Le cinéma américain leur fait les yeux doux, le monde de la mode est tombé sous leur charme et les dénicheurs de talents encensent leur dernier album tout juste éclos. Qui se cache derrière No Money Kids, ce duo d’humbles virtuoses aux cœurs écorchés vifs.

Par Fannie Joëts

 

Credits Valery K.

Crédits Valery K.

No Money Kids a le cœur qui balance entre blues traditionnel des années 40’ et rock épuré. Leur son mâtiné d’électro et minutieusement Lo-fi réussit le pari d’être à la fois brut et peaufiné. Felix Matschulat, chanteur et guitariste du groupe, parle de cette génération DIY (Do it yourself) à laquelle il se sent appartenir : « Ce sont des gars comme Beck ou Jack White qui nous ont montré la voie. Le fait de revenir aux sources, d’enlever toute la fioriture technique pour ne garder que l’essence de la musique, et de l’amener ailleurs avec d’autres évolutions harmoniques. » Bien qu’il se soit frotté au punk, au rockabilly et même occasionnellement au ragga, c’est bel et bien le blues, le rythm’n’blues et le rock qui lui collent à la peau. Des genres musicaux qui incarnent toute la dimension revendicatrice inhérente aux cris de luttes et d’espoirs qui se manifestent dans ses textes. Un terreau d’inspiration d’où émergent des titres dénonciateurs autour de l’esclavagisme moderne, la marginalité, le féminisme, l’isolement et la solitude ou encore l’homosexualité.

 

Félix a 8 ans quand il monte pour la première fois sur scène. « C’était à la Cave Dimière à Argenteuil. Mon père et mon oncle étaient musiciens, j’ai été immergé très tôt dans la musique. Ensuite j’ai eu pas mal de petits groupes dont Félix Casablanca, qui a été soutenu par le Combo 95 et le dispositif Starter. C’est par ce biais que j’ai enregistré un album chez Jean-Marc Pelatan, devenu bassiste-machiniste et arrangeur de No Money Kids. » De cette rencontre, il y a 4 ans, s’ensuit plus d’une centaine de concerts et deux albums dont le dernier « Hear the silence », sorti tout récemment le 24 mars.

 

 

Leur univers visuel, baigné dans le clair-obscur, puise ses références dans l’esthétique particulière de Larry Clark, artiste incontournable de l’histoire de la photographie américaine. « C’est un grain, un style de photo et un oeil, qui nous touchent. Une volonté de montrer la crasse qu’on ne veut pas voir dans les beaux quartiers. » Ce parti pris cinématographique qui transperce leurs clips en noir et blanc ne passe d’ailleurs pas inaperçu, puisque le cinéma le leur rend bien : certains de leurs morceaux apparaissent aux génériques de séries américaines telles que Banshee, The Returned, Night Shift mais aussi dans les films Misconduct avec Al Pacino et Anthony Hopkins et Baby, Baby, Baby avec Bradley Cooper et Jessica Alba. Rien que ça !

 

Sur les pas des illustres Arctic Monkeys ou encore The Black Keys, No Money Kids semble amorcer une belle ascension et confirme son statut de groupe à suivre de très près. Ils vous donnent rendez-vous le 21 juin, car c’est en votre compagnie qu’ils célébreront la fête de la musique à Cergy.

 

Juste entre nous

Ton dernier coup de gueule :

Les 5 ans à venir ! ça risque d’être très dur pour le monde de la culture et de l’éducation

 

Ton dernier coup de coeur :

Un vinyle, un live de David Bowie, Ziggy at the BBC de 72 à 73

 

Ton livre de chevet :

Une biographie de Victor Hugo, Les années Hugo de 1802 à 1885

 

La chanson que tu écoutes en boucle :

Albert King – She Caught The Katy

 

Une citation méditative

« Tant qu’un homme pourra mourir de faim aux portes d’un palais, il n’y aura rien de stable dans les institutions humaines ». Eugène Varlin