Près de cinquante agents du centre hospitalier de Gonesse ont manifesté ce mardi 29 mai à l’appel de la CGT. Ils ont dénoncé une nouvelle fois le manque de personnel alors que la demande de soins, elle, est en augmentation. De son côté, la direction explique avoir des problèmes de recrutement. 

« On ne veut plus subir, ça suffit ! », Mohamed Farid, délégué CGT de l’hôpital de Gonesse tire une nouvelle fois la sonnette d’alarme.
 Près de cinquante employés de l’hôpital ont répondu à l’appel à la grève du syndicat majoritaire mardi 29 mai. 
Ce n’est pas la première fois que le personnel de l’hôpital manifeste. Ils avaient déjà, par le passé, évoqué un problème de manque de personnel ajouté à une hausse de la demande en soins médicaux, encore d’actualité.
 Les urgences, par exemple, ont vu leur fréquentation passer de 45 000 visites en 2015 à près de 60 000 visites en 2018, sans pour autant augmenter l’effectif du personnel médical. 
Le service des urgences ne serait pas le seul concerné. Mohamed Farid parle même « d’un ras-le-bol général qui gagne tous les services ». On voit bien que c’est un problème d’ampleur nationale, mais l’hôpital de Gonesse est particulièrement malmené. Il faut que cette situation cesse d’exister ! », s’agace le représentant syndical.

 

« On nous demande de courir, partout, tout le temps »

 

Des conditions jugées insupportables par les employés qui craignent que cela porte préjudice aux patients. « On nous demande de courir partout parce qu’il n’y a pas assez de personnel. Je suis tellement occupée que je n’ai même plus le temps d’être avec les patients alors que je suis aide-soignante. J’arrive au bloc et je dois demander de quoi le patient vas être opéré, je ne suis pas non plus au courant de ses possibles allergies. Une fois, ma collègue à appliquer de la bétadine sur un patient qui y était allergique, il n’y a pas eu de drames, on l’a nettoyé de suite, mais c’est des problèmes qui peuvent arriver de plus en plus souvent en travaillant à ce rythme. », confie Carole-Anne Strzelecki, aide-soignante .

 

« Nous sommes ouverts à la discussion »

 

Une dégradation que la direction attribue aux problèmes de recrutement de l’hôpital, notamment pour les horaires de nuit. En effet, 18 postes sont encore à pouvoir aux urgences de nuit. « On a un problème de postes vacants et de surcharge de travail parce que l’on n’arrive pas à recruter, surtout la nuit. Donc, forcément, non seulement la journée est longue parce qu’ils travaillent 12 h, mais en plus leur charge de travail est alourdie parce qu’il manque du personnel », explique Sonia Neurisse, directrice des ressources humaines du centre hospitalier.
 De son côté, la directrice de l’hôpital, Catherine Vauconsant, affirme essayer de trouver un équilibre entre les besoins de l’hôpital, la réglementation et les divers besoins du personnel.  « On entend et comprend leurs revendications, nous sommes ouverts à la discussion, nous avons même doublé les différentes instances consacrées au dialogue, mais il faut que cela se fasse dans un cadre où l’un écoute les contraintes de l’autre. », développe la directrice.

 

La discussion semble avoir été rétablie puisqu’une réunion s’est tenue ce mercredi après-midi 30 mai, entre la direction, la CGT et divers représentants de service. Si aucun accord ne semble avoir été trouvé, Mohamed Farid évoque « une légère amélioration et de petites avancées qui seront inscrites dans un rapport écrit que la direction [leur]remettra lundi 4 mai, normalement. »

 

Les images de la manifestation survenue le mardi 29 mai :