Alors que le Collectif Pour le Triangle de Gonesse (CPTG) appelle les opposants au méga-complexe de commerces et de loisirs du groupe Auchan à se réunir pour défendre les terres agricoles vouées à l’urbanisation, le Collectif “Europas-du-tout”, pointe, quant à lui, une nouvelle étude de la CCI Paris Île-de-France.

La mobilisation se poursuit sur le Triangle de Gonesse, située entre les aéroports Roissy Charles-de-Gaulle et du Bourget, pour obtenir l’abandon du projet EuropaCity.

 

Comme lors des dimanches 18 mars et 8 avril, des activités familiales et engagées seront organisées à l’endroit même où Europacity est censé voir le jour à l’horizon 2027. Des plantations, débats, pique-nique et de la musique ponctueront ainsi la journée.

 

Crédit photo : Yann Guillotin (http://nonaeuropacity.com)

Crédit photo : Yann Guillotin (http://nonaeuropacity.com)

« Plus que jamais, il faut poursuivre la mobilisation pour obtenir l’abandon du projet et soutenir CARMA, qui propose un autre destin pour le Triangle de Gonesse » martèle le président du CPTG, Bernard Loup.

 

Le projet alternatif qu’ils portent, baptisé “Coopération pour une Ambition agricole, Rurale Métropolitaine d’Avenir” (CARMA), propose d’implanter en lieu et place du Triangle de Gonesse une zone maraîchère et céréalière sur ces terres contestées afin de fournir en produit “sains” les cantines scolaires et les hôpitaux avoisinants.

 

Cette zone pourrait accueillir une unité de transformation et de distribution, un site de méthanisation ainsi qu’un centre de formation aux écométiers afin d’en faire « un lieu d’activité économique durable et une destination de loisirs », précise le collectif.

 

L’étude de la CCI « accrédite la dangerosité d’Europacity », selon Europas du tout

« Le groupe Auchan et son allié chinois Wanda ont enregistré une série de revers, mais Europacity n’est toujours pas remis en cause », lance le président du collectif qui rappelle que le tribunal administratif de Cergy a récemment annulé l’arrêté préfectoral de création de la ZAC sur laquelle Europacity doit être accueilli.

 

Plusieurs avis défavorables ont également été émis sur le projet. En août dernier, le commissaire-enquêteur chargé d’examiner la révision du Plan local d’urbanisme de Gonesse a considéré que les orientations du projet d’aménagement du Triangle de Gonesse étaient « incompatibles avec le pilier environnemental […] modérément compatibles avec le pilier économique […] et peu convaincantes sur le pilier social ». De même, le président de l’Agence francilienne de la biodiversité de la Région Île-de-France a annoncé, le 12 avril, être opposé au projet Europacity.  

 

“Europas du tout”, un collectif récemment constitué, réunissant des commerçants indépendants et de salariés s’appuie sur une étude de la Chambre de Commerce et d’Industrie Paris Île-de-France pour démontrer la « dangerosité » du projet pour les commerces de Seine-Saint-Denis. Favorables à une urbanisation mesurée de ces terres agricoles mais opposés à EuropaCity, ses membres alertent sur l’impact que pourrait avoir le complexe sur les commerces avoisinants, déjà fragilisés pour certains, selon cette étude publiée en mars dernier. « Les commerces de proximité, parfois implantés dans des quartiers fragiles définis en tant que zones prioritaires (ZFU-TE, QPV…), subissent toujours la crise et la concurrence des centres commerciaux », peut-on y lire.

 

Malgré tout, les promoteurs d’EuropaCity continuent de faire avancer leur projet. Une détermination que déplore Bernard Loup : « La preuve est faite que quiconque se penche sérieusement sur le projet EuropaCity en constate l’absurdité », déclare-t-il.