Joël Pommerat, dans Ça ira (1)-Fin de Louis, explore une forme qui abolit le quatrième mur, conviant les spectateurs à devenir les membres de la future Assemblée Nationale et à observer, de l’intérieur, les mécanismes qui conduisirent à la Révolution française. Un exercice qui met le débat démocratique au cœur de toutes les grandes transformations politiques et sociales.Ça ira (1) – Fin de Louis, au théâtre des Louvrais à Pontoise les 3 et 4 décembre.

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Joël Pommerat cherche à montrer « l’élaboration et la mise en place de la démocratie ». Il part du point zéro de la démocratie : la période qui conduit à la Révolution française, de 1787 à 1789. Pour montrer l’éclosion et le processus qui concourent à l’élaboration de la pensée politique contemporaine, le metteur en scène entre dans la chronologie de l’évènement et donne une sensation de temps présent, au passé. Le public devient la foule, l’assemblée de ce récit impartial qui nous fait spectateur au présent du soulèvement, de l’insurrection, de la Révolution.

 

Sculpteur de mots, Joël Pommerat a l’art de révéler ce qui, sous les subterfuges de la « communication » et du storytelling publicitaire, hante notre inconscient contemporain. Sa nouvelle création attaque le noyau dur, si l’on ose dire, de toutes nos représentations. Questionnant « l’avènement et l’évènement de la démocratie », il s’agit de mettre en scène « une épopée politique et une histoire des idées. En dehors des grandes figures et des stéréotypes historiques, comment redonner vie à une matière qui est devenue un mythe auquel le présent ne cesse pourtant de nous renvoyer ? » Partant du processus qui a conduit à la Révolution française, de 1787 à 1789, Joël Pommerat nous prend à témoin d’une histoire déployée au vif de l’action et des débats qui la traversent.

 

Note d’intention
« J’ai commencé à réfléchir à Ça ira (1) – Fin de Louis en décembre 2013. Je souhaitais travailler sur une  matière épique, avec de l’amplitude, pour continuer à aborder ce thème qui m’intéresse : le point de  rencontre entre la pensée, l’imagination et l’action. Qu’est-ce que l’idéologie ? Comment opère-t-elle dans le réel ? Mes lectures m’ont conduit assez vite à la Révolution française, qui est comme le point zéro de la démocratie, un moment d’émergence pour les idéologies et représentations politiques contemporaines. Cette période, ce sont nos racines, nos mythes, nos grands héros. Je voulais donner à voir ce travail politique, ce bousculement de la réalité, avec toutes les émotions qu’il contient, non seulement le travail de la pensée mais aussi la peur, l’épuisement, l’effort incroyable et le tragique. Pour faire cette sorte d’archéologie de l’imaginaire politique, entre la réalité historique et la fiction, je cherche à déployer une dramaturgie de la parole et des lieux qui nous mettent au cœur des choses, qui fasse ressortir le vivant sous les images figées. Je cherche à rendre présent le passé non pour le juger avec notre regard dʼaujourdʼhui, mais pour essayer peut-être de mieux le comprendre. »
Joël Pommerat

« Il ne s’agit pas d’une pièce politique mais d’une pièce dont le sujet est la politique » dit Joël Pommerat à propos de sa nouvelle création. Alors que l’Europe est secouée par le retour des caira_02nationalismes et la radicalisation, l’auteur et metteur en scène interroge histoire de la Révolution française. Comment s’emparer de cette matière historique bouillonnante élevée au rang de mythe et éclairer ses liens avec notre présent ?
Ça ira (1) – Fin de Louis, s’intéresse au processus révolutionnaire plutôt quʼaux héros, observe les mécanismes qui régissent l’action des individus, insiste sur la dimension collective de l’action politique. Les révolutionnaires étaient-ils préparés à l’exercice du pouvoir ? Quelle fut la réalité de leur apprentissage, de leurs enthousiasmes et de leurs controverses ? La Révolution française est le fondement de nos démocraties modernes, la base des idées et valeurs qui les constituent. Avec ce nouveau spectacle, Joël Pommerat opère une rupture esthétique, abandonnant les dispositifs circulaires ou en bi-frontal qu’il avait explorés précédemment. Il revient à une frontalité très simple qui met la parole de l’acteur au centre et la confronte à une large assemblée de spectateurs, rejouant dans les corps l’invention du contrat social. L’écriture de plateau est documentée par des archives, des discours et des improvisations, afin de «reconstituer une réalité dont nous n’avons pas été témoins.

attention : durée exceptionnelle : 4h20
en partenariat avec la radio RGB 99.2 FM

La presse / Média
Interview de Joël Pommerat dans Le 13h France 2 / lundi 23 novembre 2015
Interview de Joël Pommerat par Laurent Ruquier dans « On n’est pas couché » du samedi 21 novembre 2015
« Comment en six mois, Joël Pommerat a révolutionné 1789 » • par Emmanuelle Bouchez – Télérama 25/10/2015

« C’est une pièce où s’éprouve le pouvoir du discours, l’importance des mots et qui résonne ainsi violemment à nos oreilles contemporaines trop remplies de langues creuses. » Lucie Combes – Mouvement.net 05/11/2015

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