Des Argenteuillais découvraient en février dernier un projet de construction d’un Lidl sur la butte d’Orgemont. Opposés à cette construction, certains riverains ont lancé un collectif de défense. La ville qui a validé le permis de construire s’oppose désormais au projet.

« Il existe déjà trois Lidl dans un rayon de trois kilomètres. […] Argenteuil et Orgemont méritent mieux qu’une énième enseigne low cost ! », déplore le collectif de défense de la butte d’Orgemont, créé fin février pour lutter contre ce projet. C’est une des raisons pour laquelle ils s’y opposent, et avaient d’autres ambitions pour ce terrain, comme « un aménagement paysager ou une pépinière ». « Mais à la place, ils auront un magasin Lidl sur un îlot de béton ».

 

Un bâtiment de 2300 mètres carrés

La butte d'Orgemont à Argenteuil. Crédits : Collectif pour la défense de la butte d'Orgemont.

La butte d’Orgemont à Argenteuil. Crédits : Collectif pour la défense de la butte d’Orgemont.

Le projet porté par le groupe Lidl, comprend la création d’un bâtiment d’une surface de 2300 mètres carrés et d’une hauteur maximale de 7 mètres. Il doit être accompagné d’un parking de 7000 mètres carrés, correspondant à 147 places de stationnement. Une piste cyclable et une coulée verte sont également prévues.

 

Vent debout contre cette implantation, et à l’origine d’une pétition, le collectif reproche à la municipalité d’avoir classé le terrain en secteur d’activité économique en 2007, le « livr[ant]aux mains de la grande distribution ». Selon eux, elle aurait pu et aurait dû le classer en zone naturelle, pour éviter cette situation. Car le groupe Lidl a déposé en 2014 un permis de construire d’abord refusé, puis finalement accepté par la mairie trois ans plus tard.

 

Le maire a « compris le message », selon le collectif

« À cette époque [en 2007, ndlr], la butte ne ressemblait pas à ce qu’elle est aujourd’hui, le cadre a changé. […] Ce choix avait été fait pour éviter de nouvelles constructions de logements », se défend la mairie d’Argenteuil. « Ensuite, si le permis a été validé, c’est parce le projet était davantage conforme au plan local d’urbanisme. Ça se rapprochait plus de ce que l’on pouvait attendre ».

 

Mais en mars dernier, la ville a organisé une réunion publique pour présenter le projet aux riverains. « Après ce rassemblement, le maire [Georges Mothron (LR), ndlr] était chamboulé, explique Marine Chailloux, présidente du collectif de défense de la butte d’Orgemont. Il a dit avoir compris le message des riverains, et s’est aussi dit prêt à annuler le permis de construire ». Dans un communiqué de presse daté du 18 avril, Georges Mothron à également fait savoir « [qu’il] ferait, avec l’ensemble des élus, tout ce qui est de [leur]pouvoir pour repousser cette implantation de Lidl sur ce site ». Un soulagement pour les membres du collectif, qui ne veulent pas de cette « construction horrible ».

 

« Un enjeu » des municipales

Un droit de préemption a été voté par le conseil municipal de la ville le 17 avril dernier. Il doit permettre à Argenteuil d’être prioritaire pour acquérir ce terrain si un acte de vente devait être signé entre son propriétaire et Lidl. Une décision « qui donne une idée de la position de la municipalité », tient à rassurer le cabinet du maire.

 

Deux recours contre le permis de construire ont également été déposés : un par le collectif de défense de la butte, un autre par un particulier. La mairie va donc le réexaminer. Le résultat sera connu d’ici quelques jours. Les habitants mobilisés, eux, envisagent d’interpeller les candidats aux municipales de 2020 sur ce sujet, devenu « un enjeu électoral », selon Marine Chailloux.