaine) devant les militants socialistes du Val d’Oise réunis dans une salle de l’école Pauline Kergomard. Jamais les dotations de l’Etat n’auront été aussi augmentées. Nous à Sarcelles on sait ce qu’a apporté la politique de la ville : des équipements culturels et sportifs, ou cette école où nous sommes ce soir« . Et le candidat du canton de Sarcelles de rajouter : « Je voudrais souligner l’importance de l’Anru, remercier l’Etat pour ce qu’il a fait dans nos quartiers« , dit Youri Mazou-Sacko qui évoque un « changement total de l’ambiance dans le quartier Sablons« .

 

« L’enjeu de ces élections, c’est la cohésion sociale. Ce bouclier social, il est important de le rappeler aux personnes que vous croisez. Un habitant sur cinq dans le Val d’Oise vit dans un quartier politique de la ville (…) Est ce la rigueur quand on met 5 milliards pour les quartiers ?« , lance Myriam Em Khomri, Secrétaire d’Etat à la politique de la Ville qui annonce « 100 millions d’euros supplémentaires dans les associations des quartiers« .

 

 

A quelques jours du premier tour, les socialistes sont néanmoins inquiets. « C’est la première fois que l’on voit que les gens ne sont pas mobilisés« , observe Hussein Mokhtari, conseiller général sortant de Garges-lès-Gonesse. « Dans nos quartiers, il y a un double risque : le FN. Et un autre risque : la radicalisation« , prévient François Pupponi. Une montée du Front national est aussi redoutée par Rachid Temal, le patron des socialistes du Val d’Oise : « La politique de la ville est la meilleure arme contre le FN. Le FN ne combat pas la pauvreté, il s’en nourrit« . Un FN jamais aussi fort que lorsque la participation des électeurs est faible, rappelle Rachid Témal qui se souvient que lors des dernières élections départementales les candidats de Marine Le Pen étaient présents sur « 6 cantons sur 19« .

 

« Les seuls tickets qui peuvent aller au second tour ce sont les tickets du PS. Il faut rappeler aux électeurs que c’est le vote utile« , lance Rachid Témal. « C’est une campagne de réseaux, il faut aller chercher les amis, les voisins« , rebondit Djida Techtache, candidate PS à Villiers-le-Bel. « Nos adversaire passent leur temps à dénigrer notre territoire. Il faut que l’on ait un discours positif sur sa qualité et les projets qui méritent d’être défendus« , rebondit son binôme Cédric Sabouret, conseiller général sortant. « Ce qui est important, c’est la conviction. Il faut rappeler les valeurs des socialistes, lance Bley Mokono, candidat à Cergy. Moi j’assume la politique du gouvernement. On a forcé la parité. On le voit encore sur ces élections, et c’est la gauche qui l’a fait ! » Une gauche qui part souvent divisée, parfois même dans les rangs du PS comme à Sarcelles. Un handicap, en plus de la forte abstention annoncée, pour espérer se retrouver au deuxième tour.