Le département du Val-d’Oise souhaite que deux de ses projets soient financés par le fonds d’investissement interdépartemental : le campus international et l’avenue du Parisis.  Initié par les sept départements d’Île-de-France et doté de 150 millions d’euros, ce dispositif doit voir le jour en janvier prochain.

« Rééquilibrer les richesses et lutter contre les inégalités en Île-de-France », voici les objectifs que se fixe ce fonds d’investissement. Annoncé en avril dernier lors du salon des maires d’Île-de-France, il doit voir le jour en janvier 2019 et sera doté d’une enveloppe annuelle de 150 millions d’euros, alimentée par l’ensemble des départements franciliens. La contribution des départements est variable d’une année à l’autre et calculée selon leurs moyens. Pour sa première année, elle s’élèvera à 5% des dépenses d’investissements sur la période 2015-2017, additionnée à 7% de l’épargne nette de l’année 2016. Une formule, qui amène le Val-d’Oise à contribuer à hauteur de 9,24 M d’€, soit la moins importante, loin derrière les Hauts-de-Seine (62 M d’€) et les Yvelines (27 M d’€).

 

Deux projets val-d’oisiens

Campus International Paris Seine Cergy Pontoise Université Parc François Mitterand

Le parc François Miterrand à Cergy , coeur du futur Campus International. Porté par la COMUE Paris-Seine, le département, l’agglomération et les villes de Cergy et Neuville-sur-Oise, il ambitionne de figurer parmi les 100 meilleures universités au monde en 2030.

L’attribution de ces fonds doit se faire après approbation à l’unanimité par les membres de son conseil d’administration, constitué des sept présidents des Conseils départementaux franciliens. Dans le cas du Val-d’Oise, deux projets vont être proposés à ce mécanisme : le campus international de Cergy-Pontoise, « C’est un projet interdépartemental, nous travaillons déjà avec les Yvelines, car l’université de Cergy à son IEP (institut d’étude politique), installé à Saint-Germain-en-Laye », détaille Marie Christine Cavecchi, présidente (LR-UVO) du Conseil départemental du Val-d’Oise. Le second projet : l’avenue du Parisis (ex-BIP), qui doit « relier l’est et l’ouest, Cergy et Roissy, les deux pôles économiques du département ». Cette route doit permettre d’améliorer la desserte de « Roissy et le Bourget, Roissy dans le Val-d’Oise et le Bourget en Seine Saint-Denis, là aussi on est dans l’interdépartementalité », explique l’élue.

 
 
 
 
 
 

 

 

Un pied de nez au gouvernement

La mise en place de ce fonds intervient également dans un climat de défiance entre les départements et le gouvernement pour plusieurs raisons : l’encadrement de leurs dépenses, ainsi qu’un projet de réforme des échelons administratifs au sein de la région. « Il a été question à un moment de supprimer les départements de grande couronne, de regrouper ceux de petite couronne avec la ville de Paris et récupérer dans cette entité administrative trois pôles économiques importants : Saclay, Roissy et Marne-la-Vallée avec EuroDisney », explique Marie-Christine Cavecchi. « Ça [ce projet, ndlr]nous à fait bondir, nous étions déjà en interdépartementalité […] là ça a boosté les choses, dans le malheur on trouve des solutions », estime la président du Conseil départemental.

 

 

En parallèle, les départements franciliens réclament la hausse des moyens du fonds de solidarité départemental de la région Île-de-France (FSDRIF). Actuellement d’une valeur de 60 M d’€ par an, ils souhaitent voir l’enveloppe de ce dispositif de péréquation doubler. Une mesure qui pourrait notamment être financée par une hausse de la contribution des Yvelines et des Hauts-de-Seine, mais qui nécessite une modification législative.