Le député (DVG) de la 8e circonscription, maire de la ville durant 20 ans annonce qu’il va conduire une liste dans le cadre des municipales. Un retour dans la politique de la ville, alors qu’il avait cédé sa place en 2017.

C’est désormais officiel. Après avoir laissé planer le doute, François Pupponi annonce qu’il va « mener une liste pour les municipales ». « Un certain nombre de personnes veulent monter une liste, et m’ont sollicité, y compris des anciens élus. Ce processus m’intéresse », explique le député de la 8e circonscription.

 

Maire de la ville de 1997 à 2017, il avait dû démissionner en août 2017 pour cause d’entrée en vigueur de la loi sur le non-cumul des mandats. Depuis, la ville s’est illustrée par une valse des maires, pas moins de trois en moins de 3 ans : François Maccioni (PS) élu en septembre 2017, en fonction pendant 6 mois, Annie Péronnet (PCF) élue en mars 2018, en poste 8 mois et depuis décembre 2018 Patrick Haddad (PS).

 

En désaccord avec le maire actuel

Ce retour sur la scène politique de la 3e ville du département, l’élu l’explique en raison de désaccords avec son successeur, Patrick Haddad. « J’observe depuis un an qu’il est dans la rupture avec ce qu’on avait fait précédemment », estime le député, avant d’ajouter être en opposition avec la liste qu’il constitue pour les municipales. La présence d’ « un parti communiste qui se durcit et de la France Insoumise, moi ça ne me convient pas, […] certains [de ses colistiers, ndlr] ont appelés à voter Sami Debah contre moi aux législatives », s’agace François Pupponi.

 

Ce dernier explique que des négociations ont eu lieu entre les deux listes. « Mais cela n’a pas abouti… », déplore François Pupponi qui dit vouloir prendre ses responsabilités. « Je vais mener une liste… mais il n’est pas question que je redevienne maire », ajoute-t-il, avant de préciser vouloir conserver son mandat de député.

 

 

« Il n’a jamais accepté de ne plus être maire », Patrick Haddad

De son côté de Patrick Haddad, estime que cette démarche traduit « un acharnement total de François Pupponi pour garder le pouvoir ». « Il n’a jamais accepté de ne plus être maire, et ce, quel que soit son successeur, il fait tout ce qu’il peut pour les déstabiliser ».

 

« Il était à la manoeuvre, mais les maires [Nicolas Maccioni et Annie Péronnet] voulaient exercer leur pouvoir », avance Patrick Haddad comme raison des démissions de ces derniers. « On ne peut par avoir un exécutif avec deux têtes, moi j’ai clarifié les choses dès que je suis arrivé, le maire c’est le maire et le député c’est le député ».

 

Pour l’édile cette annonce, « est à la limite de la schizophrénie. Il dit qu’il est tête de liste … mais qu’il ne serait pas sain qu’il devienne maire. J’ai jamais vu ça … à ce niveau d’aveuglement, il conduit tous ceux qui vont le suivre droit dans le mur », avant de dénoncer certaines allégations de son prédécesseur. « Il dit que certains de mes colistiers ont appelé à voter contre lui […] c’est totalement faux », par ailleurs, « il n’y a pas et il n’y aura pas la France Insoumise sur ma liste », assure le maire.