La cour d’appel de Versailles a prononcé, mardi 3 juillet, une peine moins lourde qu’en première instance à l’encontre de la famille antillaise de Marly-la-Ville, poursuivie pour dérive sectaire. La prêtresse vaudoue, principale prévenue dans cette affaire, a écopé de quatre ans de prison dont deux ans avec sursis.


Surnommée « maman » par ses anciens adeptes, la prêtresse vaudou de Marly-la-Ville, a été condamnée par la cour d’appel de Versailles, à quatre ans de prison dont deux ans avec sursis et mise à l’épreuve pendant trois ans. Son mari et ses filles, eux aussi poursuivis, ont été condamnés à deux ans d’emprisonnement dont un avec sursis et mise à l’épreuve pendant trois ans.

pretesse-vaudou

La défense comme la partie civile avaient décidé de faire appel du jugement prononcé par le tribunal correctionnel de Pontoise en avril 2016.

 

En avril 2016, la prêtresse vaudoue avait été condamnée une première fois par le tribunal correctionnel de Pontoise, pour abus de faiblesse aggravé, à cinq ans de prison dont dont deux ans avec sursis et mise à l’épreuve.  Les autres membres de la familles étaient jugés pour complicité. Le mari avait écopé de 18 mois de prison avec sursis et leur deux filles, de trois ans de prison dont deux avec sursis et mise à l’épreuve. Une vingtaine d’adeptes avaient porté plainte.

 

« La période de prison ferme prononcée a été réduite mais le délai de mise à l’épreuve a augmenté, c’est important pour les parties civiles que je représente », tempère Me Frédéric Aguillon, avocat de huit parties civiles, qui avait fait appel, tout comme la défense, du jugement rendu en première instance. « Deux obligations ont été prononcées. Celle de ne pas entrer en contact avec les victimes et de les indemniser. Avec le délai de mise à l’épreuve qui a été rallongé, la famille va devoir rendre des comptes plus longtemps à la justice qui va contrôler si ces deux obligations sont bien respectées », explique l’avocat.

 

Autre source de satisfaction mis en avant par l’avocat de la défense, «  la reconnaissance des sévices sur les animaux » qui n’avait pas été reconnue par le tribunal correctionnel de Pontoise.

 

Pas assez de biens confisqués aux yeux de la partie civile

Selon les calculs de la partie civile, la famille antillaise devra verser aux victimes près de 600 000 € au titre de préjudice matériel et 200 000 € de préjudice moral.

 

La cour d’appel de Versailles a prononcé la confiscation de deux biens sur les sept que possèdent la famille. « Le tribunal de Pontoise lui avait prononcé la confiscation de quatre biens. S’il y a une insatisfaction, elle est là. Je ne suis pas sûr qu’avec deux biens confisqués, on parvienne à indemniser l’intégralité des parties civiles », regrette Me Frédéric Aguillon.

 

Contacté, l’avocat de la défense n’a pas donné suite à nos sollicitations.