Alors que la loi impose la présence d’au moins 50% de produits issus de l’agriculture biologique dans la restauration collective publique d’ici 2022, l’association « Les Amis de la Terre » a réalisé une enquête auprès des communes du Val d’Oise, afin de faire un état des lieux de l’offre de produits bio dans les cantines. Si cette dernière révèle « des marges de progrès importantes », les villes de Saint-Prix et Bessancourt apparaissent comme les meilleures élèves.

L’association de protection de l’Homme et de l’environnement a lancé, en avril, une enquête auprès des collectivités du département afin d’évaluer la qualité environnementale des denrées distribuées dans les établissements scolaires. La consultation concerne seulement les communes d’au moins 5000 habitants. Ces dernières sont invitées à répondre à un questionnaire axé sur trois points : présence ou non de repas bio ainsi que leurs proportions, localisation de la préparation des repas, et présence ou non de repas végétariens.

 

Sur 54 villes identifiées, seules 19 d’entre-elles ont, à ce jour, répondu. « Toutes les collectivités n’ont pas joué le jeu, mais les réponses obtenues montrent que derrière quelques locomotives, les marges de progrès sont importantes », constate l’association. L’association s’est également basée sur les données disponibles en ligne de huit autres villes n’ayant pas réagi. « On peut imaginer que pour la plupart [des communes n’ayant pas répondu], la qualité environnementale des repas qu’elles servent n’est, au-delà de quelques exceptions, pour l’instant pas une priorité », regrettent les membres des  « Amis de la Terre » qui indiquent ne pas avoir reçu d’information du Conseil Départemental, également sollicité.

 

Un peu de bio dans certaines cantines

Exemple d'un plateau repas servi dans une cantine scolaire. Crédits photo : Les Amis de la Terre.

Exemple d’un plateau repas servi dans une cantine scolaire. Crédits photo : Les Amis de la Terre.

D’après les conclusions partielles publiées le 25 avril dernier, 13 collectivités offrent au moins 15% de produits issus de l’agriculture biologique dans les menus scolaires, dont Franconville (20%), Cergy-Pontoise (35%) et Herblay (40%). Cela représente un, voire deux éléments qui composent les plateaux-repas.

 

L’association ajoute que dix communes proposent de façon occasionnelle des repas végétariens à leurs écoliers, notamment les villes de Fosses et de Saint-Brice-sous-Forêt.

 

Les localités de Bessancourt et de Saint Prix se démarquent en proposant respectivement, 100% et 75% de repas d’origine biologique. Pour le maire de Saint-Prix, commune très engagée en faveur de l’environnement, « garantir à nos enfants l’alimentation plus saine possible », relève « d’un acte militant ».

 

« C’est vraiment une volonté que nous avons et que nous mettons en place très progressivement depuis plusieurs années. », affirme Jean-Pierre Enjalbert. La ville a même déjà prévu d’aller plus loin puisqu’elle prévoit « d’atteindre 100% de produits bio en 2020 » .

 

Cette enquête fait écho à la décision prise le 19 avril 2018 par les députés de la commission des Affaires économiques de l’Assemblée nationales d’imposer aux collectivités locales, au travers d’amendements, la présence d’au moins 50% de produits biologiques ou de tenir compte de la préservation de l’environnement dans la restauration collective. Elles ont jusqu’en 2022 pour y parvenir. 

 

Faire du bio et du local, « mission quasi-impossible »

Par ailleurs, la structure associative déplore que faire du bio et du local constitue une « mission quasi-impossible » dans le Val d’Oise à cause notamment du nombre restreint d’exploitations bio dans le département. Au nombre de 15 selon l’association, pour une surface de 751 ha, celles-ci ne représenteraient seulement qu’1,3% de la surface agricole utile, soit « la plus faible surface des départements de grandes couronne ».

 

« Les amis de la Terre » met en exergue quelques solutions comme la conversion des exploitations vers le biologique grâce à des aides spécifiques allouées par le département ou encore l’investissement des communes dans le maraîchage bio. La commune de Bessancourt prévoit ainsi la réimplantation de maraîchers bio sur une surface de trente hectares. « En plus du 100% bio et du repas végétarien proposé quotidiennement dans les cantines, nous souhaitons investir dans le circuit court en développant la production locale bio », assure le maire de Bessancourt, Jean-Christophe Poulet.

 

« Bref, les collectivités détiennent tous les leviers pour que demain les écoliers de notre département puissent manger sainement et sans impact sur l’environnement », conclut l’association.

 

Données fournies par les communes ayant répondu au questionnaire :

  • Argenteuil : 4% par an. 20% deux fois par an. Repas confectionnés par une cuisine municipale.
  • Auvers-sur-Oise : 5 repas bio sur l’année. Repas végétariens occasionnels. Repas confectionnés par un prestataire.
  • Beauchamp : 20% de denrées bio. Pas de repas végétariens. Repas confectionnés par une cuisine municipale.
  • Bessancourt : 100% de denrées bio. Repas 100% bio végétariens proposés chaque jours. Repas confectionnés par un prestataire. 
  • Bouffémont :  Denrées bio envisagées.  1 repas bio tous les quinze jours (bientôt une semaine). Repas confectionnés par un prestataire.
  • Cergy-Pontoise : 35% de denrées bio. 2 menus végétariens/mois. Repas confectionnés par un prestataire.
  • Courdimanche : 40% de denrées bio à chaque repas (deux composants). Repas semi-végétarien. Repas confectionnés par un prestataire.
  • Deuil-la-Barre : 27% de denrées bio. 1 menu végétarien par mois. Repas confectionnés par un prestataire. 
  • Fosses : 16% de denrées bio. Repas végétariens occasionnels. Repas confectionnés par un prestataire.
  • Franconville : 20% de denrées bio. Repas végétariens occasionnels. Repas confectionnés par une cuisine municipale.
  • Groslay : 5% de denrées bio. Repas confectionnés par une cuisine municipale.
  • Herblay : 40% de denrées bio. Repas végétariens occasionnels. Repas confectionnés par un prestataire.
  • Montmagny : 1 fruit bio servis une fois par moi. Pas de repas végétariens. Repas confectionnés par une cuisine municipale en partenariat avec un prestataire.
  • Montmorency : 20% de denrées bio (trois composantes bio par semaine). Possibilité de servir des menus végétariens tous les jours (régime alimentaire spécial). Repas confectionnés par un prestataire.
  • Saint-Brice-sous-forêt : 8% à 10% de denrées bio. Repas végétariens occasionnels. Repas confectionnés par un prestataire.
  • Saint-Gratien : Garnitures bio (légumes sauf pommes de terre et céréales) + 6 laitages sur deux mois. Pas de repas végétariens. Repas confectionnés par un prestataire.
  • Sarcelles : 1 menu bio complet est proposé une fois par mois. Des repas végétariens (sans viande) sont proposés. Repas confectionnés par un prestataire.
  • Soisy-sous-Montmorency : Des menus bios servis occasionnellement. Repas confectionnés par une cuisine municipale.
  • Vauréal : Deux ingrédients bio par jour. 1 menu végétarien tous les quinze jours. Repas confectionnés par un prestataire.

 

Données obtenues sur les sites web des communes :

  • Beaumont-sur-Oise : 1 à deux composantes bio par semaine.
  • Bezons : 1 à 2 composantes bio par semaine.
  • Eaubonne : 20% de denrées bio.
  • Marly-la-Ville : 15% de denrées bio.
  • Sannois : 2 composantes bio par semaine.
  • St-Leu-la-Forêt: 20% de denrées bio.
  • Saint-Prix : 75% de denrées bio.
  • Taverny : 3 composantes bio par semaine.