Dans la première ville du département, à moins de six mois des élections municipales de mars 2020, les candidatures se multiplient.

À Argenteuil, l’histoire va-t-elle se répéter ? Philippe Doucet, maire (PS) de la ville entre 2008 et 2014 a annoncé sa candidature pour les municipales de mars prochain. Plus récemment, Georges Mothron (LR), maire entre 2001 et 2008 et depuis 2014 à lui aussi officialisé son souhait de briguer l’hôtel de ville pour le mandat 2020-2026.

 

Mais les retrouvailles entre les deux hommes, déjà face à face lors des municipales de 2008, 2014 et des législatives de 2012 pourraient être perturbées. La vague La République en Marche! étant passée par là en mai 2017, ajouté aux candidatures d’autres listes.

 

« J’ai été très sollicité par les Argenteuillais », Philippe Doucet

Simple conseiller municipal de la ville depuis sa défaite à 187 voix près en 2014, Philippe Doucet (PS), prépare son retour depuis quelques mois. « On discute avec les habitants pour construire notre projet. [] On est dans une construction collective avec les citoyens  », explique-t-il.

 

À l’origine de son retour, un « engouement ». « Toute l’année 2018 j’ai été très sollicité par les Argenteuillais, et puis c’est monté. Depuis 2019 les gens me disent ‘Monsieur Doucet il ne faut pas lâcher l’affaire, il faut que vous reveniez, ça ne peut pas continuer comme ça’ ».

 

Quant à savoir si l’ex député-maire souhaite prendre sa revanche sur son adversaire, Georges Mothron, il réfute. « On a peut-être perdu en 2014, mais c’est surtout Argenteuil et les Argenteuillais qui ont perdu au final. Les histoires de revanche ne m’intéressent pas, ce qui m’intéresse c’est le projet que l’on porte ».

 

Avant que la bataille politique ne prenne de l’ampleur, elle se poursuit toujours en justice entre les deux hommes. Philippe Doucet a été mis en examen en janvier dernier dans le cadre d’un dépôt de plainte de Georges Mothron. Il est soupçonné de « prise illégale d’intérêt », « favoristime » et « détournement de fonds publics ». « Tout ça se sont des dossiers qui sont vides. […] Je n’ai pas de problème, on assumera tout ça », conclut le candidat aux municipales.

 

« J’aimerais aller jusqu’au bout des réalisations », Georges Mothron

De son côté, l’actuel maire n’entend pas céder les clés de l’hôtel de ville. Georges Mothron l’a récemment officialisé, il briguera un 3e mandat. « On change de majorité à chaque élection, je pense qu’il est bon de retrouver un peu de continuité, de stabilité », justifie celui qui a été maire à deux reprises (2001-2008 et 2014-2020).

 

Une raison, mais pas la seule. « Il y a des réalisations qui sont en cours et j’aimerais les mener jusqu’au bout », explique le maire évoquant les projets de « récupération des rives de la Seine » et la mise en place de « promenades douces ». « Nos projets ont été lancés tard du fait d’un début de mandat où il a fallu rétablir les équilibres financiers, on a perdu deux à trois ans, sur six ce n’est pas rien ».

 

Interrogé sur l’entrée en campagne de l’ancien maire socialiste, Georges Mothron botte en touche. « Je ne me bats pas contre des gens, mais pour des projets ».

 

Trois autres listes confirmées

Mais d’autres partis comptent bien jouer les trouble-fête entre ces deux hommes. La République en Marche!, fort de son succès lors des législatives de juin 2017 espère continuer sur sa lancée lors de ces élections. « Nous sommes une jeune formation politique qui n’est pas implantée localement. Nous avons 2000 élus locaux, ce qui est peu. Moi mon objectif c’est qu’on puisse multiplier le nombre d’élus locaux dans les villes de France pour mieux agir demain », expliquait Stanislas Guerini délégué général de LaREM sur BFMTV le 23 septembre dernier.

 

Contacté François Ernst, référent départemental du parti présidentiel, partage ce positionnement. « On annonce des candidats sur toutes les villes de plus de 9000 habitants, il y en a 39 sur le département », avant de préciser que pour Argenteuil « c’est Olivia Fillette qui a été investie la semaine dernière. »

 

À cette liste, d’autres s’ajoutent. À gauche, celle de Force ouvrière, portée par Dominique Mariette, en plus d’une liste d’union de la gauche (France Insoumise, Parti communiste, Génération.s et Gauche démocratique et sociale) dont la tête de liste vient d’être élue en la personne de Alima Boumediene-Thiery. À droite, l’UDI ne présentera pas de candidat, Boualem Meziane étant présent sur la liste portée par Georges Mothron.