Un nouveau rapport d’experts demandé par la juge d’instruction écarte la responsabilité des gendarmes dans la mort d’Adama Traoré lors de son interpellation en 2016 à Beaumont-sur-Oise.

Le décès d’Adama Traoré serait lié à « l’évolution naturelle d’un état antérieur suite à un effort ». Voici la conclusion apportée par un nouveau rapport d’experts qu’a pu consulter le journal Le Monde.

 

Ce nouveau rapport commandé par la justice suite, le quatrième depuis le début de l’affaire il y a deux ans, écarte la thèse d’un problème cardiaque ayant entraîné le décès du jeune homme. Les experts relèvent chez Adama Traoré un « trait drépanocytaire », une maladie héréditaire qui complique la circulation sanguine, ainsi qu’un cas de « sarcoïdose de stade 2 », amas de cellules inflammatoires. Pour eux, ces deux éléments combinés à une course poursuite de près de 15 minutes, auraient « exposé [Adama Traoré, nldr] à un effort et à un stress intense », et conduit à son décès suite à une « une anoxie tissulaire », autrement dit un manque d’oxygène. Ces conclusions viennent notamment contredire celle d’un précédent rapport rendu en 2016, qui mettait en avant un problème cardiaque chez le jeune homme.

 

Pour rappel, le jeune homme de 24 ans, avait été interpellé le 16 juillet 2016 par trois gendarmes dans un appartement de Beaumont-sur-Oise, après à une course-poursuite. Celui-ci est décédé au sein de la gendarmerie de Persan/Beaumont-sur-Oise. Depuis, une information judiciaire est ouverte pour « violences par personne dépositaire de l’autorité publique ayant entraîné la mort sans intention de la donner » et « non-assistance à personne en danger ».

 

Un mensonge pour Assa Traoré

« Pour la première fois, nous avons un rapport d’experts qui permet de dire que l’on peut exclure les causes cardiaques, de maladies infectieuses et qui confirme la compression thoracique exercée par les gendarmes », a réagi Assa Traoré, soeur d’Adama.

Pour autant, ce rapport suscite son indignation car « les conclusions de ce rapport sont erronées et mensongères ». Pour elle, la course ne peut avoir duré si longtemps, car la distance parcourue était de 437 mètres et « Adama Traoré avait un coeur d’athlète ».

 

Le collectif de soutien annonce l’organisation d’une marche pour réclamer la mise en examen des gendarmes ayant arrêté Adama et la libération des frères Traoré. Celle-ci aura lieu le 13 octobre prochain à 14h30 à la gare du Nord (Paris).