Des violences urbaines ont éclaté entre une trentaine de jeunes et la police, dans le quartier Val-d’Argent Nord, à Argenteuil, ce week-end du 6 et 7 novembre. Suite à la riposte des forces de l’ordre, un adolescent de 14 ans a été blessé au visage.

Les faits ont débuté samedi 6 novembre dernier en fin d’après-midi, dans le quartier du Val-d’Argent Nord. Une trentaine de jeunes « a pris à partie un véhicule de police en patrouille », précise Alliance Police Nationale du Val-d’Oise. « Après s’être dispersés, ils se sont ensuite attaqués au poste de police de la dalle d’Argenteuil à coup de tirs de mortier », continue d’expliquer le syndicat. Les forces de l’ordre ont alors répliqué par des tirs de LBD, touchant au visage un adolescent de 14 ans.

 


 
Le nez cassé, ce dernier a été emmené à l’hôpital d’Argenteuil. Identifié comme un des auteurs de tir de mortier, il a été placé en garde à vue « pour violences volontaires sur personnes dépositaires de l’autorité publique », signale la préfecture du Val-d’Oise. D’autres jeunes ont été interpellés le soir même, affirme Audrey Vagner, secrétaire départementale d’Alliance Police Nationale 95.
 

« Ça devient le quotidien ! »

Le lendemain de ces échauffourées, les forces de police ont mis en place un dispositif de sécurité dans le même quartier, suite à un « appel sur les réseaux sociaux à réagir pour se venger », déclare la municipalité d’Argenteuil. Près de cinquante CRS ont été déployés. Si la journée de dimanche a été « plus calme que la veille », communique l’hôtel de ville, des mortiers ont encore été tirés. Un autre individu a été interpellé et placé en garde à vue « pour participation à un attroupement armé », révèle la préfecture.
 
Ce n’est pas la première fois que le poste de police de la dalle d’Argenteuil est pris pour cible. « Cela fait 15 jours que ça dure. Ça devient le quotidien ! », regrette Audrey Vagner qui s’attend à une nouvelle riposte. Près de 30 personnes avaient déjà tenté d’incendier le bâtiment inoccupé, au début du mois.
 

Georges Mothron apporte son soutien aux forces de l’ordre

Afin de « sécuriser » les soirées à venir, 150 policiers, « issus des effectifs locaux et renforcés par des effectifs de CRS », vont être engagés dans le quartier des Terrasses où les épisodes de violences ont eu lieu, annoncent les services de l’État. Par ailleurs, Argenteuil va compléter ce dispositif avec une vingtaine de médiateurs communaux.
 
Sur les réseaux sociaux, le maire (LR) de la ville, Georges Mothron a condamné « ces actes inqualifiables » et a apporté « [son]soutien aux forces de l’ordre et à l’ensemble des équipes, qui sur le terrain, ont contribué à apaiser la situation ». De son côté, le député socialiste, Rachid Temal, tout en apportant son soutien à la police « attaquée », demande au « ministre de l’Intérieur de saisir l’IGPN pour que toute la lumière soit faite » sur ces échanges de violence, au nom de la nécessaire « transparence de la police ».