Besoin de vous soigner de la fièvre acheteuse ou envie de défier l’obsolescence programmée ? Il existe de multiples solutions pour prolonger la vie de nos objets et ainsi réduire nos déchets. Mieux encore, adopter un comportement de consommateur responsable peut offrir de nombreux avantages.

Par Fannie Joëts

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Le grand ménage de printemps a commencé et comme chaque année nous prenons conscience de tout ce que nous avons accumulé. De la garde-robe aux jouets des enfants, il n’y a pas un recoin qui ne mérite d’être passé en revue et quelque peu allégé. Votre mission : faire de la place en définissant ce qui est encore utile et nécessaire afin d’évacuer ce qui est hors d’usage. Mais se débarrasser de ce qui ne nous sert plus ne veut pas pour autant dire jeter. Usé, cassé ou démodé, chaque situation a sa solution et pour se motiver, découvrez cinq raisons d’adopter l’esprit récup’.

 

1 – LA FIERTÉ DE RÉPARER SOI-MÊME

 

Parmi les objets qui vous encombrent inutilement, certains ne fonctionnent plus, mais vous n’êtes pas décidés à les mettre au rebut pour autant. Dur dur de vous séparer de votre appareil photo, offert par votre grand-mère il y a tout juste six mois ou encore de votre robot fétiche, soutien culinaire inégalable pour régaler la famille ; cela tombe bien, les Repair cafés sont justement là pour vous aider. Ces espaces de réparations, ouverts à tous, collaboratifs et gratuits, permettent aux personnes possédant un objet défectueux d’être accompagnées par des bricoleurs volontaires afin de le remettre en état.

 

Si ce concept écologique et économique est né aux Pays-Bas en 2009, en France, c’est à Vauréal que le premier Repair café de l’Hexagone est apparu, sous l’égide de la mairie et de l’association Génération Solidaire Val d’Oise (GSVO). Pour Koffi Hukportie, mandataire social de GSVO et fondateur du Mouvement Repair Café en Val-d’Oise : « Le mot d’ordre est de réparer plutôt que de jeter. L’un des objectifs est d’aider les participants à voir leurs objets différemment, à comprendre leurs fonctionnements. Aujourd’hui, on est en plein dans ce que l’on peut appeler l’obsolescence matérielle ou logicielle, développe Koffi Hukportie. Le plus souvent, un simple dysfonctionnement peut engendrer l’abandon de l’objet, alors qu’il est réparable ». C’est ainsi que petits électroménagers domestiques et objets connectés se voient offrir une seconde vie à l’Auberge des Solidarités et du Numérique de Vauréal. Ce tiers-lieu inauguré en 2017 vous accueille chaque mercredi de 14h à 17h, et le samedi de 9h30 à 12h30 afin de partager savoir-faire et connaissance en toute convivialité. De quoi, peut-être, éveiller des vocations de MacGyver en herbe !

 

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Des Repair’acteurs en plein action

 

Avec l’arrivée des beaux jours, votre vélo aura sûrement besoin d’une petite visite d’entretien pour assurer les balades du dimanche. À Saint-Ouen-l’Aumône, la place Pierre Mendès-France accueillera, pour la sixième année consécutive, des ateliers gratuits de réparation de vélos les 5 et 19 mai. Menée par Véloservices de l’association Sauvegarde 95, cette structure d’insertion sociale vous reçoit également du mardi au samedi, à Cergy dans la cité artisanale Francis Combe. Pour affiner vos notions de mécano, le Repair Action Vélo, actif depuis 2008, vous propose des cours particuliers de petite mécanique, du lundi au samedi, à l’Auberge des Solidarités et du Numérique de Vauréal.

 

2 – REMPLIR SA TIRELIRE

Outre le plaisir d’acquérir de nouvelles compétences, l’autre bonne raison d’avoir l’esprit récup’ se trouve dans votre porte-monnaie. Lors de votre grande chasse aux objets obsolètes, peut-être êtes-vous tombés sur des vêtements encore jamais portés ou des objets à peine utilisés en parfait état. Dans ce cas, pourquoi ne pas tenter de les vendre ? Annonces en ligne, magasins de dépôt-vente ou brocantes, vous avez l’embarras du choix. Ce mois-ci, dans le Val d’Oise, plus de 35 vide-greniers sont programmés. Sur l’agglomération, il vous faudra réserver votre dimanche 13 mai pour participer à la braderie de la place des Linandes Beiges à Cergy. Le 20 mai, vous pourrez jouer de vos talents de négociateur à Cergy Village et le dimanche 27 mai, trois options s’offriront à vous, à Éragny village, au Parc des Larris de Pontoise et sur le parking de Décathlon à Cergy. Les magasins de dépôt-vente sont, eux, ouverts toute l’année.

 

Moins avantageux financièrement que la vente de particulier à particulier qui n’est soumise à aucune commission, ils peuvent cependant devenir intéressants pour des articles spécifiques. La penderie des enfants, par exemple, en perpétuel renouvellement ou le matériel de puériculture, qui n’a d’utilité que sur une courte période, trouveront facilement un nouveau propriétaire chez Bibou’mat à Vauréal. Cette boutique, spécialisée dans l’occasion pour enfants et bébés, dispose également d’un site internet et d’une application. Les jeunes parents peuvent ainsi se façonner un petit pécule et pourquoi pas, avec celui-ci, racheter ce dont ils ont besoin à des prix attractifs.

 

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3 – FAIRE UNE BONNE ACTION

Si vos objets ne trouvent pas preneur ou que vous avez simplement envie de faire preuve de solidarité, il est possible d’en faire don à des associations d’insertion sociale, spécialisées dans la recyclerie. Dans ce domaine, Emmaüs est un incontournable. Leur système de collecte puis de revente, est une boucle solidaire qui permet à la fois aux personnes dans le besoin de s’équiper et se vêtir à bas coût, mais aussi de générer des emplois. « Sur les sites de Cergy et de Bernes-sur-Oise, on emploie et héberge une soixantaine de compagnons, confie Aline Carcenac, l’une des trois responsables de la communauté du Val d’Oise. Nous n’avons aucune aide de l’État, ces postes sont autofinancés grâce aux donateurs et aux acheteurs. C’est un modèle associatif assez peu commun à l’heure actuelle puisque la plupart des associations ne vivent qu’à travers
les subventions. Nous, nous sommes vraiment indépendants de ce côté-là.» Acteur majeur de la prévention des déchets grâce au réemploi, le mouvement lutte contre le « tout jetable ». L’association propose par ailleurs un service de ramassage à domicile qui peut être appréciable lorsqu’il s’agit de meubles imposants.

 

Votre bibliothèque plie sous le poids des livres et vous aimeriez libérer de la place pour de nouveaux romans ? Ouvrez l’œil ! Aux abords des bibliothèques ou dans les rues, de plus en plus de Boîtes à livres se déploient pour accueillir vos ouvrages. Le principe est simple : on y dépose et/ou prend librement de quoi assouvir sa soif de lecture. Ces dispositifs sont régis par une logique d’économie solidaire, de confiance et de partage entre les citoyens. Sur l’agglomération, plusieurs villes prennent part à cette démarche. Pontoise, qui bénéficie déjà de six Boîtes à lire, envisage d’en installer trois supplémentaires dans le courant de l’année, avec l’appui du Conseil des Sages. La ville de Vauréal a, quant à elle, élargi ce concept en plaçant une Givebox dans le hall de L’Agora. On peut y trouver toutes sortes d’objets du quotidien tels que des jouets, DVD, vêtements et même petits électroménagers. Déclinée également en version culturelle, la Boite’Z’arts, postée à l’École municipale de musique de Vauréal, abrite CD, vinyles et partitions. Enfin , depuis le début du mois, la place de l’ancienne mairie accueille la première Book Box de la commune. Voilà de quoi soulager vos étagères tout en partageant vos coups de cœur culturels.

 

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La Givebox de Vauréal

 

 

DONNEZ UNE SECONDE VIE À VOS OBJETS AVEC GRATIFERIA, LE MARCHÉ 100% GRATUIT !

Brocantes-Oise-Mars-2014Lancée à l’initiative du conseil de quartier des Toupets-Longues Terres en 2016 à Vauréal, la Gratiferia permet de donner une seconde vie aux objets en tout genre. L’objectif de ce marché 100 % gratuit, où la seule monnaie d’échange acceptée est le sourire, est de créer un élan de collaboration citoyenne, en s’appuyant sur des habitants volontaires qui participent activement au bon déroulement du marché. Ce concept, originaire d’Amérique latine, doit son nom à la contraction de « Gratis » et « Féria », foire gratuite en français. Il encourage la consommation responsable, on y prend uniquement ce dont on a besoin. Contrairement au troc, son système ne repose pas sur l’échange. Le don se fait sans contrepartie et chacun peut s’approprier ce qu’il souhaite, qu’il ait ou non quelque chose à offrir, dans une seule limite, être raisonnable. On peut y donner des vêtements, livres, jouets, vaisselle, matériel informatique, hifi et vidéo ou encore électroménager de petite taille. Unique condition : les affaires doivent être propres, les objets en état de marche, ni abîmés ni cassés… car il ne s’agit pas d’une déchèterie ! La prochaine Gratiferia sera organisée à l’automne 2018.

 

 

4 – DÉNICHER LES BONNES AFFAIRES

Qui dit esprit récup’ dit aussi consommer responsable, car pour limiter ses déchets, il faut aussi raisonner ses achats. Pour autant, cela ne veut pas dire qu’il est interdit de se faire plaisir. À Pontoise, Margot et ses quatre enfants l’ont bien compris. La famille a ouvert un dépôt-vente de prêt-à-porter et accessoires pour femmes. Videlabütic propose des articles de grandes marques et de luxe à petit prix pour le plus grand bonheur des accros du shopping. À plus grande échelle, la friperie Kilo shop ravira les amateurs de mode en quête de tenues tendances. Installée au cœur du centre commercial des 3 Fontaines, on y trouve des pièces de seconde main, parfois rares ou de collection, puisqu’elles ne sont plus fabriquées sur le marché. Kilo shop est réapprovisionné chaque semaine, le prix de vente est fixé en fonction du poids. Chaque article estmuni d’un bip de couleur indiquant son prix au kilo. Un jeans Levi’s de 700 grammes revient ainsi à 14€ et un chemisier de 200 grammes à 6€.

 

Et comme le vintage est tendance, Emmaüs voit aussi sa clientèle s’étoffer. « Les personnes qui viennent au magasin ne sont pas forcément des gens qui sont dans le besoin, on a aussi une clientèle de chineurs.», précise Aline Carcenac. Les salles de vente de la communauté organisent régulièrement des évènements thématiques. Les amateurs de beaux livres, vinyles, photos, cinéma et objets rétro peuvent y trouver la perle rare. Ce mois-ci, les 12 et 13 mai à Bernes-sur-Oise, une vente spéciale sera consacrée aux tableaux et aux cadres, et à Cergy, la mercerie et les bijoux seront à l’honneur du 17 au 19 mai. L’occasion de faire de belles trouvailles tout en réalisant des achats solidaires.

 

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Salle de vente d’Emmaüs à Cergy

5 – BOOSTER SA CRÉATIVITÉ

 

Recycler ses vêtements et les objets du quotidien est un bon réflexe et pour aller plus loin, certaines associations proposent même de recycler nos déchets. L’Association Latino du Val d’Oise (ALVO) organise régulièrement des ateliers créatifs à base d’emballage du quotidien. Sacs à main confectionnés à partir de boîtes de lait et de vieux vêtements ou pochettes tissées avec des paquets de chips, de bonbons ou de café, rien ne se perd, tout se transforme. Pour pré- parer le carnaval de quartier, l’association propose de fabriquer votre propre costume avec de la récup’, le samedi 26 mai de 14h à 16h30 à Visages du monde. Du créatif à l’artistique, il n’y a qu’un pas. Au Carreau de Cergy, l’artiste Véronique Valier interviendra dans le cadre d’un atelier Reliefs et volumes, faits de recyclage le mercredi 16 mai de 15h à 17h. Depuis quelques années, cette artiste crée des œuvres entièrement réalisées à l’aide de matières recyclées. Elle défend ainsi une «production écologique», dans un souci du développement durable et de l’économie circulaire où l’art a toute sa place.

 

Légende _ Véronique Valier, crédit Ville de Conflans-saint-honorine

Véronique Valier, crédit Ville de Conflans-saint-honorine

À Osny, c’est à la bricothèque que vous pourrez rénover vos meubles et même apprendre à en créer de nouveaux. Si vous êtes déjà bricoleur, mais ne possédez pas les outils nécessaires, la bricothèque vous ouvre ses portes chaque mercredi après-midi pour vous prêter ce dont vous avez besoin. En revanche, si ponceuse et perceuse vous sont tout à fait étrangères, l’association Les Fées Récup se charge de vous initier à la création de meubles en bois de palette. Le cycle d’apprentissage se déroulera les 3, 15 et 29 mai pour se terminer le 12 juin. Découpes, mesures, assemblage et peinture, n’auront plus de secrets pour vous.

 

EXPOSITION : ZÉRO DÉCHET ATTITUDE !

expo zero dechetUne exposition tout en récupération, ludique, interactive et multimédia s’est installée au musée du Vexin français, à Théméricourt. Visible jusqu’au 30 novembre, cette exposition réalisée par Les attrapeurs de rêves et Défi Patrimoine, vise à sensibiliser à la nécessité de réduire la quantité de déchets générée. On y trouve des clés pour agir au quotidien aussi bien à la maison, qu’au bureau ou à l’école, en faisant ses achats ou même en bricolant. De jeu en jeu, les visiteurs testent leurs pratiques de consommation, apprennent les écogestes, font des choix et s’engagent sur le chemin initiatique de l’exposition, de la prise de conscience à la voie du changement. Au menu : jeux multimédias sur borne tactile, mini films, jeux de manipulation, maquettes, grandes installations, espaces sensoriels et espaces d’écriture. Des ateliers pour enfants sont prévus les mercredi 11 juillet, 22 août, 24 et 31 octobre. Ils pourront y fabriquer de petits paniers, tirelires, cache-pots et marionnettes, à partir des déchets du quotidien. Vous pourrez également devenir des consomm’acteurs responsables à l’occasion de la journée d’animations tout public le 24 juin. Sur les thématiques Maison Zéro déchet et Jardin Zéro phyto, des ateliers, exposition, film, conférence et stands d’information vous guideront sur les pas du tri et du recyclage. Un spectacle éducatif et citoyen pour enfants Gachis Bouzouk aura lieu à 14h et 17h. Informations et réservations au 01 34 48 66 00 / Tarif des ateliers : 5€ Musée du Vexin français – Maison du Parc – 95450 Théméricourt