La nouvelle Présidente (Les Républicains) de la Région Ile de France fera adopter jeudi une charte éthique par les élus du Conseil régional pour « en finir avec les scandales ». Valérie Pécresse tenait mercredi midi une conférence de presse où elle a communiqué sur ses premières mesures, volontairement en rupture avec le précédent exécutif à majorité PS-PCF-EELV-PRG.

Lors de son discours d’intronisation le 18 décembre dernier, elle annonçait vouloir faire de l’Ile de France « la fabrique des nouvelles pratiques politiques ». L’une de ses premières mesures sera jeudi l’adoption d’une charte éthique. Valérie Pécresse la résume en trois points : transparence (pas de recrutement d’un membre de la famille d’un élu de l’exécutif, déclaration de patrimoine de la présidente et de ses vice-présidents, lutte contre l’absentéisme des conseillers), maîtrise des coûts (la flotte de voitures de fonction divisée par 3) et droit de l’opposition (présidence de la commission des finances).

 

La campagne des régionales est passée, mais le ton reste offensif contre l’ancienne majorité de gauche. Présentant à la presse cette charte éthique, la nouvelle Présidente continue de dénoncer l’ « opacité » et « les pratiques délétères qui ont donné lieu malheureusement à plusieurs enquêtes judiciaires qui ont entaché l’action du conseil régional sous la précédente mandature ».

 

 

Lors de sa première conférence de presse en tant que nouvelle Présidente de la Région Ile de France, Valérie Pécresse, était entourée de trois vice-présidents à qui elle a laissé le soin de présenter leur dossier. La nouvelle équipe a communiqué sur des premières mesures qui doivent témoigner d’une politique en rupture avec le précédent exécutif. Les élus ont notamment mis en avant sécurité et attractivité économique.

 

Un Conseil stratégique pour l’attractivité et l’emploi

 

Ainsi le 1er vice-président, Jérôme Chartier, a annoncé la création d’un Conseil stratégique pour l’attractivité et l’emploi, comme il en existe déjà dans d’autres grandes régions du monde, comme à Shangaï. Objectif de ce Conseil, qui devrait être présidé par un grand entrepreneur, « être à l’écoute des entreprises et des entrepreneurs, suggérer des orientations concrètes », explique Jérôme Chartier. Le 1er VP en charge de l’Economie et de l’Emploi veut « aller chercher des entreprises qui proposent des offres d’emploi, nous voulons être des activateurs d’implantation d’entreprises en Ile de France ». La deuxième séance de début de mandat du nouvel exécutif régional sera consacrée à l’emploi.

 

 

« Bouclier sécurité »

 

Le volet sécurité a été confié à Frédéric Péchenard, l’ancien directeur général de la Police nationale de Nicolas Sarkozy. Le tout nouveau Vice-président n’a pas manqué d’insister sur le fait que l’ « ancienne majorité avait divisé par 5 le budget sécurité » avant de rappeler qu’il allait créer un « bouclier de sécurité », un « ensemble de mesures concrètes pour améliorer la sécurité des franciliens », « échelonnées dans le temps » : généralisation de la vidéo protection, amélioration des compétences de la police régionale des transports, « bulle de sécurité autour des lycées franciliens ».

 

Déménagement des services en banlieue

 

Pour marquer la rupture, Valérie Pécresse joue aussi sur le déménagement des services de la Région, aujourd’hui éparpillés sur seize sites différents dans Paris. La présidente a missionné le conseiller régional Thierry Meignen pour les regrouper en un seul lieu « pour une meilleure efficacité et réduire les coûts ». Sa mission : trouver en Seine-Saint-Denis ou dans le Val de Marne 45000 m2 de bureaux. « On a un budget location à ce jour proche de 26 millions d’euros. On voit bien là le gras que l’on peut trouver en dépensant moins en fonctionnement pour proposer un meilleur service aux usagers », explique Thierry Meignen qui rajoute que « une rame de RER, c’est dix millions d’euros ».

 

« Nous avons décidé de sauver le Pass Navigo »

Côté transports, la nouvelle présidente de la Région a profité de cette conférence de presse pour réaffirmer son intention de garder le Pass Navigo à tarif unique (70 euros). Reste à boucler son financement. « Il manque 300 millions d’euros. Tout le monde savait que c’était une promesse électorale de l’ancienne équipe, un chèque sans prévision », affirme Valérie Pécresse.

 

Pour assurer le financement annuel du Pass Navigo, le nouvel exécutif compte sur la lutte contre la fraude dans les transports pour récupérer 110 millions d’euros, la suppression des 75% de réduction pour les étrangers en situation irrégulière qui coûterait actuellement 42 millions d’euros à la Région et au Stif (Syndicat des transports d’Ile-de-France). Mais le compte n’y est pas ! « Ce n’est pas au nouvel exécutif de l’assumer, je l’ai dit à Manuel Valls », enfonce Valérie Pécresse qui a rencontré le Premier ministre le 7 janvier.

 

« Il n’y aura pas de hausse d’impôt, rebondit Stéphane Beaudet, le Vice-président en charge des Transports. L’Etat va devoir nous aider à financer ce dispositif qu’il a soutenu ».

 

 

La séance plénière du Conseil régional se déroulera le jeudi 21 janvier et à la commission permanente le 22 janvier.