Un an après le premier confinement, Jean Castex a annoncé un troisième confinement des 8 départements franciliens et 8 autres territoires, avec des règles néanmoins moins strictes. Le couvre-feu, en vigueur dans toute la France, est lui repoussé à 19h.

« La situation sanitaire s’aggrave. Notre responsabilité est maintenant qu’elle ne nous échappe pas », a lancé Jean-Castex en marge d’une nouvelle conférence de presse ce jeudi soir, prévue pour dévoiler de nouvelles restrictions pour les départements où la situation s’est nettement dégradée. Parmi eux, les Hauts-de-France, les Alpes-Maritimes, la Seine-et-Marne, l’Eure et les départements d’Île-de-France.

 

La région francilienne a vu son taux d’incidence augmenter de 23% en une semaine, pour atteindre 446. « La pression hospitalière est de plus en plus élevée, avec près de 1 200 personnes prises en charge ce soir en Île-de-France. C’est déjà plus que le pic atteint lors de la deuxième vague », a détaillé le Premier ministre. Dans le Val-d’Oise, département le plus touché, ce même taux s’envole pour atteindre 545 pour 100 000 habitants. Le département a même atteint 100 % de sa capacité totale d’accueil en réanimation avec 58 personnes en réanimation.

 

Convaincu que « l’approche pragmatique, proportionnée et territorialisée » reste « la bonne décision », le gouvernement a donc décidé l’application de « nouvelles mesures de freinage massif » de l’épidémie pour ces 16 départements. Les règles de ce troisième confinement seront néanmoins plus souples que les précédents. « C’est une troisième voie que nous retenons, une voie qui doit permettre de freiner sans enfermer », a déclaré le Premier ministre.

 

Des sorties sans limite de temps

Tous les commerces non essentiels vont devoir fermer dès ce week-end, excepté ceux de première nécessité ainsi que les librairies et les disquaires. Pas question en revanche pour le gouvernement de fermer les écoles et les collèges qui « fonctionneront normalement ». «Il s’agit là d’un choix qui nous distingue de beaucoup de nos voisins et que nous entendons préserver aussi longtemps que possible », s’est félicité le chef du Gouvernement. Les lycées, eux, basculeront tous en demi-jauge.

 

Principal assouplissement par rapport aux deux premiers confinements, les sorties seront autorisées jusqu’au couvre-feu sans limite de temps mais dans un rayon de 10 km autour de son domicile. « Ce choix de moins restreindre les possibilités de sortir de chez soi doit cependant s’accompagner d’une vraie vigilance, a prévenu Jean Castex. Il s’agit clairement de rendre possible le fait d’être à l’extérieur, mais pas d’aller chez des amis pour y faire la fête ou s’y retrouver en nombre, sans distance ni masque. On sait que ce sont d’abord dans ce type de circonstances que le virus prospère ».

 

Enfin, si les règles s’appliquant aux lieux de culte ne vont pas changer, les trajets interrégionaux seront interdits sauf pour motif impérieux ou professionnel.

 

Pour les mineurs, le sport en extérieur sera possible. « L’éducation physique et sportive, sur le temps scolaire, pourra reprendre normalement et les activités sportives extra-scolaire en plein air des mineurs seront maintenues », a annoncé Jean Castex.

 

Jean Castex a par ailleurs appelé « toutes les entreprises et administrations qui le peuvent » à privilégier le télétravail avec « un objectif à atteindre d’au moins 4 jours sur 5 ».

 

Enfin partout en France, le couvre-feu sera repoussé d’une heure pour débuter à 19h à partir de ce samedi 20 mars, afin de tenir compte du passage à l‘heure d’été.

 

La vaccination, point d’orgue de la stratégie anti-covid

Pour enrayer « cette troisième vague qui ne semble pas vouloir en finir », le gouvernement compte également sur l’accélération des campagnes de vaccination pour enrayer l’épidémie. « Quatre semaines est le temps nécessaire pour que le confinement produise son effet. C’est aussi le temps qu’il faut pour atteindre un pallier en mi-avril pour la vaccination des plus vulnérables », a poursuivi Jean Castex. Le gouvernement espère ainsi atteindre 30 millions de personnes vaccinées d’ici le mois de juin. Pour l’instant, 5,7 millions de personnes ont reçu leur première injection.

 

Suspendu depuis lundi en France en raison de craintes d’effets secondaires graves, le Premier ministre a annoncé la reprise des injections du vaccin AstraZeneca dès vendredi matin sur les recommandations de la Haute Autorité de Santé. Pour lever tout doute, Jean Castex a affirmé qu’il se ferait lui-même vacciner avec le produit du laboratoire anglo-suédois. Parallèlement, le gouvernement compte aussi sur l’arrivée de doses du vaccin Janssen mi-avril. « Nous avons une perspective désormais : c’est la vaccination », a réaffirmé le Premier ministre.